Bullimore est mort, un héros du Vendée Globe disparait

Tony Bullimore © Facebook

Tony Bullimore s'était illustré lors du Vendée Globe 1996-1997, non pas par un fait de gloire, mais par un plus funeste destin. Âgé de 79 ans, le navigateur britannique s'est éteint ce 31 juillet 2018, des suites d'un cancer.

Une édition 96-97 du Vendée Globe dantesque

L'édition 1996-1997 du Vendée Globe voit s'élancer autour du monde 15 concurrents (16 avec Raphaël Dinelli en mode "pirate" faute de qualification dans les temps). Pourtant ils ne seront que 6 à terminer cette édition.

Des conditions apocalyptiques créent chavirages et naufrage. Comme celui de Raphël Dinelli, démâtant dans l'océan Indien, au sud de l'Australie et sauvé par Pete Goss qui se déroutera pour récupérer le marin au bord de la mort, après avoir patienté 36 heures dans une eau à 3 degrés.

Cette édition sera également celle de la disparation de Gerry Roufs, qui confiait — la veille de son naufrage — à Isabelle Autissier, naviguer dans une tempête dantesque avec des "vagues hautes comme les Alpes."

Un courage à toute épreuve

Au 64e jour de course, deux balises de détresse sont déclenchées. Celle de Thierry Dubois et Tony Bullimore. À 2 500 km des côtes australiennes, les deux navigateurs ne sont qu'à 15 milles l'un de l'autre, naviguant dans une mer énorme (65 à 70 nœuds de vent).

Bullimore chavire et parvient à trouver refuge dans une bulle d'air de son bateau retourné, sans lumière ni vivres. Pendant cinq jours, blessé aux mains et aux pieds, il se bat pour survivre jusqu'à l'arrivée – le 9 janvier 1997 — de la frégate Adélaïde de la Marine australienne. À la découverte de cette coque et sans aucun signe de vie, les sauveteurs iront jusqu'à cogner sur celle-ci pour que le marin plonge dans l'eau glacée et se laisse remorquer.

À son retour à terre, le 13 janvier (NDRL : jour de son anniversaire) il confiera "J'ai entendu une sorte de tchi, tchi, je croyais qu'il s'agissait d'un hélicoptère, mais en fait, c'était le moteur du petit bateau envoyé par la frégate Adélaïde qui me portait secours."

Cette longue attente aura mis en exergue l'incroyable instinct de survie de Bullimore. Un fait souligné d'ailleurs par la Reine Elizabeth II et qui lui vaudra une renommée internationale. Cette mésaventure ne l'empêchera pas d'y "retourner" puisqu'il décroche le record de l'Océan Atlantique Sud en 2005 en 11 jours 10 heures 22 minutes et 13 secondes sur le catamaran Doha.

Aussi une carrière musicale

Avant sa carrière de marin, Bullimore navigue dans le show-biz... En 1966, Tony Bullimore et sa femme Lalel ouvrent un club baptisé le "Bamboo Club" dans Bristol. Ils y accueillent des superstars de la musique Reggae et Soul comme Bob Marley, Ben E.King ou encore Tina Turner ainsi que des soirées sound-système tout au long des années soixante et soixante-dix. Le club a brûlé en 1977.

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