Route du Rhum 2018 : Une première nuit qui a laissé des traces...

Le départ de la Route du Rhum 2018 a été donné ce dimanche 4 novembre à Saint-Malo et les 122 solitaires - SOS Pare Brise a talonné dans le chenal et a pris un départ retardé - ont filé en direction du Cap Fréhel, premier passage imposé. S'en est suivi un "démanchage" express pour les Ultimes qui sont désormais à 132 milles du Cap Finistère après cette première nuit de course. Une première nuit qui a déjà laissé des traces parmi la flotte et notamment sur l'ancien leader, Sébastien Josse...

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La reprise pour Le Cléac'h

Après un joli départ à la pointe de Grouin dans une jolie brise de secteur Sud 20 nœuds, les Ultimes ont pris les commandes de la flotte, menés par François Gabart. Mais rapidement, Sébastien Josse et son trimaran volant sont passés en tête parfois à près de 38 nœuds de moyenne ! En milieu de nuit, il est également le premier à être sorti d'une zone de vents faibles, laissant ses concurrents derrière lui. Quant à Armel le Cléac'h reparti de Roscoff le 4 novembre au soir après une pause express de 35 minutes, il accuse 52 milles de retard sur le premier — François Gabart. Il est en mode fusée puisqu'à 6 h 30 du matin, il comptait près de cent milles de retard…

" J’ai fait un arrêt express à Roscoff. J’ai dû m’arrêter réparer la pièce cassée avant le départ. Je suis reparti derrière. Je suis un peu décroché, mais je vais traverser cette dépression pour avoir du vent plus soutenu derrière, du vent de Nord Ouest. Ce n’est pas simple ; entre les fichiers qu’on analyse et le vent qu’il y a sur l’eau, il y a pas mal de choses différentes. On essaie de trouver le meilleur passage pour aller chercher le vent de Nord Ouest derrière.  Il y a pas mal de monde sur l’eau, pas mal de trafic. On va essayer de ne pas prendre trop de retard par rapport aux conditions qui arrivent derrière et qui vont donner un peu plus de mer et de vent. On va essayer de se sortir de là, mais c’est sûr que pour le moment on est plutôt en mode chasseur. Il faut être patient" explique Armel le Cléac'h.

L'avarie pour Josse

Malheureusement, alors qu'il naviguait en tête de flotte, le skipper du Maxi Edmond de Rothschild a subi un arrêt brutal peu après 5 h 30. Sorti sur le pont, il a constaté la perte d'une partie de l'étrave de son flotteur tribord, peu après 5 h 30. Avec la nuit sur zone à cette heure-là, la houle importante — près de 4,5 mètres — et du vent — 30 nœuds de nord — il était difficile de mesurer les dégâts. Le skipper étudiait avec son équipe et sa cellule de routage une solution pour rallier au plus vite la terre ferme. En effet, une nouvelle dépression va balayer le golfe de Gascogne dans les prochaines heures et le marin doit se mettre à l'abri.

MULTI50

En Multi50, Erwan Le Roux a dû lui aussi effectuer un arrêt à Roscoff pour résoudre un problème de safran ayant entraîné une voie d'eau, sans gravité, mais pénalisante. Après un pit-stop de 4 heures, le skipper de FenêtréA Mix Buffet a repris la mer vers 21 heures et occupe la dernière place d'une flotte menée depuis ce lundi matin par Lalou Roucayrol. En effet, Armel Tripon (Réauté Chocolat) était leader, depuis le départ, des multicoques de 50 pieds, tous passés par le Sud de Ouessant, par le chenal du Fromveur, dans le sillage des premiers ULTIME.

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La flotte s'est scindée en deux avant la pointe bretonne, avec un Alex Thomson qui ne fait jamais comme tout le monde et qui a choisi de passer au-dessus du DST, avec une route très au nord. Le groupe de tête composé de Vincent Riou, Jeremie Beyou et Yann Eliès était beaucoup plus sud. Les vitesses ont sensiblement baissé pour cause de traversée d’une dépression peu marquée, mais installée à une cinquantaine de milles de Ouessant…

La flotte est désormais menée par Alex Thomson, toujours beaucoup plus nord que ses camarades. Suivent Vincent Riou (PRB) et Paul Meilhat (SMA), qui se sont détachés du reste de la flotte.

Pit-Stop

Louis Burton doit lui aussi retourner à Roscoff ou Saint-Malo puisque son puits de foil tribord est en vrac. Enfin, Jean Galfione, skipper du Class40 Serenis Consulting, a prévenu ce matin son équipe technique qu'il se dirigeait vers Brest pour stop technique.

CLASS40

En Class40, ils sont plusieurs à avoir suivi la route d'Alex Thomson, notamment Louis Duc à passer au Nord du DST (Dispositif de Séparation du Trafic) ou encore Maxime Sorel. Yoann Richomme et Luke Berry — qui ont choisi le Sud — et tentaient de s'extraire de la molle dépressionnaire. 

Le Guadeloupéen Willy Bissainte a dû être remorqué des Sept Îles à Roscoff, suite à un échouement imprévu devant Perros-Guirec.

" Cette première nuit a été intense parce qu’on a fait 4 changements de voile déjà. On a passé un secteur de vent à 25 nœuds. On est en approche d’une dépression qui était prévue, je viens d’envoyer le spi. C’est toujours un exercice un peu périlleux, mais tout s’est bien passé et j’ai l’impression que je ne suis pas trop mal positionné. On est dans une nuit noire, c’est compliqué, on ne voit rien du tout. On commence à croiser les cargos, il va falloir être en veille. Il y aura un vent un peu erratique, mais là ça se stabilise. On enchaîne déjà des petits passages de fronts dès ce soir. Il va y avoir du travail toute la journée. J’ai réussi à manger un tout petit peu. J’étais un peu patraque, l’estomac retourné. Les stratégies ne sont pas faciles, ça demande pas mal de temps" explique Yoann Richomme.

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