Sir Franklin et le passage du Nord-Ouest

Les HMS Terror et HMS Erebus au départ d'Angleterre

L'expédition Franklin, qui a disparu au milieu des années 1840 au nord du Canada, n'a livré tous ses secrets que 140 ans plus tard… Le Britannique Sir Franklin cherchait à cartographier les côtes insulaires du Nunavut (Canada) afin d'ouvrir une route commerciale nord entre les côtes Est et Ouest du continent américain.

Une découverte digne d'un film d'horreur

Février 1859, Île du Roi-William, Nunavut, Canada : Francis Leopold McClintock, un Britannique, grand, aux favoris broussailleux, s'entretient en Inuit avec des Indiens devant des insignes et une assiette en argent portant les armes de Sir John Franklin.

Sir John Franklin
Sir John Franklin

Ceux-ci le mettent sur la piste d'un groupe de 40 hommes blancs, en route, quatre hivers plus tôt, vers le sud, à la recherche de gibier pour se nourrir. Grâce à ces précieuses indications, il retrouve quelques jours plus tard trois cadavres dans un abri ainsi que des restes humains dans ce qui est bien un charnier destiné à conserver de la viande… Sir Francis Leopold McClintock vient de retrouver la trace des membres de l'expédition Franklin dont on est sans nouvelles depuis son départ de Londres en 1845. Reste désormais à comprendre ce qu'il s'est passé ?

Sir John Franklin
Sir John Franklin

À la recherche du passage du Nord-Ouest

Rejoindre la côte ouest des USA depuis la côte Est demande, en 1840, près de 6 mois de navigation. La route fait le tour de l'Amérique du Sud et passe par le redouté Cap Horn. Seuls les rapides clippers arrivent à diminuer ce temps par deux !

La possibilité de faire route plus directement et donc beaucoup plus rapidement, en se frayant un chemin dans l'entrelacs insulaire canadien du Nord-ouest, nourrit toutes les spéculations depuis des décennies. La banquise représente la difficulté majeure de cet itinéraire, car la glace obstrue le passage tout l'hiver. Sauf au moment de la débâcle pendant quelques semaines qui devrait permettre aux navires de passer.

Sir John Franklin
Sir John Franklin

La disparition de la plus puissante expédition polaire du moment

Pour cartographier la zone, John Franklin lance une série d'expéditions entre 1819 et 1822 par voie terrestre à partir de la baie d'Hudson. La première tourne à la catastrophe faute de provision suffisante et Franklin survit en mangeant le cuir de ses bottes. Porté en héros au retour en Angleterre, affublé du surnom "l'homme qui a mangé ses bottes", Franklin arrive à réunir des finances pour lancer d'autres expéditions terrestres toujours à la recherche d'un hypothétique passage.

Pour sa dernière tentative, il part en bateau cette fois. L'expédition est partie de Londres en 1845 avec deux navires polaires : HMS Terror et HMS Erebus (qui a déjà conduit Sir Francis Ross en Antarctique). Elle dispose de trois ans de vivres et de 134 hommes. L'objectif de ce déplacement en force est de rechercher un passage libre entre les côtes Est et Ouest de l'Amérique du Nord.

Les deux navires représentent le dernier cri de la technologie nautique. Munis de moteurs à vapeur et de membrures métalliques, de dessalinisateurs, de chauffage, d'une vaste bibliothèque et de conserves variées, ils sont montés par des équipages expérimentés et menés par des chefs rompus aux expéditions polaires.

Les deux navires ont été aperçus une dernière fois au large du détroit de Lancaster sur la mer de Baffin en août 1845 (une immense baie entre le Groenland et le Canada). La plus importante expédition polaire de l'époque ne donnera plus aucune nouvelle et sera portée disparue corps et âme le 31 mars 1854.

Sir John Franklin
Sir John Franklin

Seule une lettre retrouvée sur un cadavre fera état du décès de Sir Franklin en 1847 et du départ à pied d'un petit groupe d'hommes un an plus tard sur la banquise vers la terre ferme. À ce stade le mystère reste entier et il faudra attendre 140 ans (1981) pour que des découvertes permettent de reconstituer cette disparition.

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