"Après son abandon, je veux sauver l’Hydroptère !"

C’est une histoire totalement folle ! L’Hydroptère, le voilier volant est à l’abandon depuis 2012 dans un port sur une île d’Hawaï. Vendu aux enchères, il sera racheté par un duo franco-américain : Gabriel Terrasse et Chris Welsh. Récit de ce changement de propriétaire et perspectives pour l’avenir de ce voilier emblématique.

En 1997, Gabriel découvre sur le salon Nautic une photo de l’hydroptère en plein vol. Il a le flash. Il fait alors des recherches sur le net (qui en est encore à ses balbutiements), mais ne trouve pas de renseignement sur le bateau. Il décide alors de faire un site sur le bateau et le présente à Alain Thébault, skipper et porteur du projet Hydroptère. Il devient alors ”site officiel” pour quelque temps, mais la place est rapidement reprise par le service de communication de DCNS partenaire du projet à l’époque. Depuis ce jeune homme suit de loin l’histoire de ce bateau mythique.

L'Hyrdoptère

”L’Hydroptère a encore du potentiel”

Gabriel n’est pas à proprement parler un plaisancier. Il aime avant tout aller vite sur l’eau. La croisière l’ennuie assez rapidement, c’est pourquoi il pratique le catamaran de sport. Et l’histoire de l’Hydroptère le touche. Et il pense que ce voilier ne doit pas finir dans un musée et qu’il a encore du potentiel (malgré ses 25 ans d’âge). Il aimerait tenter de relancer l’aventure de ce voilier de haute mer le plus rapide du monde pour le voir conquérir encore de nouveau record.

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Premières enchères

Il apprend que faute de payer ses taxes de port à Kewalo sur l’île d’Honolulu (Hawaï), le bateau est mis aux enchères à 20 000 $. Bien que n’ayant pas navigué depuis 3 ans, le voilier est encore à 100% opérationnel à cette époque. Mais un indicateur informera Alain Thébault de la vente, celui-ci arrivera à payer la somme due annulant les enchères. Le voilier quittera le port pour prendre un mouillage à quelques milles de là, à Keehi, mais il ne renavigue pas pour autant.

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Vendu pour 8500 €

À nouveau en défaut de paiement en mai 2019, il sera reproposé aux enchères. Cette fois le bateau n’est plus dans le même état, car abandonné il a été dépouillé de son accastillage et de son électronique. Mise à prix : 8000 $. Gabriel se rend à Hawaï pour cette enchère. Aux États-Unis, il réussit à convertir assez de dollars pour postuler à la vente, et négocie avec la responsable des enchères pour laisser le bateau encore 1 mois sur place s’il réussit à l’acquérir (le bateau devait normalement quitter le port 3 jours après la fin des enchères). 

Au passage, il apprend que l’américain Chris Welsh sera aussi présent pour les enchères. Plutôt que de l’affronter, il décide de le rencontrer la vieille des enchères. S’en suit une soirée mémorable où chacun explique à l’autre son intérêt pour le bateau. Mais Gabriel réussit à le faire changer d’avis et comprend aussi qu’une association serait préférable plutôt qu’une lutte. Ils se mettent d’accord pour une copropriété 50/50 et rédigent un contrat dans ce sens. Le lendemain, le 28 juin 2019, environ 25 personnes se trouvent dans la salle des ventes. Après l’ouverture de la vente, notre duo enchérit : 8500 $… et personne ne relève. Ils n’étaient que 2 à être intéressés par ce bateau mythique en France, mais si peut connu aux USA.

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Dans un état déplorable

Propriétaires, ils vont pouvoir monter à bord pour la première fois. L’Hydroptère est toujours amarré à la bouée. Mais celui-ci n’est pas beau à voir. La coque centrale est pleine d’eau, d’huile et de gasoil. En effet, les vérins hydrauliques ont été démontés laissant toute l’huile à l’intérieur. Le réservoir a été débarqué vidé de son gasoil. Et un hublot ouvert a permis à l’eau de s’infiltrer. Sinon la structure du bateau semble intacte. Le mât et la bôme sont en place, ainsi qu’une grand-voile complètement mangée par les UV. 

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Ils ont un mois pour faire sortir l’Hydroptère du port. Ce n’est que finalement après 2,5 mois de travaux, toujours amarré à la bouée (donc sans eau ni électricité…), que l’équipe va pouvoir le remorquer jusqu’au port voisin. Il a fallu avant débloquer le safran, se rendre compte que le moteur était foutu malgré la nouvelle installation d’un réservoir…

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Une transpacifique avant d’être rénové

C’est finalement au quai à Kewolo que le voilier va être remis en condition de naviguer. Mais attention, pas question de vol pour l’instant, il s’agit juste de le rapatrier en Californie où Chris Welsh a un chantier. Il faut donc l’armer pour une traversée de 2000 milles, car le transport par cargo est beaucoup trop cher. Pour cela, un nouveau moteur est installé avec un énorme réservoir de gasoil (600 l plus 10 jerricans) , ainsi qu’une hélice tripale. Un foc et une grand-voile (beaucoup trop petits) sont aussi adaptés. Radeau de survie, électronique de base, couchettes… sont équipés pour permettre à l’équipage de vivre cette transpacifique.

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Pour résoudre l’absence de plan anti-dérive, les 2 foils seront descendus, le plus verticalement possible en réglant l’incidence à zéro pour ne pas donner envie au bateau de décoller. Il s’agit ici de faire un convoyage, pas de la vitesse ! L’équipage de 3 personnes table sur une vitesse de 7 nœuds ce qui devrait faire une traversée en 20 jours environ. Le départ a été réalisé le samedi 3 novembre 2019.

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Retour en France pour l’Hydroptère ?

Une fois arrivé à San Francisco, le voilier volant va entrer en chantier afin de réaliser un contrôle structurel et lui rendre son équipement hydraulique. L’objectif sera de le remettre dans le même état qu’avant son abandon afin de le refaire naviguer. Après cette phase 1 de la rénovation, le bateau devrait voler à nouveau dans la baie de San Francisco. Son nouveau propriétaire espère que ce stade sera atteint au printemps 2020 (ou peut-être à l’été…).

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La phase 2 qui devrait voir des améliorations du voilier est prévue par la suite, avec notamment l’espoir d’un retour en France de ce voilier volant. Mais tout dépendra des financements qui devront alors être trouvés…

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Arnaud Robert - 1 semaine
Bravo Alain Thébaut, concentré sur ses "Bubbles", et toujours à vomir sur la France et les Français frileux (parce qu'ils ne l'écoutent pas religieusement), voilà donc qu'il sauve la Planète, mais laisse pourrir l'oeuvre de sa vie (ou la De Dion-Bouton, dixit Loïck Peyron !) dans le Pacifique, comme d'autres le font d'un vieux 420 sur une plage vendéenne (bretonne, normande, picarde, azuréenne, etc...). Manquerait plus qu'il nous fasse la morale sir le tri sélectif ! Ça mérite une enquête plus fouillée, amis jouralistes, non ? Même si l'on devine déjà que le beau parleur trouvera toujours un bon prétexte pour nous dire qu'il n'y est pour rien, que tout ça, c'est la faute des zaut' qui sont rien que des jaloux d'un homme visionnaire qui a eu raison avant tout le monde ! Et pis moi, j'ai le record Calais-Douvres, na !!!!!
François Brillant - 1 semaine
Quelle honte ! Quand je pense qu’Alain se targuait de pouvoir vendre son appartement parisien pour sauver le bateau, je découvre que ce n’était que fourberies et mensonges. François
Wake Ski - 4 jours
Etonné et déçu de cet abandon ... Après, je veux bien admettre qu' Alain THEBAUT a beaucoup donné pour ce bateau... mais un tel abandon est étonnant ... Reconnaissons quand même que pour la 1ere mise aux enchères, il a réglé la somme .... sans soute qu'après, personne ne l' a suivi financièrement ? ... ce serait bien d'avoir sa version. Cela dit content devoir que les choses semblent avancer dans le bon sens ....
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