Découverte : les Pays-Bas, paradis du trawler sur mesure

Les trawlers hollandais, particulièrement robustes, peuvent naviguer plus de 50 ans ! © Linssen Yachts

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 500 ans de tradition de construction navale et plus de 300 chantiers - la France en compte moitié moins. Les Pays-Bas sont donc bien animés par des spécialistes de la mer. La spécialité locale ? Les trawlers. Construits en acier, en aluminium ou en polyester, il y en a pour tous les programmes - et pour toutes les bourses. Visite guidée de 7 de ces constructeurs historiques.

Territoire maritime par excellence – et même pour partie gagné sur la mer, les Pays-Bas profitent de très nombreux plans d’eau et d’un réseau de canaux particulièrement dense. La plupart des chantiers, même dans les terres, sont au final au bord de l’eau… Point d’énormes sites de production ici : la plupart des chantiers sont des entreprises familiales tenus depuis deux, trois (ou plus !) générations. Des structures spécialisées dans un type de produit et de matériau qui ne cherchent pas une forte croissance à tout prix. Durabilité, qualité, et finitions prennent tout leur sens. Certains bateaux reviennent au chantier… 100 ans après en être sorti pour un refit complet ! Pour autant, les modèles que nous avons découvrir n’ont rien de ringard : si les lignes sont assurément classiques, les équipements offerts n’ont rien à envier à ceux des super yachts – installation wifi, climatisation, chauffage au sol, 220V etc.

Si les plus petites unités proposées (moins de 35/40 pieds) sont plutôt typées pour un usage fluvial, les trawlers plus grands sont aptes à naviguer en mer ouverte dans les conditions les plus rudes, voire de traverser un océan sans refueler. Les constructeurs hollandais semblent privilégier l’autonomie (et l’économie de carburant) plutôt que la vitesse – dépasser les 20 nœuds n’est pas au programme. Les motorisations sont tout de même à la hausse pour séduire un public plus jeune. La plupart des clients de ces chantiers sont allemand et anglais, mais les Français semblent d’intéresser de plus en plus au « trawler made in Holland ».

Jachtbouw De Alm  - Werkendam

Le chantier Alm est spécialiste des unités en acier de 10 à 30 mètres dont le design est directement inspiré de celui des chalutiers, à l’image de la timonerie centrale. Le dernier modèle est le Alm Del Fino Grand Voyager, disponible en 62 ou 74 pieds. Avec son robuste moteur John Deere de 280 CV, il assure une vitesse de croisière de 8 noeuds. Un autre modèle, le Alm Schippers, est spécialement conçu pour évoluer sur les canaux – y compris français, plus étroits. Son gabarit rappelle logiquement celui d’une péniche avec 21,5 mètres de longueur mais seulement 5 de large et un tirant d’air limité à 3,45 m. Production : 5 à 6 bateaux par an.

Van de Hoven – Waspik

Les trois modèles phares de la gamme sont le 1500 Mk2, le 1700Mk2 et le 1850. Design moderne et coque acier – insoupçonnable sous le traitement spécifique et la peinture, des opérations qui réclament trois semaines de travail – ces trawlers sont volontairement motorisés avec modération : respectivement 225, 2 x 225 et 2 x 300 ch pour des vitesses de croisière qui s’étagent de 8 à 11 nœuds. Le nouveau 2100 conserve le même esprit au long cours avec ses deux 300 ch et sa vitesse de 12 nœuds. Le chantier étudie un trawler plus moderne de 18 m en aluminium coiffé d’un discret fly bridge. La carène et les deux moteurs de 553 ch sont prévus pour dépasser les 20 nœuds. Production : 3 bateaux par an.

Elling  - Aalst

Elling est sans doute le plus connu des chantiers présentés ici : sa position à l’export est enviable. Les bateaux sont construits en polyester et en petite série. La gamme comprend trois modèles : l’E3, l’E4 (400 exemplaires livrés) et l’E6. Tous sont en partie personnalisables par les acheteurs. Les trawlers Elling se distingue de leurs concurrents par leur vitesse plus élevées – 15 à 20 nœuds – et surtout par le soin apportée à la sécurité passive : tous les bateaux sont auto-redressables, à l’instar de nos canots tous-temps, et sont secondés par un moteur auxiliaire de 70 ch complètement autonome en cas de panne de la motorisation principale. Les coques sont également dotés sous la flottaison d’un bouclier en fibres d’aramide afin de prévenir toute vois d’eau en cas de talonnage sur les rochers.

Linssen - Maasbracht

Ce chantier propose une gamme très complète de trawlers plutôt conçus pour les eaux intérieures et canaux, exception faite du Grand Sturdy 500 AC, prévu pour un usage hauturier. Les 11 modèles s’étagent de 30 à 50 pieds et sont réalisés en acier. La plupart sont disponibles en deux versions, Sedan ou Hard Top. Les 400 et 500 proposent un mix grâce à un grand capot amovible qui découvre ou protège le poste de pilotage suivant les conditions extérieures.

De Boarnstream - Jirnsum

Né en 1964, ce constructeur propose certainement l’offre la plus large avec plus de 40 modèles en acier de 31 à 72 pieds répartis dans cinq gammes distinctes – Traveller, Elegance, Retro Line, Classic Line et Marex. Tous les modèles proposent des aménagements raffinés et aussi confortables qu’à terre. L’inspiration plutôt classique de ces trawlers n’empêche pas l’innovation, à l’instar de l’Elegance 1280 Sedan, équipé d’un système de fermeture du pont arrière qui permet une ouverture XXL quand le temps s’y prête.

Sturiër Yachts - Stavoren

Ce constructeur s’est spécialisé dans les trawlers hauturiers. Les coques proposées en acier ou en aluminium font 15 à 24 mètres. La plupart des modèles sont des bateaux semi-planants capables de naviguer à 20 nœuds, voire plus. Des stabilisateurs innovants ont été étudiés afin de limiter le roulis par mer forte. Le programme habituels des DME et Dutchman est en effet la navigation en mer du Nord. La timonerie est placée au centre, tout comme la cabine propriétaire, afin d’offrir un confort optimal. Ces modèles sont habituellement prisés par les anciens propriétaires de voiliers.

North Line et Kuster Yachts - Harlingen

Deux marques réunis sous le même chantier. North Line propose des unités de 34 à 60 pieds en polyester taillés pour la mer et les voyages extrêmes avec des quilles longues et des motorisations relativement puissantes. Le North Line Wheelhouse 42 atteint sans difficultés les 30 nœuds avec ses deux moteurs de 480 ch. De nombreuses coques sont utilisées pour des bateaux de servitude – un sacré gage de robustesse. A côté des North Line, les Kuster sont plus sages : leurs coques en acier et leurs formes traditionnelles sont plus adaptées aux canaux et plan d’eaux intérieurs.

 

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