Sasha Lanièce n'a rien de la navigatrice formatée. Sa route vers le large, elle l'a construite à coups d'intuition, de curiosité, et de beaucoup d'engagement. Rien ne la prédestinait à s'ancrer durablement dans la course au large, si ce n'est un goût marqué pour l'apprentissage et l'envie d'aller voir plus loin.
Tout commence sur les bancs des Glénans. Sasha y apprend à naviguer dès l'adolescence, jusqu'à décrocher son monitorat. De ces années de formation, elle garde une base solide, mais c'est ailleurs qu'elle construira sa culture maritime. Par bateau-stop, d'abord, puis en découvrant la classe Mini, elle fait ses premiers pas en régate. En parallèle, elle passe son Yachtmaster, commence à se former sérieusement, et prend son premier départ de régate en 2019.
Cette tête bien faite, diplômée de l'École nationale des arts et métiers, docteur en physique, data scientist à l'Assemblée Nationale, débarque alors dans le milieu de la course au large avec un regard neuf.
"J'avais parfois des connaissances techniques et physiques très pointues, mais pas forcément les bases ", dit-elle. Elle ose poser des questions naïves, assume de ne pas tout savoir. Mais surtout, elle ...
... se prend vite au jeu. La technique, l'engagement, la progression constante : tout la pousse à aller plus loin.
Fin 2021, après deux ans de parcours en Mini, elle parvient à décrocher un prêt pour acquérir un Maxi 650. Elle boucle son budget à 90 %, sans chercher la victoire mais avec un support performant pour progresser. En 2022, elle prend le départ des Sables – Les Açores – Les Sables. Une première grande traversée en solo, qui n'était pas au programme, mais l'organisation la prévient 48h avant le coup de canon qu'elle peut y participer ! Fatiguée dès le départ, laminée par la météo, elle tient bon.
"Tellement fière d'être arrivée aux Açores", dit-elle. Là, elle découvre qu'elle est pleinement heureuse seule en mer. Et qu'elle veut continuer.
En 2023, après une saison complète, elle décroche son ticket pour la Mini Transat. Durant la seconde étape, Sasha est à l'attaque. Une option engagée dans les alizés, une semaine à 30 nœuds établis, l'occasion pour elle de battre le record de distance sur 24h en Mini, qui lui sera ravi quelques jours plus tard par un autre concurrent ayant choisi la même option.
Elle remonte fort dans le classement, jusqu'à une avarie de bastaque tribord. Réparation de fortune, spi de petit temps, prudence contrainte : elle perd du terrain mais apprend énormément. "L'exercice, c'était de rester engagée aussi longtemps, de ne jamais lâcher, tout en profitant du moment ".
Au printemps suivant, elle traverse de la Martinique à Québec sur un Pogo S4. Une première sur ce support qui la séduit immédiatement. "J'en ressors convaincue", dit-elle.
Assez pour vouloir structurer un projet. Fidèle à ses valeurs, elle monte une écurie féminine "Les déferlantes Sailing Team ". Sasha et son équipe récupèrent le n°186, un plan Manuard de 2022 ultra-fiabilisé. En parallèle, une sélection est engagée pour recruter une nouvelle skippeuse pour le Mini. C'est Karen Menuet, qui s'entraîne au Pôle de Lorient, qui est choisie pour prendre la barre du 1053 sur la Mini 2027. Dès le 1er avril, les deux bateaux sont à l'eau.
Sasha assume pleinement la gestion de sa structure : communication, sponsors, gestion technique et des ressources.
"J'aime la gestion d'entreprise et de monter des beaux projets, de raconter des aventures. Ce qui m'importe, c'est d'investir dans les bateaux et dans une identité forte. "
Elle veut bâtir un projet crédible, inspirant, qui donne envie aux sponsors de s'impliquer durablement. Et à terme, produire un film, donner des conférences, parler de la mixité en course au large.
Aujourd'hui, elle est à la barre d'un class 40 performant, avec Susane Beuck en co-skipper pour les épreuves en double. Mais c'est en solo qu'elle prépare désormais son premier grand départ sur Class40, qui aura lieu sur la deuxième étape des Sables-Horta.
"Je suis bien plus préparée qu'il y a deux ans ", confie-t-elle. Pour autant, elle ne se fixe aucune pression de résultats. Le plaisir de progresser, d'apprendre et de gérer un projet dans sa globalité reste au cœur de sa démarche.
Entre pragmatisme et instinct, Sasha Lanièce trace une route singulière dans le monde très normé de la course au large. Une trajectoire faite d'essais, d'erreurs et de choix assumés, portée par une envie constante de comprendre, de maîtriser et de transmettre. Une navigatrice à suivre.
Fin 2021, après deux ans de parcours en Mini, elle parvient à décrocher un prêt pour acquérir un Maxi 650. Elle boucle son budget à 90 %, sans chercher la victoire mais avec un support performant pour progresser. En 2022, elle prend le départ des Sables – Les Açores – Les Sables. Une première grande traversée en solo, qui n'était pas au programme, mais l'organisation la prévient 48h avant le coup de canon qu'elle peut y participer ! Fatiguée dès le départ, laminée par la météo, elle tient bon.
En 2023, après une saison complète, elle décroche son ticket pour la Mini Transat. Durant la seconde étape, Sasha est à l'attaque. Une option engagée dans les alizés, une semaine à 30 nœuds établis, l'occasion pour elle de battre le record de distance sur 24h en Mini, qui lui sera ravi quelques jours plus tard par un autre concurrent ayant choisi la même option.
Elle remonte fort dans le classement, jusqu'à une avarie de bastaque tribord. Réparation de fortune, spi de petit temps, prudence contrainte : elle perd du terrain mais apprend énormément. "L'exercice, c'était de rester engagée aussi longtemps, de ne jamais lâcher, tout en profitant du moment ".
Au printemps suivant, elle traverse de la Martinique à Québec sur un Pogo S4. Une première sur ce support qui la séduit immédiatement. "J'en ressors convaincue", dit-elle.
Assez pour vouloir structurer un projet. Fidèle à ses valeurs, elle monte une écurie féminine "Les déferlantes Sailing Team ". Sasha et son équipe récupèrent le n°186, un plan Manuard de 2022 ultra-fiabilisé. En parallèle, une sélection est engagée pour recruter une nouvelle skippeuse pour le Mini. C'est Karen Menuet, qui s'entraîne au Pôle de Lorient, qui est choisie pour prendre la barre du 1053 sur la Mini 2027. Dès le 1er avril, les deux bateaux sont à l'eau.
Sasha assume pleinement la gestion de sa structure : communication, sponsors, gestion technique et des ressources.
"J'aime la gestion d'entreprise et de monter des beaux projets, de raconter des aventures. Ce qui m'importe, c'est d'investir dans les bateaux et dans une identité forte. "
Elle veut bâtir un projet crédible, inspirant, qui donne envie aux sponsors de s'impliquer durablement. Et à terme, produire un film, donner des conférences, parler de la mixité en course au large.
Aujourd'hui, elle est à la barre d'un class 40 performant, avec Susane Beuck en co-skipper pour les épreuves en double. Mais c'est en solo qu'elle prépare désormais son premier grand départ sur Class40, qui aura lieu sur la deuxième étape des Sables-Horta.
"Je suis bien plus préparée qu'il y a deux ans ", confie-t-elle. Pour autant, elle ne se fixe aucune pression de résultats. Le plaisir de progresser, d'apprendre et de gérer un projet dans sa globalité reste au cœur de sa démarche.
Entre pragmatisme et instinct, Sasha Lanièce trace une route singulière dans le monde très normé de la course au large. Une trajectoire faite d'essais, d'erreurs et de choix assumés, portée par une envie constante de comprendre, de maîtriser et de transmettre. Une navigatrice à suivre.