Tour du monde à l'envers : ces marins qui ont défié le parcours à la voile le plus exigeant au monde
Le tour monde d'Est en Ouest n'a été réussi que par quelques marins, en solitaire et sans escale. Retour sur ces tentatives réussies, réalisées par quatre hommes et une femme.
Ils se comptent sur les doigts d'une main. Peu de marins choisissent de naviguer contre les vents dominants autour du globe pendant plusieurs mois. Panorama des tentatives réussies.
Le premier tour du monde en solitaire à l'envers est signé par le britannique Chay Blyth. Parti le 18 octobre 1970, il boucle son parcours le 6 août 1971 après 292 jours de mer.
Son voilier, British Steel, est un monocoque gréé en ketch. Ce coffre-fort de 59 pieds était le compagnon de voyage idéal pour cet ancien sergent parachutiste. Sans moyens de routage moderne, Chay a dû faire face à la perte de son régulateur d'allure juste avant le Cap Horn, réalisant la majorité de son tour du monde avec la barre amarrée. Accueilli en héro à Southampton, ...
... il fut anobli en 1997 pour service rendu au monde de la voile.
Il faut attendre plus de vingt ans pour voir une amélioration significative. Il faut dire aussi que dans ce laps de temps, aucun marin n'a osé se lancer sur les traces de Blyth. En 1994, Mike Golding, ancien pompier, boucle le parcours en 161 jours 16 heures et 32 minutes. Son bateau, Group 4 Securitas, est un Challenge 67, un sloop de 20 mètres déplaçant 40 tonnes.
Sur ce monocoque qui a ensuite couru en monotypie sur le BT Challenge, il a suivi une route très sud, le confrontant à passer plusieurs mois au près dans le gros temps.
En 2000, Philippe Monnet descend le temps à 151 jours 19 heures et 54 minutes à bord de Uunet. A bord de ce 60 pieds spécialement préparé pour ce record, rien ne lui sera épargné. Il affrontera successivement plusieurs ouragans, une crise de paludisme, une éruption volcanique sous-marine et un début d'incendie dans le compartiment moteur. Il arrivera à Brest avec une avance de 10 jours sur le record de Golding.
Après plusieurs tentatives, le record de référence est établi en 2004 par Jean Luc Van Den Heede en 122 jours 14 heures et 3 minutes à bord d'Adrien, un sloop en aluminium de 26mètres. Le marin sablais déclara à son arrivée :
"Le tour du monde à l'envers (sans escale) c'est l'épreuve la plus difficile en solitaire. Les mots ne suffisent pas pour dire ce que je ressens. Mon meilleur souvenir restera sur ce parcours le passage du Cap Horn, franchi d'une façon rêvée avec 40 nœuds de vent au portant, c'était bien pour l'entrée dans les mers du Sud."
En 2006, Dee Caffari boucle également un tour du monde à l'envers en solitaire sans escale en 178 jours 3 heures 6 minutes et 15 secondes. Avec pour mentor Chay Blyth, elle s'est élancée à bord d'un Challenge 72 , une évolution du bateau de Golding.
Si elle n'a pas battu le record, Dee reste à ce jour la seule femme ayant réussi à boucler le parcours à la voile le plus exigeant au monde. Elle déclara à son arrivée dans le Solent :
« J'ai connu tous les extrêmes sur ce périple et j'ai dû repousser mes limites beaucoup plus loin que je l'imaginais. Parfois je ne parvenais pas à en voir la fin et je me suis demandé si j'étais vraiment capable d'y arriver. L'une des choses les plus difficiles fût peut-être d'assumer cela toute seule, mais le soutien de mon équipe à terre et les capacités du bateau m'ont beaucoup aidé à surmonter les moments difficiles. Aujourd'hui je suis physiquement et moralement épuisée mais je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse de ma vie. J'ai hâte de fêter mon retour avec ma famille et mes amis !" »
1994, Mike Golding réduit l'écart
Mike Golding
Il faut attendre plus de vingt ans pour voir une amélioration significative. Il faut dire aussi que dans ce laps de temps, aucun marin n'a osé se lancer sur les traces de Blyth. En 1994, Mike Golding, ancien pompier, boucle le parcours en 161 jours 16 heures et 32 minutes. Son bateau, Group 4 Securitas, est un Challenge 67, un sloop de 20 mètres déplaçant 40 tonnes.
Le Challenge 67
Sur ce monocoque qui a ensuite couru en monotypie sur le BT Challenge, il a suivi une route très sud, le confrontant à passer plusieurs mois au près dans le gros temps.
2000, Philippe Monnet dans la douleur
En 2000, Philippe Monnet descend le temps à 151 jours 19 heures et 54 minutes à bord de Uunet. A bord de ce 60 pieds spécialement préparé pour ce record, rien ne lui sera épargné. Il affrontera successivement plusieurs ouragans, une crise de paludisme, une éruption volcanique sous-marine et un début d'incendie dans le compartiment moteur. Il arrivera à Brest avec une avance de 10 jours sur le record de Golding.
2004, Jean Luc Van Den Heede établit une référence durable
Après plusieurs tentatives, le record de référence est établi en 2004 par Jean Luc Van Den Heede en 122 jours 14 heures et 3 minutes à bord d'Adrien, un sloop en aluminium de 26mètres. Le marin sablais déclara à son arrivée :
"Le tour du monde à l'envers (sans escale) c'est l'épreuve la plus difficile en solitaire. Les mots ne suffisent pas pour dire ce que je ressens. Mon meilleur souvenir restera sur ce parcours le passage du Cap Horn, franchi d'une façon rêvée avec 40 nœuds de vent au portant, c'était bien pour l'entrée dans les mers du Sud."
Une tentative féminine
En 2006, Dee Caffari boucle également un tour du monde à l'envers en solitaire sans escale en 178 jours 3 heures 6 minutes et 15 secondes. Avec pour mentor Chay Blyth, elle s'est élancée à bord d'un Challenge 72 , une évolution du bateau de Golding.
Si elle n'a pas battu le record, Dee reste à ce jour la seule femme ayant réussi à boucler le parcours à la voile le plus exigeant au monde. Elle déclara à son arrivée dans le Solent :
« J'ai connu tous les extrêmes sur ce périple et j'ai dû repousser mes limites beaucoup plus loin que je l'imaginais. Parfois je ne parvenais pas à en voir la fin et je me suis demandé si j'étais vraiment capable d'y arriver. L'une des choses les plus difficiles fût peut-être d'assumer cela toute seule, mais le soutien de mon équipe à terre et les capacités du bateau m'ont beaucoup aidé à surmonter les moments difficiles. Aujourd'hui je suis physiquement et moralement épuisée mais je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse de ma vie. J'ai hâte de fêter mon retour avec ma famille et mes amis !" »