Support léger et toilé, le Hobie Cat 16 est l'un des supports les plus répandu au monde. Lors d'une petite sortie en fin de saison dans le Finistère nord, un simple démâtage aurait pu mal avoir des conséquences fâcheuses
Une sortie dans des conditions toniques
Basé dans Finistère Nord, à Kerlouan, notre Hobie 16 est l'exemple type de l'engin de plage ludique et peu onéreux. Il ne sort que quelques semaines à chaque été, est bien entretenu, mais accuse néanmoins ses trois décennies d'existence.
Nous sommes en fin d'été, et celle qui allait devenir ma femme se rend pour la première fois dans la maison familiale. Les conditions sont maussades, avec 20 nœuds de sud-est bien établi, un ciel gris. Malgré cette météo peu encourageante, je décide de lui montrer les sensations grisantes que peuvent apporter notre petit catamaran rouge.
Un plan d'eau rafaleux et un fort courant
Au grand dam de ma famille, je suis plutôt à cheval sur le suivi des règles de sécurité à respecter en mer. Ancien moniteur de voile légère, avec quelques convoyages dont une transat en double, je fais en sorte de ...
... mettre toutes les chances de mon côté.
En cette fin d'été, le plan d'eau est désert. Même quand il fait beau, il y a de toutes façons peu d'embarcations qui s'aventurent dans cette portion de côte entre Roscoff et l'Aber Wrach. Il y a des pavés partout, un important marnage et un courant assez fort par gros coefficient.
J'embarque toujours de quoi me débrouiller tout seul en cas de problème : téléphone étanche chargé, mouillage de 20m, rames, fusées, de quoi se nourrir et s'hydrater, ainsi que du petit outillage. Ça alourdit un peu notre catamaran, mais la régate n'est pas au programme. Et chaque sortie se fait en néoprène intégrale.
Mais ce jour-là, grisé par la situation, et concentré sur ma technique de séduction, je n'embarque rien, hormis deux gilets que nous enfilons par-dessus de simples coupe-vent. Après tout, il s'agit juste d'aller tirer trois bords et de revenir.
Par vent 20 nœuds d'Est, le plan d'eau est tout plat. Des conditions propices à la glisse. Notre Hobie trentenaire est un peu souple dans ce vent, mais s'en tire avec les honneurs. On kiffe l'instant.
Mais sur un empannage un peu rapide, j'observe incrédule un axe de hauban se briser en sortie de manœuvre. Le mât bascule vers l'avant, mais la base est retenue dans son emplanture. Je me jette bêtement sur le hauban détaché pour tenter de redresser le mât, mais la demi-sphère sort rapidement de son logement, et le gréement tombe sur babord.
On ne panique pas. Nous sommes au fond de la baie, mais le courant va nous en sortir progressivement. J'explique la situation à ma coéquipière, afin de tenter de garder un semblant de crédibilité. La leçon de séduction est terminée.
Connaissant le coût des pièces sur un Hobie, je m'affaire à remettre en ordre le bordel dont je suis à l'origine. GV et foc sont en train de se remplir d'eau. Il s'agit de ne pas abîmer davantage le support familial.
Je perds la notion des priorités, trop occupé à récupérer mon matériel. Mais au bout d'une dizaine de minutes, je me rends compte que nous dérivons vraiment vite, cap vers le large, et rien pour nous arrêter. Nous sommes proches de la côte, peut-être 200 m, mais la majorité des maisons sont déjà fermées en cette fin d'été, donc personne ne nous voit.
Je parviens à modifier très légèrement la trajectoire de notre Hobie démâté pour nous rapprocher d'un banc de sable que je connais bien, à la sortie de la baie. A ce niveau de marée, j'estimeen observant les alentours à environ 1m la hauteur d'eau, ce qui me permettrai de descendre et de freiner notre dérive.
Je me fous à l'eau. Elle est froide et je me suis trompé dans mon estimation. Bien vu l'aveugle. Il y a entre 1.5 et 2m de hauteur d'eau, donc je bois plusieurs fois la tasse. Mais mes pieds touchent le fond sableux par intermittence. Je retire mon gilet qui me gêne dans mes mouvements.
Je pousse notre radeau de la méduse vers la côte. Après quelques minutes d'efforts, j'ai de l'eau à hauteur de taille et la situation s'améliore. Nous finissons par échouer le bateau sur le sable, et nous pouvons ainsi finir de ranger proprement les voiles.
Nous renaviguerons dès le lendemain, simplement après changer l'axe perdu. Aucun autre dégât n'a été constaté.
L'absence totale d'équipement de sécurité change la gestion de l'incident. Sans moyen de communication, sans moyens de stopper ou de contrer notre dérive, et sans assistance à proximité, la situation peut évoluer rapidement. Le courant nous aurait amené vers l'île Vierge, à une dizaine de miles.
Notre situation était loin d'être catastrophique, mais aurait pu devenir assez inconfortable, d'autant que nous qu'après 1h de navigation musclée, il y avait de l'eau dans les flotteurs. Si nous avions dérivé plusieurs heures, le niveau aurait peut-être augmenté.
Ce petit rappel à l'ordre nous a en tous cas servi de leçon, à savoir que nous embarquons systématiquement une version améliorée de l'équipement obligatoire, quelles que soient les conditions ou le support sur lequel nous naviguons.
En cette fin d'été, le plan d'eau est désert. Même quand il fait beau, il y a de toutes façons peu d'embarcations qui s'aventurent dans cette portion de côte entre Roscoff et l'Aber Wrach. Il y a des pavés partout, un important marnage et un courant assez fort par gros coefficient.
J'embarque toujours de quoi me débrouiller tout seul en cas de problème : téléphone étanche chargé, mouillage de 20m, rames, fusées, de quoi se nourrir et s'hydrater, ainsi que du petit outillage. Ça alourdit un peu notre catamaran, mais la régate n'est pas au programme. Et chaque sortie se fait en néoprène intégrale.
Mais ce jour-là, grisé par la situation, et concentré sur ma technique de séduction, je n'embarque rien, hormis deux gilets que nous enfilons par-dessus de simples coupe-vent. Après tout, il s'agit juste d'aller tirer trois bords et de revenir.
Le démâtage suite à la perte d'un axe
Par vent 20 nœuds d'Est, le plan d'eau est tout plat. Des conditions propices à la glisse. Notre Hobie trentenaire est un peu souple dans ce vent, mais s'en tire avec les honneurs. On kiffe l'instant.
Mais sur un empannage un peu rapide, j'observe incrédule un axe de hauban se briser en sortie de manœuvre. Le mât bascule vers l'avant, mais la base est retenue dans son emplanture. Je me jette bêtement sur le hauban détaché pour tenter de redresser le mât, mais la demi-sphère sort rapidement de son logement, et le gréement tombe sur babord.

On ne panique pas. Nous sommes au fond de la baie, mais le courant va nous en sortir progressivement. J'explique la situation à ma coéquipière, afin de tenter de garder un semblant de crédibilité. La leçon de séduction est terminée.
Connaissant le coût des pièces sur un Hobie, je m'affaire à remettre en ordre le bordel dont je suis à l'origine. GV et foc sont en train de se remplir d'eau. Il s'agit de ne pas abîmer davantage le support familial.
Je perds la notion des priorités, trop occupé à récupérer mon matériel. Mais au bout d'une dizaine de minutes, je me rends compte que nous dérivons vraiment vite, cap vers le large, et rien pour nous arrêter. Nous sommes proches de la côte, peut-être 200 m, mais la majorité des maisons sont déjà fermées en cette fin d'été, donc personne ne nous voit.
Je parviens à modifier très légèrement la trajectoire de notre Hobie démâté pour nous rapprocher d'un banc de sable que je connais bien, à la sortie de la baie. A ce niveau de marée, j'estimeen observant les alentours à environ 1m la hauteur d'eau, ce qui me permettrai de descendre et de freiner notre dérive.
Je me fous à l'eau. Elle est froide et je me suis trompé dans mon estimation. Bien vu l'aveugle. Il y a entre 1.5 et 2m de hauteur d'eau, donc je bois plusieurs fois la tasse. Mais mes pieds touchent le fond sableux par intermittence. Je retire mon gilet qui me gêne dans mes mouvements.
Je pousse notre radeau de la méduse vers la côte. Après quelques minutes d'efforts, j'ai de l'eau à hauteur de taille et la situation s'améliore. Nous finissons par échouer le bateau sur le sable, et nous pouvons ainsi finir de ranger proprement les voiles.
Nous renaviguerons dès le lendemain, simplement après changer l'axe perdu. Aucun autre dégât n'a été constaté.
Une navigation sans matériel de sécurité, un facteur aggravant

L'absence totale d'équipement de sécurité change la gestion de l'incident. Sans moyen de communication, sans moyens de stopper ou de contrer notre dérive, et sans assistance à proximité, la situation peut évoluer rapidement. Le courant nous aurait amené vers l'île Vierge, à une dizaine de miles.
Notre situation était loin d'être catastrophique, mais aurait pu devenir assez inconfortable, d'autant que nous qu'après 1h de navigation musclée, il y avait de l'eau dans les flotteurs. Si nous avions dérivé plusieurs heures, le niveau aurait peut-être augmenté.
Ce petit rappel à l'ordre nous a en tous cas servi de leçon, à savoir que nous embarquons systématiquement une version améliorée de l'équipement obligatoire, quelles que soient les conditions ou le support sur lequel nous naviguons.

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