... faut organiser les systèmes, les commandes et les manœuvres afin qu'un marin puisse enchaîner seul conduite, réglages, changements de voiles, surveillance de la plateforme et périodes de repos.
L'équipage technique le résume dans la vidéo : tout doit être ramené à une "échelle humaine ".
Le pilote automatique prend dans cette organisation une importance considérable. Avant le départ en qualification, de nouvelles fonctions avaient justement été testées. Leur validation a contribué à décider Caudrelier à partir dès qu'une fenêtre météorologique favorable s'est présentée.
La qualification constitue donc moins une découverte de la navigation solitaire pour le vainqueur de la Route du Rhum 2022 qu'un premier test grandeur nature de l'ergonomie propre à Gitana 18.
À terre, une autre navigation se poursuit, dans les données.
Erwan Israël, co-skipper et responsable de la cellule performance, explique que Gitana 18 enregistre son comportement grâce à de nombreux capteurs. Les informations sont ensuite extraites et comparées afin de comprendre comment évoluent les performances en fonction des réglages.
L'objectif consiste à construire progressivement une cartographie du trimaran : configuration des appendices, réglage des voiles, comportement du mât, vitesse, assiette et conditions rencontrées.
L'équipe affirme avoir déjà profondément modifié certains réglages depuis les premières sorties et avoir gagné plusieurs nœuds à certaines allures. Il s'agit cependant d'une estimation interne. Faute de confrontation sportive suffisamment significative, elle ne dit pas encore où se situe Gitana 18 face aux autres Ultim.
C'est même l'une des inconnues assumées dans la vidéo. Pour connaître la vitesse intrinsèque du bateau, reconnaît l'équipe, il faudrait naviguer face aux concurrents.
À quelques semaines du Rhum, le chronomètre tourne donc de deux façons : celui qui sépare l'équipe du départ, et celui qui permettra réellement de situer le bateau dans la flotte.
On pourrait imaginer qu'à moins d'un mois d'une Route du Rhum, chaque journée disponible doit être consacrée à naviguer. Gitana a pourtant fait exactement l'inverse.
Après la qualification, le trimaran a été immobilisé pour un chantier programmé de plus de deux semaines. La priorité porte notamment sur ses appendices.
Foils et safrans sont inspectés, nettoyés, repris et ajustés. L'équipe technique utilise également des scans pour observer leur géométrie et leurs déformations et confronter ces mesures aux modèles structurels.
Le sujet devient particulièrement sensible aux vitesses atteintes par ces machines. Pierre Tissier, directeur technique de Gitana Team, évoque dans la vidéo des navigations à 40 ou 45 nœuds et le problème de la cavitation sur les appendices.
La cavitation apparaît lorsque la pression locale chute suffisamment pour vaporiser momentanément l'eau autour d'un profil. Sur un foil ou un safran lancé à très haute vitesse, le phénomène peut perturber fortement l'écoulement et donc dégrader portance, traînée et contrôle.
La qualité de surface et la géométrie des appendices prennent alors une importance que quelques dixièmes de millimètre peuvent rendre très concrète.
L'immobilisation a néanmoins un coût : pendant que Gitana 18 reste au ponton, les concurrents continuent de naviguer.
L'équipe souhaite disposer d'au moins deux semaines de navigation après le chantier, avec les appendices remis dans leur configuration définitive, afin que Charles Caudrelier puisse tester le bateau aussi près que possible de l'état dans lequel il prendra le départ.
Le calendrier est serré.
Il reste des essais à terminer et des réglages à valider. Surtout, Gitana 18 est un bateau récent. Le trimaran doit disputer avec la Route du Rhum son premier grand rendez-vous océanique en solitaire.
L'équipe ne cache d'ailleurs pas une inconnue : elle pourrait arriver à Saint-Malo sans avoir disposé de suffisamment de temps pour mesurer directement son niveau face à ses principaux adversaires.
C'est probablement le point le plus intéressant de cette vidéo. Derrière les images de vol et le travail extrêmement précis des techniciens, Gitana 18 demeure encore une machine en phase d'apprentissage.
L'échéance, elle, ne bougera plus. Le départ de la Route du Rhum sera donné le dimanche 1er novembre 2026 à 13 h 02 au large de Saint-Malo. Les solitaires auront environ 3 543 milles à parcourir pour rejoindre Pointe-à-Pitre.
Charles Caudrelier y arrive avec un statut particulier. En 2022, il avait remporté l'épreuve sur Gitana 17 en 6 jours, 19 heures, 47 minutes et 25 secondes, établissant le record actuel de la traversée. Il défendra donc son titre avec Gitana 18, le nouveau trimaran océanique de 32 mètres du Gitana Team.
Mais le bateau avec lequel il avait gagné en 2022 était une machine éprouvée. Quatre ans plus tard, le scénario est différent : il faut simultanément apprendre un nouvel Ultim, le fiabiliser et préparer son exploitation en solitaire.
C'est ce travail, beaucoup moins visible que les pointes de vitesse, que montre cet épisode de Flying Offshore. Les dernières semaines ne consistent plus à chercher des transformations profondes. Il s'agit désormais de choisir les bons réglages, fiabiliser les systèmes et fournir à Caudrelier une configuration qu'il connaisse suffisamment pour l'exploiter seul.
Le 1er novembre, les données du bureau d'études laisseront place à une mesure beaucoup plus simple : celle de la vitesse face aux autres Ultim.
L'équipage technique le résume dans la vidéo : tout doit être ramené à une "échelle humaine ".
Le pilote automatique prend dans cette organisation une importance considérable. Avant le départ en qualification, de nouvelles fonctions avaient justement été testées. Leur validation a contribué à décider Caudrelier à partir dès qu'une fenêtre météorologique favorable s'est présentée.
La qualification constitue donc moins une découverte de la navigation solitaire pour le vainqueur de la Route du Rhum 2022 qu'un premier test grandeur nature de l'ergonomie propre à Gitana 18.
Des capteurs pour dresser la carte d'identité du bateau
À terre, une autre navigation se poursuit, dans les données.
Erwan Israël, co-skipper et responsable de la cellule performance, explique que Gitana 18 enregistre son comportement grâce à de nombreux capteurs. Les informations sont ensuite extraites et comparées afin de comprendre comment évoluent les performances en fonction des réglages.
L'objectif consiste à construire progressivement une cartographie du trimaran : configuration des appendices, réglage des voiles, comportement du mât, vitesse, assiette et conditions rencontrées.
L'équipe affirme avoir déjà profondément modifié certains réglages depuis les premières sorties et avoir gagné plusieurs nœuds à certaines allures. Il s'agit cependant d'une estimation interne. Faute de confrontation sportive suffisamment significative, elle ne dit pas encore où se situe Gitana 18 face aux autres Ultim.
C'est même l'une des inconnues assumées dans la vidéo. Pour connaître la vitesse intrinsèque du bateau, reconnaît l'équipe, il faudrait naviguer face aux concurrents.
À quelques semaines du Rhum, le chronomètre tourne donc de deux façons : celui qui sépare l'équipe du départ, et celui qui permettra réellement de situer le bateau dans la flotte.
Pourquoi arrêter le bateau maintenant ?
On pourrait imaginer qu'à moins d'un mois d'une Route du Rhum, chaque journée disponible doit être consacrée à naviguer. Gitana a pourtant fait exactement l'inverse.
Après la qualification, le trimaran a été immobilisé pour un chantier programmé de plus de deux semaines. La priorité porte notamment sur ses appendices.
Foils et safrans sont inspectés, nettoyés, repris et ajustés. L'équipe technique utilise également des scans pour observer leur géométrie et leurs déformations et confronter ces mesures aux modèles structurels.
Le sujet devient particulièrement sensible aux vitesses atteintes par ces machines. Pierre Tissier, directeur technique de Gitana Team, évoque dans la vidéo des navigations à 40 ou 45 nœuds et le problème de la cavitation sur les appendices.
La cavitation apparaît lorsque la pression locale chute suffisamment pour vaporiser momentanément l'eau autour d'un profil. Sur un foil ou un safran lancé à très haute vitesse, le phénomène peut perturber fortement l'écoulement et donc dégrader portance, traînée et contrôle.
La qualité de surface et la géométrie des appendices prennent alors une importance que quelques dixièmes de millimètre peuvent rendre très concrète.
Deux semaines pour valider la configuration du Rhum
L'immobilisation a néanmoins un coût : pendant que Gitana 18 reste au ponton, les concurrents continuent de naviguer.
L'équipe souhaite disposer d'au moins deux semaines de navigation après le chantier, avec les appendices remis dans leur configuration définitive, afin que Charles Caudrelier puisse tester le bateau aussi près que possible de l'état dans lequel il prendra le départ.
Le calendrier est serré.
Il reste des essais à terminer et des réglages à valider. Surtout, Gitana 18 est un bateau récent. Le trimaran doit disputer avec la Route du Rhum son premier grand rendez-vous océanique en solitaire.
L'équipe ne cache d'ailleurs pas une inconnue : elle pourrait arriver à Saint-Malo sans avoir disposé de suffisamment de temps pour mesurer directement son niveau face à ses principaux adversaires.
C'est probablement le point le plus intéressant de cette vidéo. Derrière les images de vol et le travail extrêmement précis des techniciens, Gitana 18 demeure encore une machine en phase d'apprentissage.
Charles Caudrelier défendra son titre sur un bateau neuf
L'échéance, elle, ne bougera plus. Le départ de la Route du Rhum sera donné le dimanche 1er novembre 2026 à 13 h 02 au large de Saint-Malo. Les solitaires auront environ 3 543 milles à parcourir pour rejoindre Pointe-à-Pitre.
Charles Caudrelier y arrive avec un statut particulier. En 2022, il avait remporté l'épreuve sur Gitana 17 en 6 jours, 19 heures, 47 minutes et 25 secondes, établissant le record actuel de la traversée. Il défendra donc son titre avec Gitana 18, le nouveau trimaran océanique de 32 mètres du Gitana Team.
Mais le bateau avec lequel il avait gagné en 2022 était une machine éprouvée. Quatre ans plus tard, le scénario est différent : il faut simultanément apprendre un nouvel Ultim, le fiabiliser et préparer son exploitation en solitaire.
C'est ce travail, beaucoup moins visible que les pointes de vitesse, que montre cet épisode de Flying Offshore. Les dernières semaines ne consistent plus à chercher des transformations profondes. Il s'agit désormais de choisir les bons réglages, fiabiliser les systèmes et fournir à Caudrelier une configuration qu'il connaisse suffisamment pour l'exploiter seul.
Le 1er novembre, les données du bureau d'études laisseront place à une mesure beaucoup plus simple : celle de la vitesse face aux autres Ultim.