Transat Jacques Vabre 2015, qui sont les favoris ?

Sodebo Ultim © Y.Zedda/ Sodebo

Découvrez les favoris dans chaque classe de la Transat Jacques Vabre. Même s'ils ont tous les atouts pour remporter la victoire, il ne faudra pas sous-estimer les autres duos ni les aléas des courses au large, qui peuvent bouleverser un classement.

Même s'il est impossible de savoir le gagnant d'une course avant son arrivée, on peut cependant faire des pronostics. Pour cela, on peut s'appuyer sur le palmarès des skippers qui composent le duo, sur le palmarès du bateau ou encore sur la complicité qui lie les deux marins. Mais, n'oublions pas non plus les facteurs météo, les aléas techniques, les options stratégiques ou encore les fortunes de mer, qui peuvent venir bouleverser un classement.

Quatre bateaux à suivre chez les Class40, mais Le Conservateur favori

Chez les Class40, le niveau est assez homogène est c'est donc sur l'osmose entre le duo de marins sur le pont et le bateau, que peut se jouer la différence. Et à ce jeu, c'est Le Conservateur (Yannick Bestaven et Pierre Brasseur) qui semble, d'un point de vue du potentiel, un peu au-dessus de Bretagne Crédit Mutuel Elite (Nicolas Troussel et Corentin Horeau), de Teamwork40 (Bertrand Delesne-Nils Palmieri) ou de Solidaires en peloton ARSEP (Thibault Vauchel Camus-Victorien Erussard).

Le Conservateur - crédit : Christophe Breschi

Il faudra aussi surveiller le plan Jason Ker de Jack Bouttell et Gildas Mahé, Team Concise qui avait déjà impressionné il y a deux ans avant d’abandonner sur casse technique.

Team Concise - crédit : Mark Lloyd/Lloyd Images

Chez les Class40, il y a aussi des Class40 dernières génération - Eärendil (Catherine Pourre, Antoine Carpentier) et VandB (Maxime Sorel-Sam Manuard) -, mais avec des mises à l'eau récente, leurs skippers n'auront pas eu le temps de peaufiner leur préparation et leur entrainement à bord.

VandB - crédit : Pascal Alemany

Les sept autres inscrits auront certainement du mal à suivre le rythme, surtout si le vent e travers statistiquement majoritaire sur ce parcours est au rendez-vous, soit parce que le bateau est trop ancien, soit parce que l'équipage n’a pas cumulé assez de milles à son bord : Carac-Advanced Energies (Louis Duc-Christophe Lebas), Club 103 (Alan Roura-Juliette Pêtrès), Concise 2 (Philippa Hutton Squire-Pip Hare), Créno Moustache solitaire (Thibault Hector-Morgan Launay), Groupe Sétin (Manuel Cousin-Gérald Quéouron), SNBSM Espoir Compétition (Valentin Lemarchand-Arthur Hubert), Zetra (Eduardo Penido-Renato Araujo).

Les "ennemis jurés" en Multi50

Chez les Multi50, on ne compte que quatre duos, parmi lesquels Arkema (Lalou Roucayrol et César Dohy) et FenêtréA Prysmian (Erwan Le Roux et Giancarlo Pedote) qui sont coutumiers de bagarres océaniques. FenêtréA-Prysmian est le tenant du titre et Erwan Le Roux a navigué dessus dès sa mise à l’eau en 2009. Mais Arkema a été optimisé et désormais, les différences de potentiel sont très faibles et ce sera donc tactiquement que les duos devront essayer de se démarquer.

FenêtrA Prysmian - crédit : Vincent Olivaud
Arkema - crédit : Vincent Olivaud

Il faudra aussi compter avec deux autres équipages, eux aussi en quête de victoire. Même si La French Tech-Rennes Saint-Malo n'a jamais réussi à s'imposer (à l'exception de la Route du Rhum 2010 avec Lionel Lemonchois), l'équipage a de quoi faire vaciller les certitudes avec Gilles Lamiré, régulièrement sur le podium, épaulé par Yvan Bourgnon de retour d'un tour du monde en solitaire sur un catamaran de sport.

La French-Tech Saint-Malo - crédit : DR

Enfin, Ciela Village est un nouveau venu au sein des partenaires nautiques, mais le trimaran cumule les milles depuis sa mise à l'eau il y a dix ans. Avec de nouveaux flotteurs issus des moules de FenêtréA-Prysmian, l'ex-Crêpe Whaou 2 a plus que des arguments en terme de performance. Et si l’équipage Thierry Bouchard-Olivier Krauss découvre l'univers du multicoque, son expérience et sa rigueur en Class40 sont un atout.

Ciela Village - crédit : Pierrick Contin

Sur la classe Imoca, la guerre entre anciens et prototypes

La Classe Imoca sera la classe majeure sur cette Transat Jacques Vabre. Et depuis que la nouvelle jauge a autorisé les foils, les monocoques IMOCA 60’ bouillonnent d’innovations et de recherches sur ces appendices. Les anciens bateaux ont sérieusement été optimisés alors que les nouveaux devront faire leurs preuves, la Route du café servant de laboratoire de recherche. Les résultats seront pris en compte, mais surtout chaque phase météorologique sera analysée, car à l’issue de cette épreuve, il y aura certainement de gros chantiers à effectuer, pour les prototypes, comme pour les anciens.

Sur le papier, celui qui a le plus de chance de gagner n'est autre que le vainqueur en titre, PRB, aux mains de Vincent Riou et Sébastien Col). Il est le plus léger de la flotte, mais sans doute le plus polyvalent de tous. Il faudra aussi compter avec SMA, qui fait partie des "anciens" et n'est autre que l'ex-vainqueur du Vendée Globe étant cette fois aux mains de Paul Meilhat et Michel Desjoyeaux. Il faudra aussi surveiller ses deux quasi-sisterships, Maître CoQ (Jérémie Beyou-Philippe Legros) et Bastide-Otio (Kito de Pavant-Yann Régniau) qui ont des arguments sur ce parcours qu’ils connaissent bien, ainsi que Quéguiner-Leucémie Espoir (Yann Eliès-Charlie Dalin) qui reste la référence des IMOCA actuels.

PRB - crédit : Yvan Zedda

Au sein des "nouveautés", force est de constater que le délai de mise au point de ces machines à foils s'est avéré très court pour certains comme ST-Michel-Virbac (Jean-Pierre Dick-Fabien Delahaye), Hugo Boss (Alex Thomson-Guillermo Altadill) ou Safran (Morgan Lagravière-Nicolas Lunven). Les deux plus aboutis à ce jour semblent donc Banque Populaire VIII (Armel Le Cléac'h-Erwan Tabarly) et Edmond de Rothschild (Sébastien Josse-Charles Caudrelier), mais encore faudrait-il que les allures vent de travers prédominent les premiers jours de course…

St-Michel Virbas - crédit : Y.Zedda/StMichel-Virbac/Sailing Team
Hugo Boss - crédit : Loyd Images - AT Racing. Coutesy of Hugo Boss - RGB

Enfin, la génération 2006-2008 a toujours des arguments si la météo est scabreuse en ouvrant des champs stratégiques plus larges que ce parcours de 5 400 milles orientés Nord Est-Sud Ouest le laisse penser : Bureau Vallée (Louis Burton-Romain Attanasio), Comme un seul Homme (Éric Bellion-Sam Goodchild), Adopteunskipper.net (Nicolas Boidevézi-Ryan Breymaier), Initiatives-Coeur (Tanguy de Lamotte-Sam Davies), Le Bateau des métiers by Aérocampus (Arnaud Boissières-Stan Maslard), Le Souffle du Nord (Thomas Ruyant-Adrien Hardy), MASCF (Bertrand de Broc-Marc Guillemot), Newrest-Matmut (Fabrice Amédéo-Éric Péron) peuvent créer la surprise à Itajaí. Reste O Canada (Eric Holden-Morgen Watson) et Spirit of Hungary (Nandor Fa-Péter Perényi) qui ont peu de chances de figurer parmi le top 5.

Bureau Vallée - crédit : Stephane Maillard

Un favori chez les Ultimes

La classe Ultime, avec seulement quatre trimarans géants au profil très différents, est sans doute la classe la plus facile à cerner. Sur le potentiel de la "machine", c'est Sodebo Ultim qui remporte les suffrages : l’ex-Geronimo a été sérieusement mis au goût du jour pour la dernière Route du Rhum et a confirmé qu'il était l'un des plus puissants et l’un des rapides du monde. De plus, le tandem Thomas Coville-Jean Luc Nélias a traversé par deux fois l'Atlantique cet été et le multicoque a été bien optimisé l'hiver dernier.

Sodebo Ultim - crédit : Y.Zedda/ Sodebo

À ses côtés, le tout nouveau Macif manque encore de navigation même si François Gabart et Pascal Bidegorry sont très expérimentés en multicoque. Et il lui manque aussi un foil, les délais de réalisation ayant été trop longs. C'est avant tout un test de validation même si le duo garde la possibilité de s'engouffrer s'il y a une ouverture stratégique.

Macif - crédit : Vincent Curutchet DPPI MACIF

Avec trois années de pratique, Lionel Lemonchois connaît sur le bout des doigts son trimaran ORMA boosté à 24 mètres et son coéquipier Roland Jourdain sort d'une campagne estivale à bord de l'ex-Groupama 3. Ce sera donc la taille réduite de Prince de Bretagne, multicoque plus volage et plus exigeant que ses concurrents, qui nuira à ses performances : redoutable dans les petits airs, il est moins à l’aise dans la brise.

Prince de Bretagne - crédit : Marcel Mochet

Enfin, c'est plus la mise en main tardive d'Actual qui défavorise ce 4x4 conçu pour le tour du monde en solitaire. L’ex-Sodebo est plus à l’aise dans les phases de glisse que contre le vent ou au travers, mais le tandem Yves Le Blévec-Jean-Baptiste Le Vaillant a une expérience rare de ce type de multicoque…

Actual - crédit : Th. Martinez/ Sea&Co
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