Transat en solitaire, oui, mais en semi-rigide !

Le semi-rigide Zeppelin utilisé pour la traversée

Relier New York depuis Bordeaux en semi-rigide et en solitaire, c'est le projet un peu fou de Christophe Maupaté, qui réalisera ici une première mondiale. Le grand départ sera donné le 16 juillet 2016 depuis le ponton d'honneur de la capitale girondine. Un record qui figurera peut-être dans le Guinness des Records…

Le 16 juillet prochain, Christophe Maupaté, navigateur passionné prendra la barre de son Zeppelin X VPRO 750 depuis Bordeaux en direction de New York. Pour effectuer son périple, en solitaire rappelons-le, l'homme a choisi la voie du Nord, seule possibilité de ravitaillement et effectuera 9 étapes, l'occasion pour lui de s'approvisionner en carburant et de se reposer. Il naviguera 4340 milles et devrait rejoindre la grosse pomme aux alentours du 3 août (variable en fonction de la météo). Une fois arrivé sur place, le bateau sera renvoyé en France en cargo.

Cet habitué de la navigation à la voile et en semi-rigide est également coutumier de grandes traversées. Il réalise fréquemment avec des amis des longues navigations en semi-rigide, été comme hiver, testant des conditions délicates et difficiles. C'est alors que lui vient à l'idée de traverser l'Atlantique en semi-rigide.

"Le challenge était de faire la traversée en solitaire et en monomoteur pour prouver, s'il est encore nécessaire, l'extrême fiabilité des 4 T, et du semi-rigide en tant que véritable 4×4 de la mer" détaille Christophe. Ainsi, après avoir imaginé son projet dans les moindres détails, l'aventure prend un nouveau tournant sur le Nautic de Paris. Il rencontre alors Zeppelin et Suzuki qui acceptent de l'accompagner dans ce périple.

Pour sa traversée, Christophe naviguera sur un Zeppelin Command X VPro 750 de 7,50 m de long. Ce modèle standard a subi quelques légères adaptations pour pouvoir supporter une navigation de 4 340 milles. Le réservoir de pont est de 300 L (au lieu de 200), le bateau sera équipé d'une protection d'étrave en inox pour les glaces, l'électronique et les finitions ont également été adaptées.

Côté moteur, le semi-rigide sera équipé d'un moteur Suzuki DF300 d'une capacité d'environ 1100 L. "La plus grosse étape est de 800 milles et il faut que la consommation soit de 1,1 L au mille en moyenne. Actuellement, des essais sont en cours sur des hélices de 2200 à 2300 tours à 20 nœuds en moyenne. On cherche l'hélice qui garantira le meilleur rendement."

Les escales ont donc été calculées au plus juste pour pouvoir arriver à bon port. À chaque escale, Christophe a trouvé un contact qui l'attendra avec la quantité de carburant nécessaire. "C'est difficile de trouver une quantité importante de carburant à certains endroits, notamment au Groenland, j'ai donc des contacts locaux qui seront présents sur place."

Côté sécurité, Christophe possèdera une balise de positionnement sur le bateau (on pourra d'ailleurs suivre son trajet), ainsi qu'un téléphone satellite, une balise de sécurité individuelle… Il pourra d'ailleurs faire des escales plus longues en cas de panne mécanique ou de mauvais temps, car comme il l'indique, ce n'est pas une course.

Sa traversée dépendra d'ailleurs des conditions météo. "J'ai un routeur météo qui me permettra de connaître le temps, notamment pour le Groenland où il y aura de la glace. Le radar permettra également de détecter les gros blocs de glace. Pour les petits, soumis au vent et au courant, il faudra faire confiance au routeur."

Chaque étape durera entre 24 et 48 h, il faudra donc gérer son sommeil, puisque Christophe naviguera de jour comme de nuit. Au fond du bateau, un matelas spécial qui permet de récupérer plus vite lui permettra de faire des micros siestes de 10 à 15 minutes. Sur les étapes, il pourra se reposer grâce à une tente qui recouvre entièrement son bateau. Une solution envisagée surtout pour les escales où il ne trouvera pas forcément d'autres endroits où dormir.

Pour pouvoir supporter ces 3 semaines de navigation, Christophe s'entraine régulièrement, notamment au niveau du dos et du cou. "Le bateau est équipé d'un siège suspendu qui fonctionne très bien, mais la fatigue physique risque d'être difficile."

Pour mettre toutes les chances de son côté, son bateau – qui vient d'être mis à l'eau il y a quelques jours – sera testé dans des conditions réelles. "J'envisage un aller-retour Bayonne-Porto ou un aller-retour Bayonne-Brest. C'est encore à définir."

Le parcours

Etape 1 Bordeaux - Brest (293 mn)
Etape 2 Brest - Dublin (338 mn)
Etape 3 Dublin - Kirkwall/Ecosse (443 mn)
Etape 4 Kirkwall - Thorshavn/Feroe (215 mn)
Etape 5 Thorshavn - Reykjavik/Islande (505 mn)
Etape 6 Reykjavik - Qaqortoq (787 mn)
Etape 7 Qaqortoq - St Anthony Port (649 mn)
Etape 8 St Anthony Port - Halifax (530 mn)
Etape 9 Halifax - New York (576 mn)
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Réagir à cet article :
Fsc Sam - 20 Juin 2016
Bravo pour l'article et bravo à Christophe ! A noter que l'ANPM, partenaire de cet exploit, a fourni la balise de tracking et vous offrira le suivi en temps réel du parcours sur son site www.anpm.fr. Bonne mer le marin !! ;)
Pierrot Goflette - 20 Juin 2016
bon vent
Serge Martinez - 20 Juin 2016
bonnes routes
Rogers Fragniere - 21 Juin 2016
bravo faut le faire pas évident
Am-pêche Société - 21 Juin 2016
bon courage
Tiburce de Cezac - 21 Juin 2016
C'est complètement con et archaïque! A l'heure où l'on commence à mettre des panneaux solaires dans les voiles, à réfléchir à des bateaux plus écologiques, faire l'Atlantique en semi-rigide n'a juste aucun sens! C'est juste un gros truc de beauf!
Réal Fortin - 27 Juin 2016
Tu va réussir.............n'en doute même pas.!
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