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Interview : Vianney Desvignes "On peut très bien faire une belle compétition sans faire un podium"

À la veille du départ de la Mini Transat, Vianney Desvignes (24 ans) nous reçoit sur le FRA 579, un mini de série Tip Top. Il nous présente sa vision "amateur" de la transat.

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Pourquoi tu t’es lancé dans cette histoire de Mini ?

Je naviguais beaucoup sur des bateaux de croisière de 10-12m, beaucoup plus lourd. Je voulais un support qui aille plus vite, qui soit plus véloce et qui soit capable d’aller plus loin, de faire plus de distance. Le Mini s’y prêtait bien parce que les budgets ne sont pas trop énormes et le circuit de course est génial : mini Transat ; les Açores, etc.…

J’ai commencé la voile assez jeune, j’ai été moniteur de voile en croisière. J’avais besoin d’un support qui m’ouvre des portes pour aller plus loin.

La Mini-Transat est venue avec. C’est une course dont tout le monde parle, dont je rêvais beaucoup en regardant les vidéos des autres skippers.

Vianney Desvignes Mini-Transat

Donc ton objectif serait de continuer dans la course au large ?

Non pas forcément continuer à faire de la voile professionnelle. Si je devais continuer, je continuerais en Mini.

Tes motivations ont évolué au cours de cette préparation ?

Quand j’ai commencé, je me disais que je ferais ça pour faire la course et arriver au bout. Mais plus ça va, plus on pense au classement et plus on se prend au jeu. Je ne compte pas faire une grosse performance, mais j’aimerais bien ne pas arriver dernier. On se connait tous, on connait les bateaux de chacun et je sais qu’il y a quelques numéros de bateau comme le 721, le 483 … je pourrai t’en citer une dizaine avec qui je serai probablement proche. J’aimerais bien aller plus vite que ceux-là. On peut très bien faire une belle compétition sans faire un podium, mais sans pour autant se dire qu’on fait juste ça terminer la course.

Vianney Desvignes Mini-Transat

Comment ton projet a été accueilli par tes proches ?

Il y a plusieurs paramètres. D’abord c’est beaucoup d’argent. Mes parents se sont dit : "oula, t’es sûr de ce que tu veux faire ?". J’ai dû aller à la banque emprunter de l’argent. C’est vite un gros truc. Je n’ai pas été poussé à la faire. Mais une fois que j’ai emprunté les quelques dizaines de milliers d’euros pour pouvoir acheter le bateau, c’est bon j’étais obligé d’y aller. Ça c’est fait d’un coup. C’était un samedi matin, on est allé signer les papiers et ça y est j’étais lancé. Mais parents sont toujours un peu inquiets, mais rien de plus normal.

Après le deuxième paramètre, c’est que le Mini c’est hyper chronophage. Ça demande beaucoup de temps, beaucoup d’investissements. Ce n’est pas un truc que du tu peux faire toute ta vie. C’est difficile de concilier ça avec une vie normale.

Et après la Mini, qu’est-ce que tu penses faire ?

Moi je fais ça en amateur, donc après je retrouverai une vie normale. Je vais travailler. Je viens de finir mes études à science Po et je vais travailler dès janvier dans un cabinet de conseil chez qui j’avais fait un stage. Ils m’ont proposé de rester chez eux.

Vianney Desvignes Mini-Transat

Tu nous présentes ton bateau ?

C’est un TipTop. C’est un bateau de série, mais on n’est pas très nombreux. 3 seulement, et 3 bateaux très différents. Rien à voir avec les Pogo 2 qui se ressemblent bien. Mon bateau n’a rien d’original, mais je le trouve très propre. L’électricité est impeccable et fonctionne super bien. Les vérins de pilote sont nickels. Je l’ai beaucoup fiabilisé. J’ai quand même optimisé des petits trucs. J’ai fait un système de réglage du point d’écoute en 3 dimensions. Avant j’avais un rail. C’est un truc que j’ai fait récemment et ça apporte vachement de pouvoir écarter le point de tire. Je l’ai beaucoup vu sur la Transgascogne, ça change tout. J’ai navigué avec le rail au début avant de passer au réglage 3D. J’ai bien vu que de tendre la chute vers le bas tout en ayant un braquage relativement ouvert c’est génial.

J’ai vachement confiance dans ce bateau. Jusqu’à aujourd’hui il m’a toujours amené à bon port. Je n’ai pas toujours eu des performances incroyables parce que ça dépend aussi beaucoup du skipper, mais en tout cas je suis toujours allé au bout. Je n’ai jamais eu de gros problèmes et j’espère que ça va continuer.

Et toi en tant que skipper ? Tu es prêt à partir ?

La première étape, ça va. C’est un format que je connais. J’ai participé à la course Les Sables-Les Açores, donc 10 jours de mer je connais. Il y aura du vent, il y aura de la mer évidemment, mais rien que le fait de se dire que je suis déjà passé par là, ça me rassure. La deuxième étape, ça sera autre chose. Je n’y pense pas encore. Comme on a une grosse pause entre les deux, je pense qu’il faut y aller étape par étape et rester bien concentré sur la première. Ensuite on verra.

Quel est le programme de la journée avant le départ demain ?

Là on va aller visiter l’aquarium, peut-être courir un peu. On aura briefing météo à 17h puis après repos, dodo !

Reportage : Clarisse Crémer

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