L'histoire d'un refit : Une seconde vie pour Rêvuha, un Sun Shine 36

© Sail on Sea

En 2006, Sophie achète un Sun Shine 36 — modifié en 38 grâce à la jupe rallongée. Après des années à naviguer le long des côtes Bretagne, elle découvre en 2018, des fissures en avant et sur les côtés de sa quille. Alors qu'elle aurait pu abandonner, elle décide de se lancer dans un grand chantier pour redonner une seconde vie à Rêvuha.

Des fissures sur la quille

Alors que Rêvuha rencontre des problèmes d'humidité, Sophie se décide à le sortir de l'eau pour mettre son bateau au chantier. Au programme, mettre la coque à nue pour la faire sécher et restratifier.

Sauf qu'elle découvre des fissures sur le fond de coque, autour de sa quille. "On les voyait déborder au-delà de la semelle de quille, sans savoir comment s'était en-desous. C'était des fissures très anciennes et l'ancien traitement curatif osmose avait été fait par-dessus."

Elle prend un coup au moral et étudie alors les différentes possibilités : le vendre en l'état ou le réparer. "C'était ma maison et je me retrouvais sans maison."

Vendre ou conserver ?

Finalement, en plein changement de vie, elle décide de conserver son voilier et de se consacrer à sa réparation. Sorti de l'eau en juillet 2018, le bateau est désormais en chantier chez Bretagne Nautic, à Port La Forêt. Hébergée chez des amis, elle s'est donnée jusqu'à juillet 2020 pour finir les travaux et remettre son bateau à l'eau.

"La vente m'a traversé l'esprit pour des raisons financières. Il y a beaucoup de travaux à faire dessus. C'est un bateau de 12 m avec des coûts d'entretien et de rénovation. Mais je me suis dit que grâce à mon boulot qui me prenait beaucoup de temps et d'énergie — même si j'aimais beaucoup ce que je faisais — j'avais pu enfin me payer ce bateau. J'ai pris le temps de la réflexion et je me suis dit "je repars avec lui."

Un déquillage en bonne et due forme

Avec l'aide de Pascal, gérant du chantier finistérien, et de quelques connaissances, elle s'attaque alors aux 14 boulons de quille qui maintiennent l'appendice en place. Désormais, la quille a été mise entièrement à nue et sèche, protégée par une bâche. Restent encore 3 goujons de quille qu'elle n'a pas réussi à enlever, corrodés par la rouille.

"Je me suis beaucoup renseigné, j'ai consulté mon entourage. J'aime faire les choses au mieux et je ne me voyais pas mettre de l'enduit pour camoufler les fissures. J'ai décidé de déquiller pour voir ce qu'il y avait en dessous."

Un gros chantier

Quitte à revenir vivre à bord, Sophie se lance dans un grand chantier. En plus de la coque, de la quille, de la peinture de coque des œuvres mortes, du cockpit, elle a entamé un grand chantier intérieur.

"Je ne pouvais pus voir ces vernis… Puisque le bateau est entièrement vidé pour le faire sécher, je me suis dit que j'en profitais pour faire une déco au top ! Il ne suffira plus que d'aménager un univers sympa et propre"

Autodidacte et passionnée

Alors comment se lance-t-on dans un aussi gros chantier quand on n'a que quelques connaissances ? "Je suis assez autodidacte. J'apprends beaucoup par moi-même et de toute façon j'y suis obligé puisque je fais les travaux moi-même. J'ai beaucoup appris depuis que je l'ai puisque j'ai déjà fait pas mal de choses dessus. Pour le reste, je regarde les forums, les revues, je prends conseil près de professionnels du chantier…"

Ce côté manuel, elle le tient aussi de son papa, qui lui a transmis beaucoup de choses lors de leurs navigations passées. En dehors de la fierté qu'elle en retire, c'est aussi une sacrée économie que Sophie réalise. "Globalement, si j'avais fait faire les travaux par un professionnel, ça m'aurait couté entre 40 000 et 50 000 €".

Un professionnel pour la sécurité

Pour la sécurité, elle confie la reprise de strat du fond de coque à un professionnel. Si l'intérieur est déjà fait, elle s'attaquera seule aux œuvres vives.

À l'intérieur, elle en est pour l'instant aux boiseries et à la peinture. Les vannes vont toutes être changées, suivront ensuite l'électricité et le circuit de tuyauterie.

"Ça ne me fait pas peur. J'avais déjà refait mes hublots de roof à l'époque. Ça m'a pris 130 heures, soit environ 3 semaines."

Séchage de la coque

Depuis neuf mois, la coque sèche à l'air libre, sans activateur ni procédé pour accélère le processus. Aujourd'hui, le taux d'humidité est encore trop élevé. Il doit être inférieur à 5 % pour que la coque soit considérée comme sèche et qu'elle puisse être traitée.

Des travaux extérieurs

Après l'intérieur, Sophie s'attaquera au pont de son bateau. Le fond de cockpit va être rénové, et la jupe, qui rencontre de problèmes de structure, réparée. Enfin, la propriétaire dotera peut être Rêvuha d'un nouveau moteur et d'un gréement sécurisé d'ici deux ans, si l'envie d'un long voyage ressurgit. 

Un partage d'expérience

À 36 ans, le Sun Shine 36 de Sophie va entamer une seconde vie. Ce chantier a une forte valeur financière et sentimentale et pour faire partager son rêve, Sophie a ouvert un Facebook dédié à sa rénovation. Elle y partage ses avancées en photos — nombreuses — pour montrer à chacun qu'il est possible de réaliser par soi-même ce qui nous tient à cœur.

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Sun Shine 38, la fiche technique

MarqueJeanneau
ArchitecteTony Castro
Longueur hors-tout11.10 m
Longueur de coque11.20
Largeur3.85 m
Tirant d'eau1.90 m
Catégorie CEA
Déplacement lège5 400 kg
Surface de voilure au près76 m2
Carburant85 L
Voir la fiche technique complète du Sun Shine 38
Reportage : Rêvuha

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