Une évolution réglementaire attendue depuis plusieurs années
La sécurité en mer repose sur la prévention, la formation des équipages et le respect des règles de navigation. Mais jusqu'à présent, un maillon faisait défaut dans le droit français. Alors que les contrôles d'alcoolémie sont courants sur le réseau routier, les autorités ne disposaient pas d'un cadre juridique comparable pour contrôler les conducteurs de nombreux navires de plaisance à moteur.
L'adoption de l'amendement gouvernemental, désormais appelé "amendement Benjamin", met fin à cette situation. Le texte a été adopté par l'Assemblée nationale le 9 juillet 2026 dans le cadre du projet de loi visant à renforcer les réponses aux atteintes à l'ordre public. Il modifie le Code des transports afin de créer un véritable régime de contrôle et de sanction concernant l'alcool, les stupéfiants et, à terme, les substances psychoactives.
Cette évolution intervient plus d'un an après la collision qui a coûté la vie à Benjamin Mano, âgé de 8 ans, alors qu'il naviguait en Optimist devant le Cercle de voile d'Arcachon le 21 mai 2025. Le bateau impliqué était conduit par un marin professionnel contrôlé positif à l'alcool et à la cocaïne. Depuis ce drame, la famille de l'enfant et la députée de Gironde Sophie Panonacle ont multiplié les démarches afin d'obtenir une évolution de la ...
... législation. Une pétition, qui a rassemblé presque 93 000 signatires, avait été lançée pour appuyer cette démarche.
L'une des principales conséquences de cette réforme concerne les conducteurs de bateaux à moteur dont la conduite nécessite un permis plaisance.
Jusqu'à présent, contrairement au Code de la route, aucune disposition spécifique du Code des transports ne définissait un seuil légal d'alcoolémie applicable à ces plaisanciers. Les forces maritimes réalisaient essentiellement des opérations de prévention, sans disposer d'un fondement juridique clair pour procéder à des contrôles systématiques suivis de sanctions pénales.
L'amendement crée désormais deux nouvelles infractions. La première concerne la navigation sous l'emprise d'un état alcoolique. Le seuil retenu est identique à celui appliqué sur la route pour le délit, soit une alcoolémie égale ou supérieure à 0,80 g/l de sang ou 0,40 mg/l d'air expiré.
La seconde vise la conduite d'un navire après consommation de substances ou de plantes classées comme stupéfiants, détectées par analyse salivaire ou sanguine.
Le texte concerne les navires à moteur dont l'utilisation est soumise à l'obtention d'un permis plaisance. Les voiliers qui ne nécessitent pas de permis ne sont donc pas directement visés par ces nouvelles dispositions, sauf évolution ultérieure du cadre réglementaire.
L'amendement ne se limite pas à autoriser les contrôles. Il crée également un véritable dispositif pénal applicable à la navigation de plaisance à moteur. Un plaisancier contrôlé avec une alcoolémie égale ou supérieure à 0,80 g/l de sang ou 0,40 mg/l d'air expiré encourt désormais trois ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende. Les mêmes peines sont prévues en cas de consommation de stupéfiants constatée par une analyse salivaire ou sanguine.
Lorsque l'alcool et les stupéfiants sont associés, les sanctions sont aggravées. Les peines maximales atteignent alors cinq ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.
Le texte renforce également les dispositions applicables aux gens de mer. Jusqu'à présent, les sanctions prévues en cas d'alcoolémie étaient inférieures à celles du Code de la route. Elles passent désormais de deux à trois ans d'emprisonnement et de 4 500 € à 9 000 € d'amende. Les marins professionnels disposent également d'un nouveau régime pénal spécifique concernant l'usage de stupéfiants pendant l'exercice de leurs fonctions.
Si les nouvelles infractions sont désormais inscrites dans le Code des transports, leur mise en œuvre nécessitera encore plusieurs étapes réglementaires.
L'amendement autorise le Gouvernement à prendre une ordonnance dans un délai de six mois après la publication de la loi. Celle-ci devra préciser les modalités pratiques des contrôles.
Plusieurs questions restent à définir. Les textes devront notamment préciser quelles autorités seront habilitées à pratiquer les dépistages, dans quelles circonstances les contrôles pourront être réalisés et quelles seront les procédures applicables en cas de refus de se soumettre aux vérifications.
L'ordonnance devra également déterminer les mesures conservatoires permettant d'assurer la sécurité de la navigation lorsqu'un conducteur est déclaré inapte à poursuivre sa route.
Autre évolution attendue, le futur dispositif ne se limitera pas à l'alcool et aux stupéfiants. Le Gouvernement prévoit également d'encadrer la consommation volontaire de substances psychoactives susceptibles d'altérer les capacités de conduite d'un navire.
Pour les plaisanciers, cette phase réglementaire sera déterminante. Elle précisera les conditions concrètes dans lesquelles les unités de la gendarmerie maritime, des affaires maritimes ou des douanes pourront intervenir lors des contrôles.
L'adoption de l'amendement Benjamin ne constitue pas l'aboutissement du dossier. Sophie Panonacle a annoncé son intention de déposer une proposition de loi créant un homicide en mer, sur le modèle de l'homicide routier instauré dans le Code pénal.
L'objectif consiste à adapter la qualification pénale des accidents maritimes les plus graves lorsqu'ils sont provoqués par une consommation d'alcool ou de stupéfiants.
Le texte devra encore suivre le parcours parlementaire classique avant d'être éventuellement adopté. Pour les plaisanciers, cette succession de réformes traduit une évolution plus large de la réglementation maritime. Longtemps centrée sur la prévention, la politique de sécurité en mer s'oriente désormais vers un dispositif plus proche de celui appliqué sur les routes, avec des contrôles, des seuils clairement définis et des sanctions spécifiques.
L'adoption de l'amendement Benjamin rappelle qu'un vide juridique signalé dès 2020 n'a été comblé qu'après le décès de Benjamin Mano, huit ans. Une chronologie qui interroge, tant les contrôles d'alcoolémie et de stupéfiants relèvent de mesures de sécurité qui paraissent aujourd'hui relever du simple bon sens pour tous les usagers de la mer.
Un vide juridique qui concernait les bateaux à moteur soumis au permis
L'une des principales conséquences de cette réforme concerne les conducteurs de bateaux à moteur dont la conduite nécessite un permis plaisance.
Jusqu'à présent, contrairement au Code de la route, aucune disposition spécifique du Code des transports ne définissait un seuil légal d'alcoolémie applicable à ces plaisanciers. Les forces maritimes réalisaient essentiellement des opérations de prévention, sans disposer d'un fondement juridique clair pour procéder à des contrôles systématiques suivis de sanctions pénales.
L'amendement crée désormais deux nouvelles infractions. La première concerne la navigation sous l'emprise d'un état alcoolique. Le seuil retenu est identique à celui appliqué sur la route pour le délit, soit une alcoolémie égale ou supérieure à 0,80 g/l de sang ou 0,40 mg/l d'air expiré.
La seconde vise la conduite d'un navire après consommation de substances ou de plantes classées comme stupéfiants, détectées par analyse salivaire ou sanguine.
Le texte concerne les navires à moteur dont l'utilisation est soumise à l'obtention d'un permis plaisance. Les voiliers qui ne nécessitent pas de permis ne sont donc pas directement visés par ces nouvelles dispositions, sauf évolution ultérieure du cadre réglementaire.
Des sanctions alignées sur celles de la route
L'amendement ne se limite pas à autoriser les contrôles. Il crée également un véritable dispositif pénal applicable à la navigation de plaisance à moteur. Un plaisancier contrôlé avec une alcoolémie égale ou supérieure à 0,80 g/l de sang ou 0,40 mg/l d'air expiré encourt désormais trois ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende. Les mêmes peines sont prévues en cas de consommation de stupéfiants constatée par une analyse salivaire ou sanguine.
Lorsque l'alcool et les stupéfiants sont associés, les sanctions sont aggravées. Les peines maximales atteignent alors cinq ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.
Le texte renforce également les dispositions applicables aux gens de mer. Jusqu'à présent, les sanctions prévues en cas d'alcoolémie étaient inférieures à celles du Code de la route. Elles passent désormais de deux à trois ans d'emprisonnement et de 4 500 € à 9 000 € d'amende. Les marins professionnels disposent également d'un nouveau régime pénal spécifique concernant l'usage de stupéfiants pendant l'exercice de leurs fonctions.
Les contrôles en mer restent encore à organiser
Si les nouvelles infractions sont désormais inscrites dans le Code des transports, leur mise en œuvre nécessitera encore plusieurs étapes réglementaires.
L'amendement autorise le Gouvernement à prendre une ordonnance dans un délai de six mois après la publication de la loi. Celle-ci devra préciser les modalités pratiques des contrôles.
Plusieurs questions restent à définir. Les textes devront notamment préciser quelles autorités seront habilitées à pratiquer les dépistages, dans quelles circonstances les contrôles pourront être réalisés et quelles seront les procédures applicables en cas de refus de se soumettre aux vérifications.
L'ordonnance devra également déterminer les mesures conservatoires permettant d'assurer la sécurité de la navigation lorsqu'un conducteur est déclaré inapte à poursuivre sa route.
Autre évolution attendue, le futur dispositif ne se limitera pas à l'alcool et aux stupéfiants. Le Gouvernement prévoit également d'encadrer la consommation volontaire de substances psychoactives susceptibles d'altérer les capacités de conduite d'un navire.
Pour les plaisanciers, cette phase réglementaire sera déterminante. Elle précisera les conditions concrètes dans lesquelles les unités de la gendarmerie maritime, des affaires maritimes ou des douanes pourront intervenir lors des contrôles.
Le débat s'ouvre désormais sur l'homicide en mer
L'adoption de l'amendement Benjamin ne constitue pas l'aboutissement du dossier. Sophie Panonacle a annoncé son intention de déposer une proposition de loi créant un homicide en mer, sur le modèle de l'homicide routier instauré dans le Code pénal.
L'objectif consiste à adapter la qualification pénale des accidents maritimes les plus graves lorsqu'ils sont provoqués par une consommation d'alcool ou de stupéfiants.
Le texte devra encore suivre le parcours parlementaire classique avant d'être éventuellement adopté. Pour les plaisanciers, cette succession de réformes traduit une évolution plus large de la réglementation maritime. Longtemps centrée sur la prévention, la politique de sécurité en mer s'oriente désormais vers un dispositif plus proche de celui appliqué sur les routes, avec des contrôles, des seuils clairement définis et des sanctions spécifiques.
L'adoption de l'amendement Benjamin rappelle qu'un vide juridique signalé dès 2020 n'a été comblé qu'après le décès de Benjamin Mano, huit ans. Une chronologie qui interroge, tant les contrôles d'alcoolémie et de stupéfiants relèvent de mesures de sécurité qui paraissent aujourd'hui relever du simple bon sens pour tous les usagers de la mer.

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