Pour les 4 amis embarqués sur Toulcoun, un Feeling 416, le canal de Panama marque une étape décisive de leur voyage vers la Polynésie française. Après les eaux turquoise des San Blas, place aux écluses, aux cargos et aux manœuvres millimétrées. Entre préparatifs, formalités et premières émotions, l'équipage nous embarque dans les coulisses de ce passage mythique, qui ouvre la route vers le Pacifique.
Préparer le passage du canal de Panama

Après 10 jours de navigation, l'équipage arrive au Panama. Après des snorkelings resplendissants aux San Blas, et une découverte de la côte Atlantique (Panamarina et Porto Belo), il est temps de passer de l'autre côté !
Le passage a été préparé bien en amont. Il y a déjà plusieurs mois que nous sommes en contact avec une agente, qui organise pour nous le passage.
Il est tout à fait possible de réaliser soi-même les démarches pour passer le canal, mais cela implique beaucoup d'administratif assez complexe puisqu'on échange avec les autorités maritimes panaméennes, de contracter soi-même un « pilote » qui embarquera à bord pour passer le canal, ainsi que de trouver ses pare-battes et aussières (4x40m).

Pour éviter ces contraintes, nous avons fait le choix de passer par "Suzy", agente bien connue des voiliers souhaitant se rendre dans le Pacifique.
Pour tous les bateaux de moins de 65 pieds, passer le canal de Panama coute 3400$ (avril 2026). Il faut cependant rajouter à cela 1060$ de caution, qui seront rendus environ 1 mois après le passage, et les 350$ d'agente. C'est un budget ! On imagine ...
... à peine le prix que paient les compagnies de transport maritime pour le passage des cargos de plus de 150m !
Notre passage est prévu le 26 avril, nous nous rendons donc la veille au mouillage le plus proche, près de la marina de Shelter Bay, en attendant d'être contactés par Suzy. Finalement, nous ne passerons que le 28, ce qui nous laisse un peu de temps pour se préparer et récupérer les aussières et pare-batte (livrés directement à la marina par l'équipe de Suzy). La marina offre quelques services et un shipchandler, ainsi qu'un large espace carrelé et protégé du soleil parfait pour la réparation du solent qui a besoin de nouveaux œillets !
Pour passer le canal de Panama, il faut être au minimum 5 à bord : 1 équipier.e à chaque taquet, et une personne à la barre. Nous avons la chance d'avoir un copain qui a déjà passé le canal et qui est partant pour réitérer l'expérience, pas besoin de faire appel à un handliner extérieur. Nous embarquerons aussi un pilote, qui nous guidera dans les manœuvres et dans le Gatun mais qui ne touche pas à la barre.
Le jour J, aux alentours de 5h du matin, nous nous réveillons, et annonçons à la VHF que nous sommes dans le mouillage, prêts à réceptionner le pilote. Une lumière puissante s'allume dans la nuit, un bateau pilote fonce vers nous. Juste avant qu'on ai l'impression qu'il va nous rentrer dedans, il ralenti et Luis, notre pilote saute à bord !
Dans les minutes qui suivent, on lève l'ancre, et c'est parti ! Il ne fait pas encore jour, les premières lueurs commencent à apparaitre, et nous nous dirigeons déjà vers le premier pont.
Après ce pont, nous prenons la voie de gauche, pour les "petits" cargos et voiliers, celle de droite étant réservée aux unités les plus importantes. Un cargo de 200m est déjà dans l'écluse, nous nous mettons derrière lui. Nous sommes si petits à côté de ces monstres, c'est assez impressionnant !
Nous ne sommes que deux voiliers à passer ce jour-là, un catamaran de 60 pieds et nous. Le catamaran étant plus puissant, c'est lui qui sera "chef de manœuvre".
Une fois amarré à lui sur notre tribord, nous entrons ensemble dans l'écluse.
Rapidement, nous recevons à bord deux pommes de toulines, envoyées par les agents du canal depuis le quai qui se situe plusieurs mètres au-dessus de nos têtes. On les attache à nos aussières de 100m auxquelles on a fait des boucles pour que les agents les récupèrent. Ils mettent la boucle autour d'une bite d'amarrage et à nous de reprendre le mou. Un tour mort suffit, parce que une fois la porte refermée derrière nous, le niveau de l'eau se met à monter rapidement. On reprend l'aussière d'un côté, le catamaran de l'autre, de manière coordonnée sous la houlette de nos pilotes respectifs pour que notre "radeau" reste bien au milieu de l'écluse. Une fois que le bassin à finit de se remplir, on bloque rapidement nos nœuds de taquet. Le cargo devant nous démarre ses moteurs pour rejoindre l'écluse suivante et ça remue. Les bouts tirent, les taquets souffrent ! Une fois qu'il est parti, c'est à notre tour de nous avancer dans l'écluse suivante.
Entre chaque écluse, les agents du canal gardent les aussières à la main et avancent à pied avec les bateaux, jusqu'au bassin d'après. Nous passerons en tout 3 écluses avant d'arriver au lac Gatun, qui se situe environ 26m au-dessus du niveau de la mer. Quand la troisième porte s'ouvre et que nous entrons dans le Gatun, nous laissons définitivement l'Atlantique derrière nous. Un chapitre se termine !
Dans le Gatun, nous avançons au moteur, entre les cargos et portes conteneurs. Nombreux d'entre eux, comme à Shelter Bay, sont à l'ancre. Vision étrange que de côtoyer de ci près ces géants de fer. Comme endormis, ils attendent au milieu d'une réserve naturelle, de ce lac immense entouré de jungle et de faune sauvage. L'eau est marron, trouble, nous guettons les crocodiles aux jumelles, sans succès.
Après 5h de moteur en plein soleil, à suivre le chenal qui balise la traversée du lac Gatun, on arrive aux dernières écluses, celles qui s'ouvrent sur le Pacifique. Tant rêvé, tant attendu, et nous y sommes presque !
De nouveau, nous nous mettons à couple du catamaran, et entrons dans l'écluse. Cette fois ci, nous sommes devant et le même cargo qui était avec nous en début de journée va se mettre derrière nous. Nous nous amarrons de nouveau grâce aux pommes de touline. C'est assez bluffant de précision, mais on comprend mieux pourquoi après être passé devant les stades d'entrainement au lancer, destiné aux agents du canal !
Le cargo arrive derrière nous, on a vraiment l'impression qu'il va nous écraser ; Il s'arrête 20m derrière nous, et les portes se ferment. Cette fois ci, on commence la descente. De nouveau 3 écluses, pour retrouver le niveau de la mer.
Une tribune vitrée a été installée pour permettre aux touristes de venir voir les bateaux qui passent le canal. Ils sont une cinquantaine à nous faire coucou, contents de voir passer nos coques de noix au milieu des géants d'acier ! On a un peu l'impression d'être zoo, on ne sait pas qui sont les singes..
La dernière écluse, la Miraflores est celle qui nous ouvre les portes du Pacifique. Contents d'être le premier bateau, nous sommes aux premières loges pour voir les portes s'ouvrir sur ce nouvel océan et les aventures qui nous attendent !
A 15h, nous sommes sortis, les alligators nous attendaient de ce côté-là, on en aperçoit quelques-uns sur une plage, en train de prendre le soleil. On dépose Luis sur un bateau pilote qui vient de nouveau à notre rencontre et on continue à avancer vers le mouillage, au nord d'Isla Perico. Pendant encore quelques minutes, on côtoie ces immenses cargos, certains chargés de milliers de conteneurs ; Le canal ne dort jamais et le flux est ininterrompu. Nous nous en extrayons enfin et allons jeter l'ancre à côté du bateau de copains passés quelques jours avant nous, on vient de franchir une sacrée étape !

Notre passage est prévu le 26 avril, nous nous rendons donc la veille au mouillage le plus proche, près de la marina de Shelter Bay, en attendant d'être contactés par Suzy. Finalement, nous ne passerons que le 28, ce qui nous laisse un peu de temps pour se préparer et récupérer les aussières et pare-batte (livrés directement à la marina par l'équipe de Suzy). La marina offre quelques services et un shipchandler, ainsi qu'un large espace carrelé et protégé du soleil parfait pour la réparation du solent qui a besoin de nouveaux œillets !
Pour passer le canal de Panama, il faut être au minimum 5 à bord : 1 équipier.e à chaque taquet, et une personne à la barre. Nous avons la chance d'avoir un copain qui a déjà passé le canal et qui est partant pour réitérer l'expérience, pas besoin de faire appel à un handliner extérieur. Nous embarquerons aussi un pilote, qui nous guidera dans les manœuvres et dans le Gatun mais qui ne touche pas à la barre.
Le jour du départ, un pilote monte à bord
Le jour J, aux alentours de 5h du matin, nous nous réveillons, et annonçons à la VHF que nous sommes dans le mouillage, prêts à réceptionner le pilote. Une lumière puissante s'allume dans la nuit, un bateau pilote fonce vers nous. Juste avant qu'on ai l'impression qu'il va nous rentrer dedans, il ralenti et Luis, notre pilote saute à bord !
Dans les minutes qui suivent, on lève l'ancre, et c'est parti ! Il ne fait pas encore jour, les premières lueurs commencent à apparaitre, et nous nous dirigeons déjà vers le premier pont.
Dans les écluses, les voiliers côtoient les cargos
Après ce pont, nous prenons la voie de gauche, pour les "petits" cargos et voiliers, celle de droite étant réservée aux unités les plus importantes. Un cargo de 200m est déjà dans l'écluse, nous nous mettons derrière lui. Nous sommes si petits à côté de ces monstres, c'est assez impressionnant !

Nous ne sommes que deux voiliers à passer ce jour-là, un catamaran de 60 pieds et nous. Le catamaran étant plus puissant, c'est lui qui sera "chef de manœuvre".
Une fois amarré à lui sur notre tribord, nous entrons ensemble dans l'écluse.
Rapidement, nous recevons à bord deux pommes de toulines, envoyées par les agents du canal depuis le quai qui se situe plusieurs mètres au-dessus de nos têtes. On les attache à nos aussières de 100m auxquelles on a fait des boucles pour que les agents les récupèrent. Ils mettent la boucle autour d'une bite d'amarrage et à nous de reprendre le mou. Un tour mort suffit, parce que une fois la porte refermée derrière nous, le niveau de l'eau se met à monter rapidement. On reprend l'aussière d'un côté, le catamaran de l'autre, de manière coordonnée sous la houlette de nos pilotes respectifs pour que notre "radeau" reste bien au milieu de l'écluse. Une fois que le bassin à finit de se remplir, on bloque rapidement nos nœuds de taquet. Le cargo devant nous démarre ses moteurs pour rejoindre l'écluse suivante et ça remue. Les bouts tirent, les taquets souffrent ! Une fois qu'il est parti, c'est à notre tour de nous avancer dans l'écluse suivante.
Entre chaque écluse, les agents du canal gardent les aussières à la main et avancent à pied avec les bateaux, jusqu'au bassin d'après. Nous passerons en tout 3 écluses avant d'arriver au lac Gatun, qui se situe environ 26m au-dessus du niveau de la mer. Quand la troisième porte s'ouvre et que nous entrons dans le Gatun, nous laissons définitivement l'Atlantique derrière nous. Un chapitre se termine !
Le lac Gatun, une traversée au milieu de la jungle
Dans le Gatun, nous avançons au moteur, entre les cargos et portes conteneurs. Nombreux d'entre eux, comme à Shelter Bay, sont à l'ancre. Vision étrange que de côtoyer de ci près ces géants de fer. Comme endormis, ils attendent au milieu d'une réserve naturelle, de ce lac immense entouré de jungle et de faune sauvage. L'eau est marron, trouble, nous guettons les crocodiles aux jumelles, sans succès.
Après 5h de moteur en plein soleil, à suivre le chenal qui balise la traversée du lac Gatun, on arrive aux dernières écluses, celles qui s'ouvrent sur le Pacifique. Tant rêvé, tant attendu, et nous y sommes presque !
Dernières écluses avant le Pacifique
De nouveau, nous nous mettons à couple du catamaran, et entrons dans l'écluse. Cette fois ci, nous sommes devant et le même cargo qui était avec nous en début de journée va se mettre derrière nous. Nous nous amarrons de nouveau grâce aux pommes de touline. C'est assez bluffant de précision, mais on comprend mieux pourquoi après être passé devant les stades d'entrainement au lancer, destiné aux agents du canal !

Le cargo arrive derrière nous, on a vraiment l'impression qu'il va nous écraser ; Il s'arrête 20m derrière nous, et les portes se ferment. Cette fois ci, on commence la descente. De nouveau 3 écluses, pour retrouver le niveau de la mer.

Une tribune vitrée a été installée pour permettre aux touristes de venir voir les bateaux qui passent le canal. Ils sont une cinquantaine à nous faire coucou, contents de voir passer nos coques de noix au milieu des géants d'acier ! On a un peu l'impression d'être zoo, on ne sait pas qui sont les singes..
Les portes du Pacifique s'ouvrent enfin
La dernière écluse, la Miraflores est celle qui nous ouvre les portes du Pacifique. Contents d'être le premier bateau, nous sommes aux premières loges pour voir les portes s'ouvrir sur ce nouvel océan et les aventures qui nous attendent !

A 15h, nous sommes sortis, les alligators nous attendaient de ce côté-là, on en aperçoit quelques-uns sur une plage, en train de prendre le soleil. On dépose Luis sur un bateau pilote qui vient de nouveau à notre rencontre et on continue à avancer vers le mouillage, au nord d'Isla Perico. Pendant encore quelques minutes, on côtoie ces immenses cargos, certains chargés de milliers de conteneurs ; Le canal ne dort jamais et le flux est ininterrompu. Nous nous en extrayons enfin et allons jeter l'ancre à côté du bateau de copains passés quelques jours avant nous, on vient de franchir une sacrée étape !

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