Toulcoun en Équateur : une escale technique qui se prolonge

Toulcoun au mouillage à Esmeraldas
Toulcoun au mouillage à Esmeraldas © Alice M

Contraint de renoncer provisoirement à sa route vers les Gambier après une panne de pilote automatique, l'équipage de Toulcoun a mis le cap sur l'Équateur. Mais cette escale technique, envisagée comme une simple parenthèse, se révèle plus compliquée que prévu. Entre contrôles militaires, formalités coûteuses et accès délicat aux mouillages, les quatre navigateurs vont devoir prendre leur mal en patience avant de retrouver le large.

Vous n'avez jamais rien lu (ou presque) sur la navigation en Equateur ? Nous non plus et on a compris pourquoi !

Premier arrêt : Esmeraldas

On arrive dans une embouchure de rivière, on slalome entre les troncs d'arbres, dans une eau pleine de sédiments. Comme indiqué dans le livre de Jimmy Cornwell, on s'annonce à la VHF, on nous répond d'attendre un peu à l'extérieur, qu'on va venir nous guider pour entrer dans le port de pêche. En effet, il y a un seuil à passer et il faut attendre que la marée monte un peu.

L'arrivée sur Esmeraldas
L'arrivée sur Esmeraldas

Une heure plus tard, un bateau de la capitainerie vient nous chercher, nous fait signe de le suivre et nous fait rentrer dans le port de pêche. On nous indique de mouiller au milieu des barques de pêcheurs qui sont amarrées sur des dizaines de petits pontons en bois. C'est plutôt joli, les pêcheurs qui passent nous saluent, on est contents d'être arrivés !

Assez vite, on comprend que ça ne va pas être si simple ! En Equateur, c'est l'armée qui gère les ports, et du fait de la guerre contre la narco-traffic et la proximité avec la Colombie, la sécurité est plus que renforcée. A peine mouillés, un bateau militaire vient se mettre à couple. A son bord, une dizaine de personnes qui portent un masque, trois qui nous filment. On compte un médecin, deux personnes des douanes et six ou sept militaires en treillis. Le médecin monte à bord, nous demande quelques généralités sur notre état de santé. On ne s'était pas vraiment intéressés à la question, mais au même moment l'hantavirus commençait à faire peur aux autorités sanitaires, d'où, on imagine, leur inquiétude de nous voir arriver là sans s'être annoncé. Une fois rassurés sur le fait qu'on allait bien, les militaires montent à bord et commencent à inspecter le bateau. Pourquoi nous sommes ici ? Qu'est-ce qui nous empêche de naviguer ?

En Equateur, tous les bateaux qui souhaitent faire escales doivent se signaler en amont au gouvernement. Les règles qui s'appliquent aux Galapagos s'appliquent désormais à l'ensemble du territoire et donc les voiliers doivent s'acquitter de plusieurs taxes, notamment un "autografo" dont la valeur varie entre 1000 et 3000$. Nous avons réussi à faire passer notre arrivée dans le pays en "arribo forzoso" et donc à ne pas payer ce montant ! Nous aurions sinon continué sans pilote ! ...

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