Route du Rhum 2014 - Le malheur de Thomas Coville

© A.COURCOUX

Thomas Coville est entré en collision avec un cargo hier soir à 23 h 30 en Manche, entraînant l'arrachement de l'avant du flotteur tribord et abîmant l'étrave de la coque centrale. C'est la fin de l'aventure pour celui qui était annoncé comme favori de cette 10ème édition et qui s'était préparé pendant plus d'un an.

Il est arrivé dans le port de Roscoff ce lundi 3 novembre peu avant 13 heures, accueilli par plusieurs centaines de personnes. Thomas Coville a réussi à rentrer seul mais à faible vitesse pour se mettre en sécurité. Traumatisé par le choc qu'il vient de vivre il est revenu sur les circonstances de la collision, alors qu'il menait la danse, en duel avec Loïck Peyron.

Crédit photo : A.COURCOUX

"Avec Sodebo, depuis que nous avons récupéré puis transformé Geronimo il y a plus d'un an, j'ai l'impression d'être au bon endroit au bon moment et, aujourd'hui, c'est l'inverse qui s'est passé. J'ai la sensation d'être un accidenté de la route, d'avoir percuté un camion avec une moto. J'étais en train de m'écarter du DST, la zone de trafic maritime qui nous est interdite. J'allais vite et, comme un peu plus tôt, j'ai eu un petit souci à l'avant, j'avais décidé avec Jean-Luc Nélias de remettre du charbon et je revenais fort sur Loïck Peyron (Maxi Banque Populaire VII). J'étais très à l'aise. Quand tout d'un coup, une alarme moteur pour faire une charge batterie s'est allumée (cette énergie sert notamment à faire fonctionner le pilote automatique). Je suis rentré à l'intérieur du bateau car j'étais surpris d'être obligé de faire une charge au bout de 8 heures seulement. Il n'y avait rien d'anormal. Je suis remonté et là, j'ai bien vu sur mon écran qu'il y avait deux cargos proches de moi. Il faut savoir que, de nuit, dans les grains et la houle, la visibilité était réduite et que, dans ces cas-là, nous naviguons beaucoup à l'écran sur nos bateaux. Un peu comme les pilotes d'avion ou les contrôleurs aériens qui travaillent au radar. Mon pilote automatique était en "mode vent" et mon bateau évoluait donc en fonction du vent et des vagues. J'avançais à 25 nœuds, le cargo à 18 nœuds. Nous avions donc une vitesse de rapprochement de 40 nœuds et j'ai fait les deux milles en question en 1 minute 30. Je ressors de la cabine après avoir démarré le moteur et au moment où je lève la tête, je vois ce mur noir passer devant moi et je touche le cargo à 3 mètres seulement de son arrière. Cela ne passait pas mais cela aurait pu passer à trois mètres près."

Crédit photo : A.COURCOUX
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