Le Tarzan, dernier gangavier de méditerranée, exposé à Brest 2016

Convoyée à Brest en mars dernier, la coque du Tarzan est exposée lors des fêtes maritimes de Brest 2016

Cette goélette d'inspiration napolitaine pratiquait la pêche aux éponges en 1950 à Sfax. Classée aux monuments historiques, elle va être restaurée sur le chantier du Guip.

À Brest 2016, William Chérino nous a raconté l’histoire du Tarzan, le dernier représentant des flottilles de gangaviers de méditerranée. Les gangaviers pratiquaient la pêche d’éponges. Ils trainaient de grands filets à crochets de métal qui grattaient le fond de la mer pour pêcher des éponges naturelles.

Goélette d’inspiration napolitaine, le Tarzan a été armé à la pêche aux éponges en 1950 à Sfax, en Tunisie. Mais en 1957, lors de l’abolition de la Monarchie et l’instauration de la République par Habib Bourguiba, le Tarzan quitte la Tunisie avec cinq autres goélettes de pêche. Les goélettes virent sur Malte avant de rejoindre les côtes de Sicile pour enfin rejoindre la France.

Arrivée du Tarzan à Sète en 1957

Les bateaux arrivent à Sète en 1957. À l’époque, les pêcheurs sétois possèdent de petits bateaux de 15 mètres avec des moteurs de 90 chevaux. Les Tunisiens, eux, arrivent avec leurs goélettes de 23 mètres et des motorisations de 160 chevaux. À la différence des pêcheurs sétois, qui pêchent au chalut sur le côté, les Tunisiens pêchent au chalut par l’arrière.

L’arrivée des pêcheurs tunisiens provoque la fronde des pêcheurs sétois qui craignent la concurrence de ces navires plus puissamment armés. Les gangaviers sont alors désarmés. Le Tarzan sera réarmé à la pêche en 1962 avec un équipage rapatrié d’Algérie. Les Sétois acquièrent de nouvelles techniques de pêche et construisent de nouveaux bateaux sur le modèle des goélettes. C’est ainsi que Sète devient en 1964 le premier port de pêche de méditerranée française.

Le Tarzan classé au titre des monuments historiques

Désarmé en 1980, le Tarzan est passé aux mains d’un plaisancier avant d’être racheté par William Chérino. En 2006, le Tarzan a été inscrit à l’inventaire des monuments historiques. L’objectif de William Chérino est de remettre le bateau dans son état d’origine avec son gréement de goélette mistic. L’association Les Amis du Tarzan, créée à cet effet, est en contrat avec le chantier du Guip qui va démarrer la restauration. Convoyée à Brest en mars dernier, la coque du Tarzan est exposée lors des fêtes maritimes.

William Chérino

 

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Anne-marie Dime - 20 Juillet 2016
Une bonne nouvelle que la restauration de Tarzan ! Merci pour lui !
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