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Interview : Germain Kerleveo "J'ai l’impression que c'est un projet d’égoïste, car ce n'est que pour ma pomme, mais on est vachement entouré"

Germain Kerleveo a tout investi dans cette Mini-Transat 2017. Il nous l'explique dans cette interview réalisée la veille du départ sur son Pogo 3 numéro 913.

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Qu’est-ce qui t’a motivé à te lancer dans le circuit de la Mini-Transat ?

J’ai connu le mini en 2013 quand j’étais préparateur du Magnum 747 à l’étrave ronde avec Giancarlo [Pedote, 2eme de la mini transat 2013 en prototype NDLR]. Du coup j’ai connu tout le milieu des ministes. L’ambiance était sympa. J’avais fait l’AG2R en 2012, mais c’était un circuit plus pro, même si je la faisais en touriste et je trouve l’ambiance des Mini beaucoup plus sympa. On trouve de tout, aussi bien des chômeurs que des gens qui ont monté leur boite ; des jeunes de 20 ans et des retraités de 62 ans. Quand on parle de  "l’esprit mini", il existe vraiment. C’est vraiment un truc à part.

Tu étais vétérinaire, comment ça se passe quand on quitte tout pour faire du bateau ?

Je n’ai pas tout quitté pour faire la Mini, j’avais déjà tout quitté en 2012.

J’ai fait véto, j’ai terminé en 2006, j’ai bossé 2 ans puis j’ai déménagé en Bretagne pour devenir préparateur. Virbac qui est un laboratoire vétérinaire sponsorise Jean Pierre Dick qui est aussi vétérinaire. Quand je bossais dans le Pas-de-Calais comme vétérinaire rural j’ai eu l’occasion d’aller 3 jours sur Les Sables-d’Olonne avant le départ du Vendée Globe et j’ai rencontré plein de monde qui bossaient dans la voile et je me suis dit : "c’est ça que je veux faire". J’étais plus passionné par la mer que par les vaches.

Je marche pas mal aux rencontres, j’ai rencontré un ancien ministe, Damien Cloarec qui a couru 4 ans sur le circuit et qui m’a dit : "ce bateau est à louer, c’est un des derniers bateaux dispo si tu veux faire la Mini 2017 c’est celui-là qu’il te faut". J’ai loué ce bateau l’année dernière, en avril 2016, il sortait de chantier. C’est un Pogo 3, donc un bateau dernier cri.

Je l’ai loué 2 ans. La première année pour me qualifier, j’ai fait les Sables Les Açores. J’ai accumulé beaucoup de milles, du coup je n’étais plus soumis à la liste d’attente. Parce qu’il y a une liste d’attente énorme pour faire la Mini.

Germain Kerleveo sur la Mini-Transat

As-tu trouvé ce que tu étais venu chercher chez les Mini ?

Oui carrément ! D’ailleurs, ce qu’il y a de plus marrant ce sont les courses avec escales comme la Transgascogne où on s’arrête en Espagne ou Les Sables-Les Açores, on s’arrête aux Açores et là c’est ambiance colonie de vacances. On est tous au port, on dort tous dans les bateaux, c’est super sympa.

Germain Kerleveo sur la Mini-Transat

As-tu vécu des moments de galères ?

Des moments de galères on en a tous. Par exemple cet hiver j’ai eu beaucoup de mal à trouver des sponsors, j’ai dû vendre ma maison pour faire ce projet. Donc cet hiver j’ai arrêté les entrainements à Lorient, du coup le moral était au plus bas. On s’est décidé à vendre la maison parce que si je choisissais de ne pas faire la Mini en 2017, mais en 2019, on repartait pour deux ans de galère.

Germain Kerleveo sur la Mini-Transat

T'es-tu senti soutenu dans ce projet ?

Oui je me suis senti vachement soutenu. Je n’aurais jamais fait ça "tout seul". Même si j’ai l’impression que c’est un projet d’égoïste, car ce n’est que pour ma pomme. On est quand même vachement entouré parce qu’on fait rêver les gens. Tout le monde est à fond derrière nous. C’est clairement une motivation.

Germain Kerleveo sur la Mini-Transat

As-tu personnalisé un peu ton bateau ?

Pas plus que ça. Il me manquait du budget et du temps donc j’ai fait au plus simple. Je pense avoir un bateau fiable, je n’ai jamais abandonné de course depuis un an et demi, mais je ne suis pas parti dans du pignolage comme ont pu le faire certains Pogo 3 qui sont plus que nickel.

 

Et toi, le skipper, tu es dans quel état d’esprit au jour du départ ?

Stressé, je pense que je serai plus détendu à l’arrivée. Je prépare ça depuis un an et demi. Aujourd’hui on y est. Ça fait une semaine qu’on est sur le village et c’est usant, il y a du bruit tout le temps, du monde, on est très sollicité, le téléphone n’arrête pas de sonner… C’est super sympa, mais je serai content une fois sur l’eau.

Reportage : Clarisse Crémer

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