La Golden Globe Race, la course autour du monde la plus difficile ?

Le français Antoine Cousot

À peine 23 jours de course sur les 300 que va compter la Golden Globe Race et déjà 3 abandons, deux escales et un départ hors course… Naviguer à l'ancienne serait-il la chose la plus difficile à accomplir ?

Une course hommage

La Golden Globe Race est un tour du monde en solitaire à "l'ancienne". C'est-à-dire que les participants naviguent sur des bateaux de 32 à 36 pieds (9,75 – 10,97 m) conçus avant 1988, et possédant une quille longue avec un gouvernail attaché. À bord, pas d’ordinateurs, de GPS, de téléphone par satellite, ni de dessalinisateur.

Les skippers naviguent au sextant sur des cartes papier, déterminent leurs prévisions météo, tiennent leur journal de bord à la main et informent le monde extérieur de leur progression via la propagation des ondes courtes et le réseau mondial des radio-amateurs quand ils le peuvent… Bref, un vrai retour à "l'âge d'or" de la voile en solitaire, en hommage à la Golden Globe du Sunday Times en 1968/69 remportée par Sir Robin Knox-Johnston, qui devenait alors le premier marin à réaliser un tour du monde en 312 jours…

Des difficultés techniques et émotionnelles

Partis le 1e juillet 2018 des Sables-d'Olonne, les 18 skippers engagés en bavent ! Difficultés techniques et mécaniques, moral en berne rythment leur quotidien… Après 25 jours de mer, ils sont déjà 3 à avoir abandonnés, 2 à courir dans la catégorie Chichester et 1 qui s'est retiré de la course pour y prendre part de manière indépendante, dans la catégorie "Carozzo".

Deux "Chichester"

Les skippers qui enfreignent les règles de course une fois : sans assistance, sans électronique et sans escale continuent leur tour du monde, mais intègreront le classement "Chichester" au classement final, comme s'ils avaient, au final, fait un arrêt pendant leur tour du monde.

On retrouve dans cette catégorie l'américain Istvan Kopar et le français Antoine Cousot qui a rencontré rapidement des problèmes de régulateur d'allure. Trop impacté par ce problème technique, il a décidé de faire un stop à la Marina Rubicon pour effectuer des réparations.

"J'avais besoin de faire une pause juste pour soulager la pression. C'était important pour moi de m’assurer mentalement que tout fonctionne… Et c'était bien de prendre un hamburger et une bière ! C'est un défi personnel – une grande aventure. Vous n'avez aucune idée, même en lisant le livre de Moitessier et ceux des autres navigateurs en solitaire, sur ce que c'est que d'être seul. Ils parlent de la mer et de l'environnement, mais ils ne parlent pas de ce qui se passe à l'intérieur" expliquait le français lors de son escale.

Le 23 juillet, l'Américano-Hongrois Istvan Kopar changeait de catégorie en stoppant à Sao Vincente, aux iles du Cap-Vert, pour réparer ou remplacer le régulateur d'allure de son Tradewind 35 Puffin.

Le Tradewind 35, Puffin d'Istvan Kopar

Un "Carozzo"

Ceux qui enfreignent les règles deux fois ont obligé de se retirer de la course, n'ayant plus aucune obligation de respecter les règles de course et continuent de courir dans la catégorie "Carozzo". Ils peuvent embarquer des outils de navigation modernes incluant le GPS et le téléphone satellite.

L'italien Francesco Cappelletti qui devait encore passer les contrôles de sécurité et réaliser 3 jours de navigation en solitaire le jour du départ de la course a finalement annoncé son retrait de la course le 5 juillet. Il a donc pris le départ de la course en catégorie "Carozzo" le 23 juillet dernier.

Trois abandons

Le premier abandon a été signifié le 6 juillet dernier par le skipper anglais né turc Ertan Beskardes, trop impacté par le manque de communication familiale, comme il l'expliquait peu après sur les réseaux sociaux.

"Ne pas parler à ma famille régulièrement pour partager mes expériences quotidiennes a malheureusement rendu cette expérience vide de joie et de bonheur. Ces sentiments ont empiré jusqu'à ce que plus rien n'importe à part leur parler. Je n'étais pas prêt pour cette expérience et cette décision fut la plus dure que j'ai jamais prise dans ma vie. J’aime la voile en solitaire, mais je me suis senti vraiment seul sans contact."

Kopar

Le 15 juillet, l'alpiniste et aventurier australien Kevin Farebrother se retirait de la course à son tour, désabusé par la navigation en solitaire et le manque de sommeil.

"Je ne suis pas fait pour la voile en solitaire." Il a dit aux organisateurs qu'il ne pouvait pas envisager de descendre dormir dans le cockpit. "Pour moi, c'est comme se mettre à l'arrière d'une voiture en mouvement pour dormir quand personne n'est au volant. En conséquence, j'ai très peu dormi ces deux dernières semaines… Mon bateau est maintenant à vendre !"

Nabil Amra, le concurrent américano-palestinien à bord du Biscay 36 Liberty II qui a cassé son système de guidage était obligé de faire escale pour réparer. Alors qu'il se frayait un chemin à travers les vents de 35 nœuds en route vers Ténérife, le Palestinien expliquait : "Le vent et les vagues dans les dents… la voile est plus agréable avec des amis." Avant de poursuivre "Violemment malade maintenant." Il a pris la décision de ne pas continuer.

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