ARC 2019 : 192 voiliers au départ de Las Palmas pour une transat

La catégorie Cruising autorise l’usage du moteur. Elle rassemble 65% de la flotte. © E. van Deth

Régatiers, multicoques ou croiseurs, ils ont quitté le 24 novembre 2019 les Canaries avec 2 700 milles à courir devant leurs étraves avant de rallier l’île de Sainte-Lucie. L’alizé était de la partie, le soleil aussi ! Nous étions au départ pour leur souhaiter bon vent.

L’ARC, qu’est ce que c’est ? Le plus grand rallye transatlantique du monde, tout simplement. Et la ligne de départ à la sortie du port de Las Palmas a beau être immense, le spectacle d’une flotte de près de 200 voiliers sous spi est impressionant… Cette épreuve, à laquelle on participe en mode course ou non, fête sa 34ème édition. L’ARC, se pose comme le leader incontesté du genre : face à lui, de nombreux organisateurs – RIDS et Atlantic/Carribean Odyssey - montent (ou remonte, pour Jimmy Cornell) des projets similaires, mais ne rassemblent pas plus 30 voiliers. L’ARC, lui, est à l’inverse victime de son succès. Et la présence toujours plus forte des multicoques compliquent encore l’accueil dans les ports. Un catamaran prend la place de deux monocoques… Sans parler des trimarans !

Andrew Bishop, le big boss, a dû se résoudre faute de place dans la marina de Las Palmas, à organiser trois épreuves distinctes… La première, l’ARC +, comptait 90 participants – contre 72 l’an passé, lesquels ont quitté Las Palmas le 11 novembre, cap sur Mindelo, au Cap Vert, pour un nouveau départ vers Sainte Lucie le 20 novembre. Le tout nouveau ARC+ Saint-Vincent est décalé de quatre jours du premier et rejoint Saint-Vincent. Enfin le troisième départ est celui auquel nous avons assisté : c’est l’ARC historique…

Cette édition 2019 rassemble 192 voiliers de 35 nationalités différentes, répartis en plusieurs catégories. Les 26 régatiers purs n’ont pas droit d’utiliser le moteur. Les autres – 125 monocoques et 40 catamarans, si. Une savante formule permet néanmoins de classer les croiseurs, tenus de communiquer – sans tricher s’il vous plait ! - leur temps de moteur quotidien. Une quatrième classe est ouverte à ceux qui se considèrent hors compétition. Le gros des troupes est constitué de voiliers anglais (presqu’un tiers de la flotte), puis américains et enfin allemands. Les Français sont moins présents que l’année dernière – 7 bateaux contre 10 l’an passé et 16 pour l’édition 2017.

L’escale à Las Palmas permet également de refaire les pleins et de réparer – ou acheter des équipements supplémentaires. Chaque année, plus de 1 000 voiliers font escale à Gran Canaria. Cette île, comme sa sœur Ténérife, est idéalement située sur la trajectoire des alizés avant le grand saut de la Transat. Après une semaine à terre – voire plus pour ceux qui sont restés à bord depuis leur navigation estivale depuis la Méditerranée ou nos côtes Atlantique - pour préparer les voiliers, c’est l’heure du grand saut, cap à l’ouest-sud-ouest pour rejoindre l’île de Sainte Lucie, à 2 700 milles devant les étraves.

De nombreux équipages, avant d’appareiller, ont peint un dessin, un logo ou quelques mots sur le quai inférieur et la jetée de la marina, en souvenir de leur passage.

Principal objectif pour les participants de l’ARC 2019, traverser l’Atlantique sans encombre. Car la plupart des skippers et des équipiers sont unanimes ou presque : la navigation en flottille, comparée à une navigation libre, est un gage de sécurité. Les organisateurs, en contact quotidien avec tous les skippers, sont à même de faire intervenir un voilier tout proche en cas de naufrage, démâtage ou bris de safran.

Sécurité exigée

L’ARC exige en effet un équipement très complet. Chaque bateau doit donc être en mesure de donner sa position tous les jours. Balises, gilets auto-gonflants, lignes de vie : le poste sécurité est passé au crible par les organisateurs.

Combien ça coûte ?

En moyenne, une inscription à l’ARC coûte 1 500 euros. Ces frais importants sont en partie amortis par les tarifs portuaires, plus avantageux. L’impressionnante flotte, diminuée de seulement huit voiliers qui ont retardé leur transat, a pris le départ dans d’excellentes conditions – petite houle de Nord-Ouest et grand soleil comme prévu. Avec un alizé établi à 12 nœuds, les voiliers sous spi se sont vite éparpillés sur l’horizon. Les autres, sous génois tangonné, filaient logiquement moins vite. Nous les retrouveront très prochainement de l’autre côté de l’Atlantique !

L’ARC 2019 en chiffres

 

  • 18 à 21 jours : c’est le temps moyen qu’il faudra pour couvrir les 2 700 milles du parcours.
  • 192 voiliers sont inscrits. 4 ont pris le départ avec du retard.
  • 10,00 m, c’est la taille du plus petit voilier, le Fango Falema, mené par l’Allemand Dirk Dinjus.
  • Le plus grand voilier est Ulisse, un one off de 32 m, propriété de Patrizio Bartelli, le patron de Prada.
  • La longueur moyenne des bateaux est de 15,48 m, contre 15,36 en 2018 et 14,30 m en 2008.
  • 11 ans : c’est la moyenne d’âge des voiliers de la flotte – 12 ans lors de la précédente édition.
  • 26 unités sont des Bénéteau. Le chantier vendéen est le plus représenté.
  • 40 multicoques sont inscrits, contre 35 l’an passé et 15 en 2008. Les plus représentés sont les Lagoon, avec 17 unités.
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