Le Parc marin de la Côte Bleue : un écrin pour la biodiversité marine aux portes de Marseille

Le parc marin de la Côte Bleue a été l'un des premiers à avoir été créé sur le littoral méditerranéen. Fondé en 1983, il s'étend sur 15 000 hectares entre Marseille et Martigues, et abrite une grande diversité de faune et de flore marine. Entretien avec sa directrice, Marie Bravo-Monin.

Une initiative locale

Fondé en 1983, le Parc Marin de la Côte Bleue trouve ses origines dans l'initiative d'acteurs locaux associés aux pêcheurs professionnels soucieux de préserver leur environnement de travail.

Les premiers projets sont mis en place dès 1985, avec la mise en place de récifs artificiels de production et de protection dans la bande côtière comprise entre Niolon et Sausset-les-Pins, sur la base de financements européens.

En 1993, la réserve est agrandie sur tout la bande côtière comprise entre Marseille et Martigues.

©parcmarindelacotebleue
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En 2000, la création du syndicat mixte Parc Marin de la Côte Bleue apporte une forme juridique d'établissement public, qui implique des collectivités territoriales et la pérennité de la structure, qui sera suivi en 2003 de la mise en place d'un conseil scientifique.

En 2018, le parc est inscrit sur la liste verte de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Ce label valorise l'efficacité de la gouvernance et de la gestion de certaines aires protégées.

Un retour de la biodiversité

Le parc comporte deux zones sanctuarisées dans lesquelles la pêche, la plongée en bouteilles ou le mouillage sont interdits, le tout inclus dans une zone plus grande, classée Natura 2000. Celles-ci sont situées au large de Carry-Le-Rouet et du Cap Couronne.

©parcmarindelacotebleue
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Matérialisées par des bouées, mentionnées sur les cartes du SHOM, ces deux zones à réglementation forte sont devenues des modèles de biodiversité dans une Méditerranée qui a beaucoup souffert de l'activité humaine.

Les missions du parc

©parcmarindelacotebleue
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Les objectifs du Parc sont multiples. Ses missions principales sont la connaissance et la gestion du territoire, mais également la sensibilisation et l'éducation des scolaires. Depuis sa création, près de 27 000 élèves ont été sensibilisés à la cause, comme nous l'explique Marie Bravo-Monin :

"Durant toute l'année scolaire, nous expliquons aux élèves tous les métiers de la mer et la biodiversité marine. Nous essayons de les sensibiliser au parallèle entre le terrestre et le maritime. Car tout est lié. On reproduit les actions à terre et en mer, ou inversement".

Un réseau de sentinelles est à l'affut de comportements pouvant nuire à la bonne santé du parc, particulièrement en période estivale.

"Comme un peu partout sur le littoral français, les fréquentations touristique et marine sont en hausse pendant la période estivale. Les bateaux sont de plus en plus grands, et nous menons des actions de sensibilisation et de communication à l'attention du grand public et des plaisanciers. Nous sommes là pour échanger, pas pour sanctionner. Mais nous sommes constamment en contact avec les Affaires Maritimes, la Gendarmerie Maritime ou la Police Municipale, en fonction de la zone concernée. Notre objectif est de profiter du milieu en bonne intelligence, en limitant les conflits d'usage".

Et les comportements répréhensibles ont de graves conséquences sur certaines espèces :

"Hors saison estivale, la pêche à l'oursin est très appréciée dans le secteur. Mais la survie de l'espèce est mise en danger par des comportements des braconniers. Une équipe arrêtée récemment, avait ramassé près de 1 000 oursins en quelques heures !"

L'été, l'équipe propose également au grand public de découvrir les fonds marins :

"Tous les étés, durant les mois de juillet et août, des visites guidées de surface sont organisées dans la réserve marine de Carry-le-Rouet.

Cette activité gratuite a pour but de faire découvrir à l'aide d'un masque et d'un tuba, la richesse des petits fonds marins côtiers, et de sensibiliser les personnes qui fréquentent la Côte Bleue sur le rôle et l'importance d'une zone marine protégée."

Une approche scientifique

En collaboration avec le Centre océanographique de Marseille et l'Ifremer, l'équipe mène chaque année différentes études de recherche scientifique. Composée de 8 salariés, tous des plongeurs professionnels, elle veille également sur le plus grand herbier de posidonie des Bouches du Rhône.

"La posidonie est une espèce "clé de voute", prépondérante dans la production d'oxygène. Elle doit être protégée car elle pousse lentement, de l'ordre de 2 à 3 cm par an. C'est un abri naturel pour de nombreuses espèces. Mais elle est très sensible aux variations de températures. Et en 10 ans, l'équipe du Parc a observé à une hausse de 2 degrés de la température de l'eau en hiver".

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