Une collision spectaculaire a marqué les Championnats du monde de 49er FX en baie de Quiberon. Un voilier de croisière a traversé le parcours alors que la flotte déboulait au portant à plus de 20 noeuds. L'incident rappelle une question fréquente du permis bateau : un voilier extérieur à une régate est-il prioritaire face à des concurrents lancés à pleine vitesse ?
Les images ont surpris. Au milieu d'une flotte de 49er FX déboulant sous spi dans plus de 25 nœuds de vent, un voilier de croisière a traversé le parcours de régate. Quelques secondes plus tard, l'équipage français composé de Chloé Revil et Albane Dubois, entrait en collision avec le croiseur avant que les espagnoles Alicia Fras et Elena Barrio Garcia, incapable d'éviter le crash, ne dessale à son tour.
L'accident n'a pas fait de blessés mais quelques dégâts matériels, et a obligé les deux binômes à abandonner la manche. GV déchirée pour les Françaises, dérive endommagée pour les Espagnoles. Et surtout, un cas d'école particulièrement intéressant pour la rubrique permis bateau.
Premier point essentiel : un bateau qui ne participe pas à une régate n'est pas soumis aux règles de course de World Sailing. Il reste soumis au RIPAM, le règlement ...
... international pour prévenir les abordages en mer. Dans le cas présent, le voilier de croisière naviguait au travers tribord amure. Les 49er FX descendaient eux aussi tribord amure au portant sous gennaker.
Sur le strict plan du RIPAM, deux voiliers naviguant sur la même amure doivent appliquer la règle du bateau sous le vent prioritaire sur le bateau au vent. Le voilier de croisière était donc prioritaire. Mais cette lecture devient rapidement insuffisante dans un contexte de régate à très haute vitesse. Car un 49er FX lancé au portant dépasse facilement 20 nœuds avec des accélérations brutales. À cette vitesse, dans le feu de l'action et le jeu de la régate, tout va très vite.
Même lorsqu'aucune interdiction officielle de navigation n'existe pas, traverser un parcours de régate demande une vigilance maximale pour le navire qui n'est pas en course. Dans ces conditions, un voilier de croisière classique devient un obstacle difficile à anticiper, surtout lorsqu'il arrive perpendiculairement à la flotte.
Le photographe Jesus Renedo de Sailing Energy, présent sur l'eau, résumait ainsi la situation d'une journée très complexe à gérer pour les équipages : " En quinze ans à photographier les skiffs, je n'avais jamais vu une journée pareille" Les séquences photo montrent d'ailleurs le croiseur poursuivant sa route au milieu des spinnakers colorés, visiblement sans mesurer la vitesse d'approche des concurrents.
C'est un point fondamental du permis côtier comme du hauturier : même prioritaire, un navire doit agir pour éviter la collision. Le RIPAM précise qu'aucune règle de priorité n'autorise à maintenir une route conduisant manifestement à l'abordage. Chaque chef de bord conserve une obligation permanente de veille et d'anticipation.
Dans une situation comme celle de Quiberon, les deux parties devaient donc tenter d'éviter l'accident. Mais les capacités de manœuvre réelles diffèrent énormément entre un croiseur de plusieurs tonnes et un skiff olympique volant au surf sous gennaker.
Sur ls clichés réalisés par l'équipe de Sailing Energy, on peut voir le voilier de croisière couper la route au travers, puis abattre en grand une fois qu'il avait dépassé l'axe de progression de la tête de flotte, déstabilisant ainsi les concurrentes qui suivaient.
Un voilier de croisière au travers peut lofer légèrement ou ralentir. Un 49er FX lancé à pleine vitesse dans une rafale dispose de beaucoup moins d'options immédiates, surtout au milieu d'une flotte compacte. C'est précisément ce qui explique le second incident avec l'équipage espagnol ESP73. En suivant à très courte distance dans le même couloir de vent, les Espagnols n'ont pas eu le temps matériel d'éviter les débris et les bateaux arrêtés.
Les grandes compétitions internationales mettent généralement en place des zones de sécurité autour des parcours. Semi rigides comité, pavillons et annonces VHF servent à éloigner les plaisanciers du champ de course.
Mais en pratique, ces dispositifs ne suffisent pas toujours, surtout dans des zones de navigation très fréquentées comme la baie de Quiberon au printemps. Pour les plaisanciers, la règle reste simple : lorsqu'un parcours de régate est visible, mieux vaut largement le contourner, même si aucun arrêté n'interdit officiellement le passage.
Car face à des dériveurs olympiques ou des catamarans à foil, les vitesses et les trajectoires n'ont plus grand chose à voir avec celles d'une navigation de croisière classique.
Sur le strict plan du RIPAM, deux voiliers naviguant sur la même amure doivent appliquer la règle du bateau sous le vent prioritaire sur le bateau au vent. Le voilier de croisière était donc prioritaire. Mais cette lecture devient rapidement insuffisante dans un contexte de régate à très haute vitesse. Car un 49er FX lancé au portant dépasse facilement 20 nœuds avec des accélérations brutales. À cette vitesse, dans le feu de l'action et le jeu de la régate, tout va très vite.
Traverser un parcours de régate reste une manœuvre risquée
Même lorsqu'aucune interdiction officielle de navigation n'existe pas, traverser un parcours de régate demande une vigilance maximale pour le navire qui n'est pas en course. Dans ces conditions, un voilier de croisière classique devient un obstacle difficile à anticiper, surtout lorsqu'il arrive perpendiculairement à la flotte.
Le photographe Jesus Renedo de Sailing Energy, présent sur l'eau, résumait ainsi la situation d'une journée très complexe à gérer pour les équipages : " En quinze ans à photographier les skiffs, je n'avais jamais vu une journée pareille" Les séquences photo montrent d'ailleurs le croiseur poursuivant sa route au milieu des spinnakers colorés, visiblement sans mesurer la vitesse d'approche des concurrents.
Les règles de priorité ne remplacent jamais l'obligation d'éviter l'abordage
C'est un point fondamental du permis côtier comme du hauturier : même prioritaire, un navire doit agir pour éviter la collision. Le RIPAM précise qu'aucune règle de priorité n'autorise à maintenir une route conduisant manifestement à l'abordage. Chaque chef de bord conserve une obligation permanente de veille et d'anticipation.
Dans une situation comme celle de Quiberon, les deux parties devaient donc tenter d'éviter l'accident. Mais les capacités de manœuvre réelles diffèrent énormément entre un croiseur de plusieurs tonnes et un skiff olympique volant au surf sous gennaker.
Sur ls clichés réalisés par l'équipe de Sailing Energy, on peut voir le voilier de croisière couper la route au travers, puis abattre en grand une fois qu'il avait dépassé l'axe de progression de la tête de flotte, déstabilisant ainsi les concurrentes qui suivaient.
Un voilier de croisière au travers peut lofer légèrement ou ralentir. Un 49er FX lancé à pleine vitesse dans une rafale dispose de beaucoup moins d'options immédiates, surtout au milieu d'une flotte compacte. C'est précisément ce qui explique le second incident avec l'équipage espagnol ESP73. En suivant à très courte distance dans le même couloir de vent, les Espagnols n'ont pas eu le temps matériel d'éviter les débris et les bateaux arrêtés.
Pourquoi les régates olympiques imposent souvent des zones d'exclusion
Les grandes compétitions internationales mettent généralement en place des zones de sécurité autour des parcours. Semi rigides comité, pavillons et annonces VHF servent à éloigner les plaisanciers du champ de course.
Mais en pratique, ces dispositifs ne suffisent pas toujours, surtout dans des zones de navigation très fréquentées comme la baie de Quiberon au printemps. Pour les plaisanciers, la règle reste simple : lorsqu'un parcours de régate est visible, mieux vaut largement le contourner, même si aucun arrêté n'interdit officiellement le passage.
Car face à des dériveurs olympiques ou des catamarans à foil, les vitesses et les trajectoires n'ont plus grand chose à voir avec celles d'une navigation de croisière classique.