Un Bavaria 39 mené par deux retraités défie malgré lui une frégate Russe au large de Cowes
La frégate Admiral Grigorovich a effectué plusieurs tirs de semonce en direction du couple de retraités
Des coups de semonces tirés à proximité d'un voilier de 39 pieds ont provoqué l'ouverture d'une enquête au Royaume Uni. L'événement s'est déroulé par un temps brumeux à 20miles au sud de l'ile de Cowes.
Une rencontre entre un voilier britannique et une frégate russe au sud de l'île de Wight, a placé sous les projecteurs un sujet rarement abordé : la cohabitation avec des bâtiments militaires.
Pourquoi les navires de guerre appliquent-ils des distances de sécurité importantes ?
Le voilier Bright Future, un Bavaria 39 Cruiser, se trouvait à proximité de la frégate russe Admiral Grigorovich lorsqu'une série de tirs de sommation a été effectuée.
Le Bright Future
Selon les autorités russes, le voilier suivait une route jugée dangereuse et s'était rapproché à moins de 150 mètres du bâtiment militaire. Le couple de retraités conteste cette version et affirme qu'aucune situation de collision n'existait.
L'incident s'est produit dans des eaux internationales de la Manche, à environ 20 milles au sud de l'île de Wight. Dans cette zone, les règles applicables demeurent celles du Règlement international pour prévenir les abordages en mer, plus connu sous l'acronyme RIPAM. ...
...
Ces règles imposent à chaque navire de maintenir une veille efficace, d'évaluer en permanence le risque de collision et d'agir suffisamment tôt pour éviter une situation dangereuse. L'un des éléments les plus commentés concerne les cinq coups brefs de corne signalés par la frégate. Dans le langage maritime, cette séquence signifie qu'un navire doute des intentions de l'autre ou considère que ses manœuvres sont insuffisantes.
Les propriétaires du Bright Future expliquent avoir modifié leur cap après ce signal. Les autorités russes estiment pour leur part que le rapprochement se poursuivait.
L'un des désaccords majeurs porte sur les moyens de communication employés avant les tirs de sommation. La Russie affirme avoir tenté de contacter le voilier sur les canaux radio internationaux. Les navigateurs britanniques soutiennent n'avoir reçu aucun appel VHF, avant d'observé une fusée éclairante, signe d'un avertissement préalable à un tir de semonce.
L'Admiral Grigorovich ne navigue pas isolément dans la région. Depuis plusieurs mois, ce bâtiment est régulièrement observé par la Royal Navy et suivi lors de ses transits entre la mer du Nord et la Manche. Selon plusieurs sources occidentales, la frégate participe à l'escorte de navires associés à la flotte pétrolière russe opérant malgré les sanctions mises en place depuis 2022.
Deux jours avant l'incident impliquant le voilier britannique, les forces britanniques avaient procédé à l'interception du pétrolier Smyrtos dans la Manche.
Les autorités britanniques considèrent cependant que les deux événements ne sont pas liés. Pour les navigateurs de plaisance, cette présence accrue d'unités militaires rappelle que certaines zones de navigation peuvent être influencées par des enjeux stratégiques dépassant largement le cadre du "tourisme nautique". La Manche demeure l'une des routes maritimes les plus fréquentées du globe. Cette densité de trafic impose une vigilance renforcée et une anticipation permanente des mouvements des navires de grande taille.
Même si les tirs de sommation restent exceptionnels dans cette région, et à destination d'une unité de plaisance, plusieurs enseignements ressortent de cet événement.
Maintenir une veille visuelle rigoureuse, écouter la VHF et éviter les rapprochements inutiles avec des bâtiments militaires constituent des principes de prudence élémentaires, surtout dans le contexte actuel. A noter que les batiments de guerre, surtout Russes, ne sont pas tenus d'allumer leur AIS.
La visibilité joue également un rôle déterminant. Lecouple britaniique évoque des conditions brumeuses au moment des faits. Dans ce contexte, l'évaluation des distances devient plus complexe, en particulier entre un voilier de 12 mètres et une frégate de plus de 120 mètres.
Enfin, cet épisode rappelle qu'une situation apparemment anodine peut être perçue très différemment selon les équipages impliqués. Pour un plaisancier, conserver une marge de sécurité importante autour des navires militaires, mais aussi des grands bâtiments marchands, reste souvent la meilleure option.
Après l'incident, le Bright Future a poursuivi sa route sans dommage matériel ni blessé à bord, et a rejoint le port de Cherbourg. L'enquête symbolique ouverte par les autorités britanniques devra désormais déterminer avec précision le déroulement des événements et les circonstances ayant conduit à l'usage de tirs de sommation dans la Manche.
Ces règles imposent à chaque navire de maintenir une veille efficace, d'évaluer en permanence le risque de collision et d'agir suffisamment tôt pour éviter une situation dangereuse. L'un des éléments les plus commentés concerne les cinq coups brefs de corne signalés par la frégate. Dans le langage maritime, cette séquence signifie qu'un navire doute des intentions de l'autre ou considère que ses manœuvres sont insuffisantes.
Les propriétaires du Bright Future expliquent avoir modifié leur cap après ce signal. Les autorités russes estiment pour leur part que le rapprochement se poursuivait.
L'absence de communication VHF
L'un des désaccords majeurs porte sur les moyens de communication employés avant les tirs de sommation. La Russie affirme avoir tenté de contacter le voilier sur les canaux radio internationaux. Les navigateurs britanniques soutiennent n'avoir reçu aucun appel VHF, avant d'observé une fusée éclairante, signe d'un avertissement préalable à un tir de semonce.
Pourquoi la Manche est devenue une zone sensible pour les plaisanciers ?
L'Admiral Grigorovich ne navigue pas isolément dans la région. Depuis plusieurs mois, ce bâtiment est régulièrement observé par la Royal Navy et suivi lors de ses transits entre la mer du Nord et la Manche. Selon plusieurs sources occidentales, la frégate participe à l'escorte de navires associés à la flotte pétrolière russe opérant malgré les sanctions mises en place depuis 2022.
Deux jours avant l'incident impliquant le voilier britannique, les forces britanniques avaient procédé à l'interception du pétrolier Smyrtos dans la Manche.
Les autorités britanniques considèrent cependant que les deux événements ne sont pas liés. Pour les navigateurs de plaisance, cette présence accrue d'unités militaires rappelle que certaines zones de navigation peuvent être influencées par des enjeux stratégiques dépassant largement le cadre du "tourisme nautique". La Manche demeure l'une des routes maritimes les plus fréquentées du globe. Cette densité de trafic impose une vigilance renforcée et une anticipation permanente des mouvements des navires de grande taille.
Quels enseignements pratiques pour les équipages de croisière ?
Même si les tirs de sommation restent exceptionnels dans cette région, et à destination d'une unité de plaisance, plusieurs enseignements ressortent de cet événement.
Maintenir une veille visuelle rigoureuse, écouter la VHF et éviter les rapprochements inutiles avec des bâtiments militaires constituent des principes de prudence élémentaires, surtout dans le contexte actuel. A noter que les batiments de guerre, surtout Russes, ne sont pas tenus d'allumer leur AIS.
La visibilité joue également un rôle déterminant. Lecouple britaniique évoque des conditions brumeuses au moment des faits. Dans ce contexte, l'évaluation des distances devient plus complexe, en particulier entre un voilier de 12 mètres et une frégate de plus de 120 mètres.
Enfin, cet épisode rappelle qu'une situation apparemment anodine peut être perçue très différemment selon les équipages impliqués. Pour un plaisancier, conserver une marge de sécurité importante autour des navires militaires, mais aussi des grands bâtiments marchands, reste souvent la meilleure option.
Après l'incident, le Bright Future a poursuivi sa route sans dommage matériel ni blessé à bord, et a rejoint le port de Cherbourg. L'enquête symbolique ouverte par les autorités britanniques devra désormais déterminer avec précision le déroulement des événements et les circonstances ayant conduit à l'usage de tirs de sommation dans la Manche.