Un voilier du Vendée Globe 2016 expliqué

Les skippers du Vendée Globe vont devoir boucler un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, en passant par les trois caps : Bonne Espérance, Leeuwin et Horn. Pendant environ deux mois et demi, ils vont naviguer et vivre à bord d'un IMOCA, monocoque à voile de 60 pieds. Mais comment s'est fait un IMOCA ? Décryptage…

Le
St-Michel Virbac
St-Michel Virbac © Y.Zedda/StMichel-Virbac

Même si tous les bateaux au départ du Vendée Globe sont des prototypes, ils n'en sont pas moins régis par une jauge. C'est-à-dire qu'ils possèdent des caractéristiques communes, définies par la classe IMOCA (International Monohull Open Class Association), fondée en 1991 et reconnue par la Fédération Internationale de Voile (World Sailing). Une refonte de la jauge menée récemment a imposé pour les nouveaux bateaux certains équipements : quille standardisée, choix entre deux mâts, classique ou mât-aile, nombre d'appendices et ballasts limités. Autre nouveauté, les foils, qui ont fait leur apparition en 2015 et qui permettent de sustenter le bateau aux allures portantes pour éviter les trainées (frottements) et donc aller plus vite.

©Y.Zedda - BPCE

Caractéristiques communes

Taille : 18,28 m (60 pieds)

Tirant d'eau : 4,50 m

Mât : 29 m max.

Anatomie d'un IMOCA

Ballast : Les ballasts remplacent le poids de l'équipage, qui sur un voilier conventionnel se met au rappel. Avec l'évolution des 60 pieds Imoca, le nombre et la position des ballasts ont changé, et il est maintenant plus aisé de les remplir ou de les vider. Par exemple, au vent arrière, l'étrave est dégagée, car les ballasts à l'arrière sont remplis d'eau, au près ou dans les petits airs, on réduit la traînée à l'arrière en remplissant les ballasts à l'avant.

Barre : Commande qui sert à gouverner le bateau, relié au safran. La barre franche à la forme d'une barre, placée dans le même plan que le safran. Quand on déplace la barre d'un côté, le safran tourne du côté opposé.

Bastaque : Le bastaque est un hauban (câble de support allant depuis le mât jusqu'à chacun des deux bords du pont) qui tient le mât sur l'arrière. Ce câble est primordial pour la bonne tenue de l'espar (constitue l'armature sur laquelle les voiles établies les voiles), notamment au portant.

©Y.Zedda - BPCE

Bout-dehors : Situé au bout de l'étrave, le bout-dehors en carbone (1,83 m max.) permet d'accrocher les grandes voiles d'avant (gennaker et spinnaker), qui sont des voiles de portant. Cela leur laisse le maximum de champ par rapport aux autres voiles, pour optimiser la vitesse.

Casquette de protection : Permet de protéger le cockpit des éléments et donc le skipper.

©François Van Malleghem / DPPI / Maître CoQ

Cellule de vie : Espace intérieur où le skipper se repose, travaille la météo, cuisine ou encore l'endroit où est rangé le matériel.

©Eloi Stichelbaut / Maître CoQ

Cockpit : C'est l'espace de manœuvre du bateau – sorte d'endroit névralgique — où le skipper règle ses voiles et pilote son bateau à l'abri.

©Y.Zedda - BPCE

Cuisine : Elle est minimaliste et se résume souvent à un réchaud qui sert à réchauffer l'eau pour les plats lyophilisés et quelques rangements.

Dérive : Elles sont au nombre de deux (une à tribord et une à bâbord), et fixées sur le côté du bateau. Droites ou courbées, elles servent à freiner la dérive latérale du bateau, surtout au près. Elle peut être pivotante – abaissée ou relevée en la faisant pivoter sur un axe en haut du puits de dérive – ou sabre – abaissée ou relevée verticalement à travers une ouverture dans la coque, appelée puits de dérive.

©V. Curutchet / DPPI / SMA

Foil : Ces appendices porteurs permettent de sustenter les bateaux aux allures de reaching/portant (vent arrière ou grand largue) et donc de gagner en vitesse. Les foils sont composés d'un "shaft" (partie qui se rétracte dans le puits) et d'un "tip" (sorte d'ailette perpendiculaire au shaft).

Lit : Cette zone installée dans la zone de vie se compose soit d'un matelas ergonomique posé sur un socle inclinable en carbone, soit d'un coussin à billes morphologiques. Certains skippers déplacent leur matelas dans le bateau pour dormir quelques heures.

©E. Stichelbaut / DPPI / SMA

Moulin à café ou colonne : Il permet de démultiplier la force pour actionner les 4 winchs, qui sont des treuils permettant de tendre les cordages. Les deux à l'avant servent à monter/descendre les voiles et les foils, les deux à l'arrière à régler les voiles d'avant et les bastaques.

©E. Stichelbaut / DPPI / SMA

Outrigger : Ces tubes en carbone implantés sur le roof de chaque côté du mât qui remplacent sur les mâts ailes les barres de flèche sur les mâts conventionnels. Ils permettent d'éloigner les haubans de l'axe du mât et sont reliés au mât par un câble qui assure la stabilité de l'ensemble.

Poste de barre : C'est assis sur un strapontin que le skipper barre son bateau avec une vue dégagée vers l'avant grâce aux éléments de plexiglas installés sur le roof.

©François Van Malleghem / DPPI / Maître CoQ

Quille (bulbe et voile) : La quille est l'élément stabilisateur du bateau. Sans cet appendice, le voilier chavirerait. Les quilles des IMOCA60 sont pendulaires c'est-à-dire qu'elles peuvent être basculées latéralement jusqu'à 40° par un vérin hydraulique en fonction des conditions météo et des allures suivies. Elle joue le rôle de contrepoids de la force du vent dans les voiles. Associée aux ballasts (10 au total) l'ensemble du système permet de maintenir l'équilibre du bateau lorsqu'il passe dans les vagues.

Safrans : Au nombre de deux et disposés de chaque côté à l'arrière du bateau et reliés à la barre, les safrans servent à diriger le bateau. Ils sont souvent auto-relevables afin de résister à d'éventuels chocs avec des objets flottants.

©Y.Zedda - BPCE

Soute à voiles : Endroit où sont stockées la plupart des voiles non utilisées. Après chaque virement de bord ou empannage (changement d'amure réalisé en abattant – en s'écartant du vent. Celui-ci implique le changement de la bôme sur le bord opposé), le skipper doit "matosser" c'est-à-dire changer les voiles de côté pour optimiser la répartition des poids à bord et ainsi accroître la performance. Le matossage est un exercice très physique, qui plus est dans la mer formée.

9 voiles sont autorisées sur le Vendée Globe, dont 5 obligatoires : grand-voile, J1, J2, J3 et tourmentin (voile de tempête). Les spis (nylon) sont utilisés au vent arrière ou au grand largue quand il n'y a pas trop de vent. Les gennakers (cuben), voiles plus plates, au grand largue. Le code 0, les J1-J2-J3 (3DI) au près jusqu'à 120 degrés du vent, leur choix dépendant ensuite de la force du vent.

©Y.Zedda - BPCE

Table à cartes : C'est de cet endroit, situé dans la zone de vie, que le skipper accède à l'ensemble des moyens de navigation et de communication (ordinateur, pilote automatique, radar, téléphone satellite)

©Eloi Stichelbaut / Maître CoQ

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Delbois Jean-paul 5 mois
Bon courage à tous ceux qui vont bientôt s'élancer sur ce tour !
Remi Alain Dominique 3 mois
Quel système de pilote automatique utilisent les concurents du Vendée-Globe ? Merci :)

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