Bateaux.com
Magazine du nautisme, de la plaisance et de la mer

Interview : Transat Jacques Vabre 2017 - Rencontre avec Manuel Cousin sur La Mie Câline

La veille du départ de la Transat Jacques Vabre 2017, Manuel Cousin nous reçoit à bord de l'IMOCA La Mie Câline. Il va prendre le départ avec Arnaud Boissières. Le moment est intéressant, car Manuel Cousin avec son sponsor Groupe Setin doit acheter ce bateau à l'arrivée au Brésil. Une transat pour une passation de pouvoir.

Le

C’est la première course que tu fais à bord de ce bateau ?

Ce n’est pas la première course, par contre c’est la première transat. On a fait la Rolex-Fastnet au mois d’aout avec Arnaud, ainsi que le trophée Azimut en septembre.

Manu Cousin 

C’est un bateau que tu viens d’acheter, pourquoi celui-là ?

Effectivement, nous sommes en cours d’achat. On a réservé ce bateau depuis plusieurs mois et la finalisation de l’achat sera signée à l’arrivée au Brésil. Plein de choses m’ont mené vers ce bateau. D’une part, c’est un bateau fiable, costaud et qui correspond en termes de budget. Pour moi et le groupe Setin ce sera une première en IMOCA. Ils me suivent jusqu’en 2021, en intégrant le Vendée Globe 2020. C’est un bateau qui me correspond bien et qui appartient à Arnaud, un ami avec qui je navigue depuis quelque temps. Tout ça réuni a fait que c’était une évidence de choisir ce bateau.

Manu Cousin 

Est-ce que tu es satisfait du bateau ? Est-ce qu’il correspond à tes attentes ?

Oui c’est un super bateau. J’ai beaucoup d’expérience à apprendre d'Arnaud avec ses 3 Vendée Globe à son actif, dont un sur ce bateau. Il le connait par cœur. Il va falloir que je prenne la mesure du bateau et le format de la transat est nickel pour ça.

Manu Cousin 

Tu peux nous présenter le bateau ?

C’est un bateau de 2007, un plan Farr qui a appartenu à Jean Pierre Dick. C’est un bateau à dérive droite. Il s’appelle "Trimtastique" parce qu’au départ il était équipé de trim tab qui devaient être une révolution. Malheureusement, il s’avère que ça n’a pas marché. Le trim tab c’est un plateau de 2m de large sur l’arrière qui était censé accélérer le départ au planning dans la mer formée du Sud. Ça n’a pas fonctionné, c’était peut-être un mauvais calcul. Donc ce système a été abandonné. Il est toujours en place, mais il est neutralisé.

C’est un bateau robuste, costaud. Ce n’est surement pas le bateau le plus rapide, mais c’est un bateau qui est fiable et solide.

Manu Cousin 

Tu avais déjà un peu navigué en IMOCA avant ça ?

J’ai navigué l’année dernière sur ce bateau avec Arnaud, mais je n’ai jamais navigué sur d’autres IMOCA que celui-ci pour l’instant. J’ai fait 4 ans de Class 40’ qui est un beau tremplin. J’ai participé à la précédente Transat Jacques Vabre sur mon Class 40’ et j’ai pu aller au bout avec un résultat qui correspondait à nos attentes, mais c’est une grande première pour moi de faire cette transat en IMOCA. On fera la transat retour ensemble également pour prendre de l’expérience au maximum.

Manu Cousin 

Quel est le programme pour toi et ton nouveau bateau d’ici à 2021 ?

Gros chantier en revenant. Pour la déco et la mise aux couleurs du sponsor. Ensuite à la sortie du chantier, les courses d’avant saison pour la qualification à la Route du Rhum. Le programme n’est pas précisément établi, mais il y aura des courses à faire et un certain nombre d’entrainements.

Est-ce qu’il est prévu de modifier le bateau pour le mettre à ta main ?

Oui, on fera ça pendant le chantier, pour l’instant c’est encore le bateau d’Arnaud. Je me fais au bateau tel qu’il est et j’aurai un gros retour d’expérience au retour de cette transat en course et de celle retour. On a déjà quelques idées d’améliorations et de changement d’éléments mineurs sur le bateau. Ça dépendra aussi du budget qu’on aura. Le budget est viable comme ça, mais si on veut, on peut imaginer plein de choses, comme l'installation de foils. Mais tout ça coute de l’argent. Pour l’instant on est en face de recherche de complément de budget pour tout ça.

Passer au foil est quelque chose qui t’intéresserait si tu avais la possibilité de le faire ?

Je vais d’abord essayer de tirer toute la quintessence du bateau tel qu’il est aujourd’hui. Il y a encore aujourd’hui 5 ou 6 bateaux à dérives droites, on a quelques cartes à jouer. Mais il est évident que dans le futur, sur un prochain Vendée Globe, ça sera forcément un plus. On a pu être sceptique avant le départ du dernier Vendée Globe, maintenant on sait que ça fonctionne et je pense que cette Jacques Vabre va en être une nouvelle preuve. Donc pourquoi pas, mais ce n’est pas une priorité.

Quel est l’objectif pour vous sur cette transat ?

Pour Arnaud ça va être de finir cette belle histoire avec ce bateau et pour moi c’est de la commencer. On a besoin et envie Arnaud et moi d’écrire une belle histoire avec ce bateau. En termes de résultats sportifs ça serait mentir que de dire qu’on espère faire un podium. Par contre, on est des compétiteurs tous les deux, on ne va rien lâcher. Si l’on a l’occasion de faire une belle place, on ne va pas s’en priver. C’est de la course au large, on sait que tout peut arriver. On va se battre avec nos armes !

Comment la vie s’organise à bord entre vous ?

C’est plutôt équitablement réparti. On est chacun assez autonome dans la façon de naviguer. On va beaucoup discuter, appréhender les choses les unes après les autres. On n’a pas établi de fonctions très rigoureuses ou très strictes pour chaque chose. Évidemment à la fin, si on n’est pas d’accord et qu’il faut que quelqu’un tranche, ça sera le skipper. Pour l’instant c’est encore le bateau d’Arnaud, c’est lui le skipper, donc c’est lui qui tranchera. Mais lui comme moi, on est dans l’optique de discuter, d’apporter chacun notre façon de naviguer. Ça sera un plus pour tous les deux.

Quel est le programme de cette dernière journée ?

Je viens de déjeuner, après je vais essayer de mettre un peu au vert parce qu’on a eu beaucoup de sollicitation cette semaine. Comme à chaque départ de course. C’est aussi un plaisir, mais maintenant la pression monte, ça commence à être fatiguant donc je vais me reposer 1-2h. Après on fera un briefing avec Arnaud et l’équipe vers 16:30 pour l’organisation de demain. Je resterai un peu avec Arnaud pour un dernier point météo et routage. Puis on entrera un peu dans notre bulle. Après 16:30 – 17:00, on sera un peu déjà dans notre course.

[Interview réalisée à la veille du départ qui a été donnée le dimanche 5/11 à 13:35]

 

Réagir à cet article
Ajouter un commentaire...


Recevoir l'actualité par email avec Bateaux Hebdo

Inscrivez-vous gratuitement à notre Newsletter RECEVOIR BATEAUX HEBDO

Suivre l'actualité
du nautisme et de la mer
Recevoir l'actualité nautique gratuitement RECEVOIR BATEAUX HEBDO