Interview Jeremy Beyou : "On est tous fiers de sortir ce magnifique bateau"

Jeremy Beyou © Bateaux.com

Après 12 mois de chantier chez CDK Technologies à Port La Forêt et près de 70 000 heures de travail au travail, l'IMOCA Charal - à bord duquel son skipper Jeremy Beyou entamera une 4e campagne de Vendée Globe en 2020 a été mis à l'eau ce mardi 21 août. L'occasion d'interroger le navigateur breton sur cette journée particulière.

Jeremy, dans quel état d'esprit êtes-vous ?

C'est vraiment sympa de voir le bateau dans son ensemble, parce qu'on suit le chantier, mais on voit petit bout par petit bout. Cette journée – la sortie d'atelier – c'est la journée des gens qui ont construit ce bateau-là, qui l'ont conçu, imaginé, calculé. Surtout les gens de CDK qui l'ont mis en œuvre. C'est un jour important pour eux quand le chantier se vide. C'est la fin d'une longue histoire ! C'est quand même un an de passé dans les ateliers de CDK !

Pour eux ça va être un nouveau bateau qui va rentrer derrière et pour nous il va s'agir d'aller naviguer avec cette nouvelle monture. C'est une journée de transition et c'est l'occasion de dire que derrière ces bateaux-là, sur lesquels on navigue en solitaire, il y a une quantité de gens qui s'impliquent, qui donnent beaucoup... Ce sont des experts, des gens qui adorent les bateaux et travailler en équipe. Entre Charal Sailing Team et CDK Technologies ont a travaillé main dans la main pendant 12 mois quotidiennement et ça s'est super bien passé. On est tous fiers de sortir ce magnifique bateau.

Quelles sont les caractéristiques principales de l'IMOCA Charal ?

Ce qui saute aux yeux c'est vraiment déjà la taille des foils et ensuite c'est un bateau qui est assez rond derrière. La forme du cockpit change un peu de ce que l'on avait l'habitude de voir en IMOCA. Jusqu'à présent c'était des bateaux assez carrés vraiment en U, là on retrouve des formes plus arrondies de carène pour avoir un peu moins de trainées de coque. L'idée étant d'essayer avec des foils assez gros de flyer le plus rapidement possible.

Tout a été un peu imaginé et optimisé autour de ça : la structure à l'intérieur, le frégatage du bateau à l'avant, une carène qui est plutôt assez étroite et de nombreux petits développements autour du cockpit, autour de la zone de vie, autour de l'électronique, système de foils. Ça saute moins aux yeux, mais c'est vraiment beaucoup d'optimisation et de développement à tous les étages.

À partir de quelle vitesse devrait-il voler ?

On a un bateau qui à partir d'une douzaine de nœuds de vent devrait commencer rapidement à pousser sur ses foils quand on va débrayer. On a des chiffres grâce au poids définitif du bateau, les volumes de ballasts et poids de bulbe, on a reçu tous les VPP du bateau et les chiffres sont assez sympas avec des vitesses assez élevées, notamment dans des vents médiums à forts. C'était notre objectif d'aller faire aller vite rapidement le bateau sur ses foils. À 12/13 nœuds de vent, c'est un bateau qui va aller rapidement à 15/16 nœuds de vent. C'est les chiffres qu'on attend.

Quel est le programme à venir ?

On va partir pour Lorient pour mâter le bateau et effectuer les tests statiques et à 90°. Il y a encore une bonne semaine de chantier et ensuite on pourra aller enfin naviguer.

Crédits photos : Bateaux.com
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