Le cap Horn, l'incontournable des courses au large

Le Cap Horn © Fabrice Amedeo

Le cap Horn figure parmi les plus célèbres caps qui rythment les tours du monde à la voile. Mais sa latitude extrême à 56° (50e Hurlants) en fait aussi l'un des passages maritimes les plus difficiles du monde. De nombreux navires s'y sont laissés prendre et ne sont pas sortis indemnes de cette traversée. S'il a depuis été abandonné des routes commerciales, il est toujours un passage obligé dans le monde du nautisme.

Une latitude extrême

Le cap Horn est une falaise de 425 m de haut, situé sur une île de 6 km de long et de 2 km de large. C'est le point austral le plus au sud de l'Amérique du Sud, à l'extrémité sud de la Terre de Feu (nom de l'archipel qui se trouve à l'extrême sud de l'Amérique du Sud). Il marque la limite nord du passage de Drake (bras de mer séparant l’Amérique du Sud de l'Antarctique.

Il est le cap le plus au sud de tous les caps et sa latitude extrême à 56° sud en fait un cap redouté. Flirtant avec la limite des glaces, il est aussi soumis à des vents violents et une mer très formée.

Un peu d'histoire

S'il était un passage obligé pour les navires de commerce du 18e au début des années 1900, la dangerosité de cette route lui a créé une mauvaise réputation. Il est découvert en septembre 1578, par Sir Francis Drake, explorateur et homme politique anglais, qui effectue un tour du monde. Alors qu'il navigue dans le Pacifique, des vents violents le poussent au sud de la Terre de Feu. Il débarquera alors sur une île "plus au sud de trois quarts d'un degré que toutes les autres isles". Mais les navires continuèrent d'emprunter le passage du détroit de Magellan, qui avec le cap de Bonne-Espérance était les deux seules routes connues à l’époque pour rejoindre l'Extrême-Orient.

Il faudra attendre 1616 pour que soit baptisé officiellement le "Kapp Hoorn". Le marchand hollandais Jacob Le Maire cherchait une autre route commerciale pour briser le monopole de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales de tous les transports marchands hollandais via le détroit de Magellan et Bonne-Espérance. C'est ainsi qu'il se lance dans une expédition en mai 1615 avec deux navires.

Mais à cette époque, on pense que le célèbre cap était la pointe la plus au sud de la Terre de Feu. Les mauvaises conditions avaient empêché des recherches approfondies. Il faudra donc attendre 1624 pour découvrir qu'il s'agissait d'une île.

Avec l'ouverture du canal de Panama et de Suez, les navires commerciaux délaissèrent ce dangereux passage. Le Pamir fut d'ailleurs le dernier voilier commercial (1949) à y passer pour une traversée entre la Finlande et l'Australie.

Un passage incontournable des grandes courses au large

Le Passage du Cap Horn fait encore partie de routes maritimes les plus rapides pour boucler un tour du monde. Il est notamment l'un des grands points de passage d'une circumnavigation malgré son éloignement et le danger qu'il représente. De nombreux navigateurs le considèrent comme l'aboutissement de leur périple. Et en raison de sa rudesse, on le compare à une ascension de l'Everest.

Première tentative à la voile dans le cadre d'un tour du monde

La première tentative de passage du Cap Horn date de 1911. Le Pandora (cotre de 11,20 m), une réplique du Spray de Joshua Slocum (premier tour du monde en solitaire) s'attaque au contournement de la pointe de l'Amérique du Sud, mais il aurait fait naufrage après.

Premier passage à la voile dans le cadre d'un tour du monde

C'est donc Saoirse, un yacht de 13 m de long, skippé par Conor O'Brien et ses 3 amis qui passèrent le cap Horn pour la première fois, lors d'un tour du monde effectué entre 1923 à 1925. Une navigation effectuée par "un temps tout à fait merveilleux".

Premier passage en solitaire

Le norvégien Al Hansen franchit en 1934 le cap Horn, mais à l'envers (d'est en ouest), sur le Mary Jane. Il s'échouera sur les côtes chiliennes peu après.

Premier tour du monde en solitaire

En 1942, Vito Dumas franchira le cap Horn lors de sa circumnavigation en solitaire sur son ketch de 10 m, Lehg II.

Le plus petit bateau à franchir le cap Horn

Le le Ahodori II du Japonais Hiroshi Aoki, un yawl en contreplaqué de 7 m de long en 1974 et le Mini 6.50 Findomestic Banca (6,50 m) d'Alessandro Di Benedetto le 17 avril 2010

Un cap primordial pour les courses nautiques

De nombreuses courses au large empruntent les anciennes routes commerciales qui passaient par le Horn. La première fut le Golden Globe Challenge en 1968 (dont la réplique, la Golden Globe Race vient d'être remportée par Jean-Luc Van Den Heede).

Suivirent de nombreuses autres : Velux 5 Oceans (tour du monde avec escale), le Vendée Globe (tour du monde en solitaire), la Volvo Ocean Race (tour du monde avec escale en équipage).

Des grands défis ont également pour point de passage le Cap Horn : le Trophée Jules Verne (tour du monde en équipage sans escale), le Global Challenge (tour du monde à l'envers, d'est en ouest) ou encore le Trophée Saint-Exupéry qui récompense le tour du monde en solitaire le plus rapide et qui est entre les mains de François Gabart.

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