L’avenir de la TPS en jeu, la combinaison qui sécurise tous les coureurs au large

La combinaison TPS, emblème de la sécurité en mer, a vu sa commercialisation stoppée par la société Guy Cotten à la fin de l’année 2017. La raison de ce choix incompréhensible ? Un changement de norme qui fait que cette combinaison n’y répond plus. Et le coût financier pour repasser les nouvelles normes est trop prohibitif vu le peu de combinaisons vendues.

Comment alors s’équiper d’une combinaison qui protège le marin en cas de conditions délicates tout en lui permettant de continuer à manœuvrer ? Interrogé sur ce point la société Guy Cotten en la personne de Nadine Bertholom-Cotten répond à nos interrogations en revenant sur l’histoire de la TPS.

Une combinaison de manœuvre

”Créée au début des années 90, à partir de l'une de nos combinaisons de survie SOLAS, la combinaison TPS avait pour but d'aider à réduire les trop nombreuses fortunes de mer auxquelles était confronté le monde de la voile. Mais la TPS n’a jamais été certifiée SOLAS.

Nous la voulions comme « combinaison de manœuvres » plutôt que de « survie » pour que la sécurité soit permanente dès que les conditions pouvaient devenir musclées, dès que le ciré ne protège plus assez efficacement. D'ailleurs, le « S » de TPS ne veut pas dire « Survie », mais « Suit ». TPS étant en réalité les initiales de « Thermal Protective Suit ».

À l'époque les normes en vigueur n'étaient pas les mêmes. Nous étions d’ailleurs novateurs. Aussi, lorsque nous avons voulu passer une normalisation pour ce produit, nous avons obtenu la CE PR EN 1913, ce qui correspondait à une norme provisoire.

La TPS a rapidement fait foi dans le milieu et nous ne pouvons que nous féliciter qu’elle ait contribué à sauver des vies. La dernière en date est celle de Louis Duc au large des Açores sur son Class40.

Cependant, s’agissant d'un article très spécifique, nous n’en avions qu'une commercialisation très réduite [NDLR La société annonce vendre environ 80 combinaisons par an], d’autant qu’il s'agit d'un article dont la durée de vie se compte en dizaines d'années.

Malgré cela, nous l'avons conservée dans notre gamme pendant de longues années, l'améliorant même en lui ajoutant des détails lorsque nous avions des retours pertinents de coureurs, mais également de professionnels du secours.

Ces dernières années, de nouvelles normes sont apparues. La norme EN 1913, bien que pas « moins disante », n'est plus reconnue et nous devrions passer la correspondance actuelle : l'iso 150 27.

Les niveaux de performance de la TPS devraient sans problème lui faire passer la norme, mais, compte tenu des très faibles quantités vendues, le coût de la nouvelle certification apparaît disproportionné. Nous avions donc mis en stand-by le dossier, mais en attendant il nous est interdit de continuer la production de la TPS.

Par contre, les combinaisons déjà sur le marché peuvent continuer à être utilisées à condition d’être révisées.

Pour se procurer une TPS. actuellement, il n’y a donc que de la « seconde main », mais en matière de Sécurité nous ne pouvons que trouver cela dangereux et nous ne pouvons que conseiller aux plaisanciers, s’ils ont fait une telle acquisition, de la faire contrôler avant toute utilisation dans une station officielle ou à la société Guy Cotten.”

TPS Guy Cotten

Qu’en pensent les organisateurs de course ?

De nombreuses courses au large demandent à leurs participants d’avoir une combinaison dans leur matériel de sécurité. Comment faire si la TPS n’est plus commercialisée ? Sébastien Pebellier, Président la Classe Mini, indique que les règles de jauge imposent une ”Combinaison de survie” et non une TPS. Il existe donc d’autres modèles même si la TPS est la plus adaptée pour l’usage. Propos identique pour Jacques Caraes directeur de course de la Route du Rhum et du Vendée Globe : ”La combinaison de survie est demandée pour les coureurs. Attention, une combinaison sèche ne suffit pas, car elle ne fournit pas la protection thermique qu’offre le néoprène. Pour le prochain Vendée Globe, je ferais en sorte que la TPS soit acceptée. En effet, cette combinaison a vraiment été pensée dans un souci de sécurité et elle a sauvé de nombreux marins. La société Guy Cotten a toujours œuvré pour la sécurité, offrant même ses services de révision ou de réparation pour assurer l’entretien du matériel. J’irai même jusqu’à recommander la TPS ! C’est un très bon produit qui mériterait vraiment que l’on relance sa fabrication.”

TPS Guy Cotten

La TPS à nouveau sur le marché ?

Interrogé sur l’avenir de la TPS, Pascal Beurier directeur commercial France chez Guy Cotten nous indique qu’ils cherchent des solutions pour reprendre la production. Mais malgré le fait que la TPS réponde sans doute à toutes les nouvelles normes, l’évolution de ces dernières interdit de distribuer, fabriquer ou vendre une TPS : ”C’est un aspect Kafkaïen de l’administration. De nombreuses personnes nous la demandent même si nous n’en vendons pas beaucoup. Il n’existe pas de modèle concurrent qui permet de continuer à manœuvrer dans des conditions extrêmes. Nous réfléchissons aujourd’hui à relancer une évolution de la TPS, avec notamment quelques accessoires comme des poches pour ranger le matériel de sécurité et des papiers, ou bien encore de faire évoluer le sac de rangement. Mais tant que nous n’avons pas trouvé le financement du passage des normes, nous ne pouvons nous prononcer sur une date de reprise de la commercialisation.”

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Corto Ma - 4 mois
Peut être qu’en Chine ils ne sont pas capables de la fabriquer...
Arnaud Le Formal - 4 mois
Pour avoir visité l’usine Cotten de TRÉGUNC au mois de Décembre, je peux vous assurer Qu’elles sont bien faites à TRÉGUNC
albert Joslet - 3 mois
Il faudrait y ajouter un système Shark shield (Ocean Guardian). Car c.f la photo sur le dos les bras écartés. Fait totalement penser à une tortue...Et, personnellement, je paniquerais à mort. A penser que c'est un des plats préférés des...
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