Monter au mât en solo, essai de la solution adaptée aux coureurs

Monter au mât est souvent utile, parfois nécessaire et d'autres fois indispensable. La plupart du temps, on s'arrangera pour monter assisté d'un équipier expérimenté. Certaines fois, il faudra se hisser seul. Heureusement, il existe du matériel parfaitement adapté qui facilite l'ascension en solo.

Que l'on soit en mer ou au port, que l'on soit seul ou en équipage de nombreuses raisons peuvent conduire à devoir monter au mât sans assistance. C'est une situation qui, par manque d'expérience, peut être angoissante. Pourtant après un tout petit peu d'entrainement et avec du matériel spécialisé, on réalise que c'est finalement assez commode de monter au mât à la force des pieds.

Monter au mât seul
Stan Thuret se hisse seul au mât de son Class40

Quel équipement pour monter au mât facilement et en autonomie ?

Plusieurs équipementiers, comme la fameuse marque de matériel de montagne Petzl, proposent des kits complets adaptés aux besoins des marins. On notera aussi les autres solutions comme l’échelle de mât Outils Océan ou encore ”l’ascenseur” Swi-Tec. Croix du Sud Marine distribue aussi le Mast Climber. Mais le kit Petzl (distribué par Navicom) est celui qui est le plus employé par les coureurs au large. C’est en effet le plus léger et le plus simple à mettre en œuvre. Il est souvent complété de l’Olivette que nous allons décrire plus loin.

Directement issu du matériel de montagne

Afin de pouvoir grimper au mât seul et éventuellement en navigation, j'avais acquis un kit Petzl. Après la prise en main du matériel, ce système s'avère extrêmement convaincant au port, car en fin de compte il n’est pas si physique et reste très sécurisant. On se hisse doucement, mais surement jusqu'en tête de mât et l’on pourra contrôler la descente.

Ce procédé, débarqué du monde de la montagne et de la spéléo, impose que le bas du cordage sur lequel on se hisse soit entièrement libre. Une solution viable en montagne, mais pas agréable transposée sur un bateau. En cas de mouvement de celui-ci, le grimpeur va vite faire le pendule. Et c'est bien là, le seul défaut de ce système, on ne peut pas monter sur une corde tendue. Si l’on a la chance de disposer d'une balancine, on pourra tout de même s'y accrocher avec une longe.

De quoi est composé votre kit  ?

Grâce à l’expérience des équipementiers spécialisés dans l’escalade et des travaux en hauteur, ces packs allient sécurité et fonctionnalité. Voyons en détail de quoi un kit d'ascension au mât est constitué.

Composition d'un pack d'ascension autonome :

1- Le baudrier, il doit s’adapter à la morphologie de l’utilisateur, les porte-outils sont un plus.

2- Le "descendeur autofreinant"ou "gri-gri" ou encore "olivette". Ce sont des systèmes conçus pour sécuriser la pratique de l'escalade ou des travaux acrobatiques sur corde de 10 à 11 millimètres (le diamètre 9,7 est toléré). Sa fonction principale est d'être un système d'assurage avec freinage assisté (et non pas autobloquant) en cas de chute du grimpeur. L'olivette est un autre dispositif encore plus astucieux pour les marins.

3- Une sangle de pied, aussi appelée "pédale".

4- La "Poignée bloqueur", cette poignée est conçue pour les remontées ou les travaux sur corde. On positionne la poignée et elle se bloque sur la corde. Associée à la pédale, on pourra prendre appui pour se hisser.

5- Une corde d'escalade de la hauteur de mât. On doit choisir une corde d'escalade qui offre beaucoup d'élasticité et dont le diamètre correspond parfaitement aux bloqueurs.

Monter au mât seul
Pack Petzl, pour se hisser au mât. © Navicom

Éventuellement, il pourra avantageusement se compléter avec :

  • Un casque, c'est vraiment utile pour monter en mer et éviter les chocs trop violents contre le mât.
  • Une paire de gants de protection
  • Une longe permettant de se maintenir sur une drisse et éviter des embardées en ascension sur une corde libre
  • Un petit sac d'outillage à porter avec soi
  • Un sac de rangement pour disposer immédiatement de l'ensemble du matériel
Monter au mât seul
Le skipper prépare son matériel, dont la fameuse Olivette

Quel est le principe du hissage autonome  avec le kit Petzl ?

Le fonctionnement est le suivant, à l'aide d'une drisse, en général celle de GV, on envoie en tête de mât un cordage d'escalade le long duquel on fera l'ascension.

On dispose de 2 bloqueurs. Un relié au harnais qui nous servira aussi de "descendeur autofreinant" et qu'on utilisera pour la montée et la descente. L'autre est une "poignée bloqueur" (utile seulement pendant l'ascension) circulant le long du cordage et équipée d'une sangle de pied. Il permet de prendre appui (jambe fléchie) dans la sangle de pied pour se hisser d'un demi-mètre en se mettant debout.

Une fois monté sur les jambes, c’est le moment de reprendre le mou et de faire circuler le "descendeur autofreinant" un peu plus haut qu'il ne l’était avant de rasseoir dans le baudrier. Il faut alors remonter la pédale pour les pieds et recommencer.

Monter au mât seul
Stan Thuret nous fait une démonstration d'ascension autonome

Quelles sont les limites  de ce système ?

Le gros problème de cette solution, c'est qu'en cas d'ascension en mer, on ne peut pas se hisser le long d'une corde tendue. Et pourtant en raison du mouvement du bateau avec les vagues, on aimerait monter le long du mât, sans risquer de régulièrement de s'éclater les épaules, les cuisses, les hanches ou la tête… sur le mât.

Le petit descendeur spécial, l'Olivette, sortit il y a une dizaine d’années résout ce problème. Il permet de réaliser l'ascension sur une corde tendue. Nous l'avons essayé et ça change la montée au mât autant que la descente  !

Qu'est-ce que l'Olivette ?

L’Olivette a été inventée par un montagnard passionné de voile, Pascal Ollivier, qui cherchait à créer un descendeur autobloquant capable de fonctionner sur cordes tendues.

Une solution sans équivalent sur le marché pour monter dans les mâts. Et on retrouve cette Olilvette aussi bien pour la montagne, que les travaux acrobatiques, ou les secours. De brevet en brevet, Pascal a réalisé un outil bien élaboré, et rencontre un beau succès auprès des régatiers.

Monter au mât seul
On voit l'élastique qui fait le lien entre l'Olivette et le cou du grimpeur

Un élastique autour du cou, relié à l'Olivette, permet de faire suivre "descendeur autofreinant" durant l'ascension sur une corde tendue. Donc il n’y a plus besoin de "ravaler le mou" à la main pendant la progression le long du mât, c'est un des avantages. Mais pour faire l’acrobate en mer, on retiendra surtout que grâce à l'Olivette on peut monter le long d'une corde tendue.

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JM BuenaOnda - 1 mois
Le Mastclimber permet également de monter sur une drisse tendue. De plus, il fonctionne sans problème sur une drisse entre 8 et 16 mm...
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