Portrait de chantier / Fountaine Pajot, un fleuron tricolore des multicoques de croisières

L'Isla 40 © Gilles Martin-Raget

Fondé en 1976 par une bande de copains, le chantier Fountaine Pajot est devenu une référence sur le marché du catamaran de croisière, à voile ou à moteur. Retour sur l'histoire et les évolutions du chantier charentais.

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Une histoire de champions

C'est à l'occasion des Jeux Olympiques de Montréal en 1976 que Jean-François Fountaine et Yves Pajot vont faire connaissance. Le premier était sélectionné olympique et champion du monde de Half Tonner, tandis que le second a été médaillé en Flying Dutchman aux Jeux précédents de Munich.

Les débuts du chantier ©Fountaine-Pajot
Les débuts du chantier ©Fountaine-Pajot

A l'image d'une success story à l'américaine, leur rencontre va aboutir à la création d'un petit chantier dans le garage familial. Les deux associés, rejoints par Daniel Givon et Rémi Tristan, mettent à profit leur connaissance en voile légère en fabriquant des 420, 470 et des 505.

Une production centrée sur la voile légère ©Fountaine-Pajot
Une production centrée sur la voile légère ©Fountaine-Pajot

Leur procédé de fabrication en sandwich composite leur permet de devenir rapidement une référence sur le circuit de voile légère. En 1978, le chantier déménage et s'installe sur un site qu'elle occupe encore à ce jour, à Aigrefeuille-d'Aunis.

Le premier batiment du site d'Aigrefeuille-d'Aunis ©Fountaine-Pajot
Le premier batiment du site d'Aigrefeuille-d'Aunis ©Fountaine-Pajot

Afin de suivre la tendance du début des années 80, le jeune chantier se diversifie et se lance dans la conception de planches à voiles. Fidèle à leur ADN de régatier, les quatre associés lancent également quelques half-tonner.

Le catamaran de course Charente-Maritime ©Fountaine-Pajot
Le catamaran de course Charente-Maritime ©Fountaine-Pajot

Le chantier s'illustrera pour la première fois dans le monde du multicoque hauturier en fabriquant le trimaran Royale puis le catamaran de course Charente Maritime, un monstre de 20 m qui remportera plusieurs transats entre 1982 et 1984

Une incursion réussie sur la marché de la plaisance

En 1983, le chantier s'oriente vers la plaisance et lance son premier catamaran de croisière de série. Le marché est alors occupé par une production anglo-saxonne, qui produit des modèles confortables et accueillant, mais dénués de toute notion de performance sous voiles.

Le Lousiane 37 ©Fountaine-Pajot
Le Lousiane 37 ©Fountaine-Pajot

Le duo de compétiteurs rochelais fait appel au tandem d'architectes Joubert-Nivelt pour concevoir son premier modèle. Les Rochelais innovent et conçoivent le premier catamaran de croisière rapide. Fabriqué en sandwich, bas de franc bord et équipé de dérives relevables, le Lousiane 37 est un succès commercial puisqu'il a été fabriqué à 90 exemplaires.

Fort de ce premier succès, Fountaine Pajot développe sa gamme en lançant 3 nouveaux modèles entre 32 et 43 pieds. Coques à ailerons fixes, moteurs inboard, vaste nacelle assurant la liaison entre les coques : le catamaran moderne et facile à utiliser était né.

Une exploitation intelligente du marché du multicoque

Le Venezia 42 ©Fountaine-Pajot
Le Venezia 42 ©Fountaine-Pajot

Les années 90 vont être marquées par plusieurs innovations qui vont affirmer la réputation du chantier sur le marché international. Lancé en 1992, le Venezia 42 bénéfice d'une esthétique travaillée, et se trouve être le premier modèle du chantier à être équipé d'un casquette, un signe distinctif du chantier. Fabriqué à 109 exemplaires, il sera plébiscité aussi bien par les plaisanciers que par les sociétés de location.

Le Tahiti 75 ©Fountaine-Pajot
Le Tahiti 75 ©Fountaine-Pajot

Fountaine Pajot est également un des premiers chantier à proposer des catamarans adaptés aux professionnels, en imaginant des bateaux conçus pour le charter. Le Tahiti 75, avec son immense plateforme, pouvait accueillir un grand nombre de passagers pour un programme de day-charter.

Le Maryland 37 ©Fountaine-Pajot
Le Maryland 37 ©Fountaine-Pajot

En 1997, le chantier diversifie sa gamme en lançant son premier trawler à moteur. Le Maryland 37, puis le Greenland 34 seront les précurseurs d'un marché à gros potentiel.

Evolution de la chaine de production, croissance externe et entrée en bourse

©Fountaine-Pajot
©Fountaine-Pajot

En 2002, Fountaine Pajot révolutionne son outil productif en adoptant l'injection pour le moulage coques-nacelle du Lavezzi 40. Cette innovation sera suivie quelques années plus tard de la mise en œuvre de l'infusion pour les coques et le pont du Mahé 36.

L'infusion d'un Mahé 36 ©Fountaine-Pajot
L'infusion d'un Mahé 36 ©Fountaine-Pajot

En 2008, preuve de sa bonne santé financière et de son fort potentiel, le chantier entre en bourse sur le marché Alternext, qui est réservé aux petites et moyennes entreprises de la zone euro.

©Fountaine-Pajot
©Fountaine-Pajot

Cette introduction permettra de financer la création de la gamme flagships, qui regroupe les plus grandes unités conçues par le chantier.

En 2018, Fountaine Pajot a acquis le chantier Dufour, une autre figure de l'industrie navale charentaise. Le chantier développera son externalisation en 2022, en créant un partenariat de sous-traitance avec le chantier Couach, basé à Gujan Mestras et spécialisé dans la construction de yacht et de navires professionnels.

Le chantier en quelques chiffres

Depuis sa création, le chantier a produit plus de 3000 unités. Répartie sur 30 000m2, la production est assurée par une équipe de 600 collaborateurs. En 2021, Fountaine Pajot a généré un chiffre d'affaires d'environ 220 millions d'euros.

L'Aura 51 ©Fountaine-Pajot
L'Aura 51 ©Fountaine-Pajot
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