Lionel Lemonchois revient sur les conditions de son chavirage à bord de Prince de Bretagne



Chavirage de VIRBAC-PAPREC 70/vidéo hélico par jeanpierredick

Le trimaran Prince de Bretagne a chaviré hier soir au large de la Corogne. Lionel Lemonchois et Roland Jourdain ont été secourus et reviennent sur les circonstances du chavirage. Retrouvez aussi en vidéo le chavirage de Virbas Paprec, qui permet de visualiser le retournement d'un trimaran.

Alors qu'il évoluait à 140 milles au large de la Corogne et se préparait à parer le cap Finisterre en passant à l’extérieur du DTS (Dispositif de Séparation de Trafic), le Maxi80 Prince de Bretagne a été victime d'un chavirage.

Les deux skippers - Lionel Lemonchois et Roland Jourdain - sont sains et saufs et ont trouvé refugé à l'intérieur du bateau. Ils n'ont pas demandé d'assistance et attendent leur équipe technique met tout en oeuvre pour venir secourir les deux hommes ainsi que le bateau. 

Au moment de l'accident, le bateau progressait alors au près dans un vent Sud sud ouest de 20 à 25 noeuds avec rafales à 30 noeuds. 

Pour illustrer ce chavirage, nous avons choisi de vous re-montrer la vidéo du chavirage MOD 70 Virbac Paprec. Le 10 octobre 2013, Jean-Pierre Dick et Roland Jourdain surnommé "Bilou" sont en session d'entrainement au large de Lorient, pour le prochain départ de la Transat Jacques Vabre. Sont présents dans la cabine quatre équipiers, dont un journaliste, qui filmera la scène depuis l'intérieur du bateau, tandis qu'un caméraman filme depuis un hélicoptère. 

Par un vent de 15 à 20 noeuds, le trimaran se soulève sur son flotteur avant de se retrouver à la verticale. Jean-Pierre Dick, qui barrait à ce moment-là n'a pas le temps de venir se réfugier dans la cabine, contrairement à Roland Jourdain. Il chute alors de 15 mètres de haut et souffre d'un tassement ds vertèbres. Il sera évacué par hélicoptère. 

Mise à jour du 27 octobre à 17h00 - Demande d'assistance

Alors que Lionel Lemonchois et Roland Jourdain avaient annoncé ne pas demander assistance, ils ont finalement déclenché leur balise de détresse. La situation a évolué défavorablement et les conditions météorologiques vont encore se dégrader. Pour l'instant, les deux hommes composent avec des creux de quatre mètres et un vent de sud-ouest pour 30 nœuds, demain ce flux devrait se renforcer jusqu'à 40 nœuds. 

En accord avec leur équipe à terre et leur partenaire Prince de Bretagne, Lionel et Roland ont donc pris la décision de déclencher leur balise de détresse à 16h20 et ainsi d'engager les secours, leur sécurité étant, bien évidemment, la priorité. Une opération d'hélitreuillage va donc, en conséquence, s'organiser rapidement, coordonnée par le CROSS Gris Nez et le MRCC Madrid.

Mise à jour du 27 octobre à 23h00 - Interview

L'opération, coordonnée par le CROSS Gris Nez s'est déroulée avec succès et le duo du Maxi80 Prince de Bretagne a ainsi rejoint le port de La Corogne sur les coups de 20 heures, ce soir. Lionel Lemonchois est alors revenu sur les circonstances de l'accident et le sauvetage puis il a expliqué ce qu'il souhaite mettre en place pour réussir à récupérer son bateau dès que les conditions le permettront.

Lionel, pouvez-vous revenir sur les circonstances de l'accident ?
 "Je n'ai pas vu grand-chose car j'étais dans le bateau. On était au près, sous trinquette, dans de la mer, avec entre 15 et 17 nœuds de vent. Dix minutes avant, avec Bilou, on se posait la question de savoir s'il fallait qu'on déroule le solent ou pas. Je ne sais pas ce qui s'est passé, j'ai juste eu le temps de bondir et d'attraper Bilou pour l'attirer dans la descente. Est-ce que c'est le fait d'une vague ou d'une survente ou bien des deux, c'est difficile à dire… C'est dur parce que nous avions passé le plus gros du mauvais temps et que la météo allait vraiment en s'arrangeant."
 
Qu'avez-vous ressenti à ce moment-là ?
"C'est le ciel qui vous tombe sur la tête. J'ai déjà vécu ça il y a deux ans (sur la Mauricienne, ndlr). Revivre deux fois de suite la même chose, ça commence à faire beaucoup. Je n'ai pas pensé à la Transat mais au bateau, à toute cette somme de boulot et d'énergie que nous avons dépensé pour que le Maxi80 Prince de Bretagne soit comme il est. C'est terrible de voir tous ces efforts foutus en l'air en l'espace de deux secondes et de penser aux conséquences qu'il va y avoir derrière."
 
Dans un premier temps, vous n'avez pas demandé d'assistance puis finalement, vous avez déclenché votre balise de détresse. Qu'est-ce qui a motivé cette décision ?
 "Hier soir, quand j'ai appelé Mino (Dominique Vittet, le directeur technique du team, ndlr), il m'a annoncé des vents de plus en plus forts, précisant que ça pourrait monter jusqu'à 40 nœuds dans la soirée de jeudi. Cet après-midi, il y avait déjà cinq à six mètres de creux et ça soufflait à 30 nœuds. Je me suis dit que ça ne valait pas la peine de se mettre en danger à deux dans une mer pas loin d'être démontée. J'ai quand même fait en sorte de larguer le gréement pour soulager le bateau. J'y suis parvenu après deux bonnes heures passées dans l'eau avant d'être récupéré par les secours et de quitter le bateau."
 
Comment s’est déroulée l’opération d’hélitreuillage ?
« L’hélicoptère du MRCC Madrid est arrivé hyper vite. Il nous a même surpris car on  ne l’attendait pas si rapidement. Il est passé une première fois au dessus de nous puis a refait un tour avant de descendre un gars qui nous a monté l’un après l’autre, Bilou d’abord et moi ensuite. Au total, ça a duré vingt minutes. C’était très impressionnant de voir le type au bout de son câble au dessus du bateau balancé dans tous les sens, mais on a vite senti que l’équipe avait l’habitude de faire ce genre de chose car l’opération s’est déroulée de façon très carrée et très pro. »
 
On imagine que, maintenant, votre priorité, est d’essayer de récupérer le Maxi80 Prince de Bretagne ?
« En tous les cas, nous allons tâcher de faire ce qu’il faut pour. Nous avons commencé les discutions pour trouver un remorqueur. L’idée, a priori, c’est plutôt d’essayer de remorquer le trimaran à l’envers jusqu’à La Corogne ou un autre port assez proche, puis de le gruter pour le retourner. A mon sens, c’est ce qui sera le moins destructeur pour lui. Notre équipe technique s’occupe de ça et si possible, nous partirons jeudi soir après le coup de vent pour être sur zone vendredi. »

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