Arkema, troisième Multi50 sur la Transat Jacques Vabre 2015

César Dohy et Lalou Roucayrol

Lalou Roucayrol et César Dohy sont arrivé au Brésil ce dimanche 15 novembre à 12 h 17' 55'' (heure française) après 20 jours 22 heures 47 minutes 55 secondes de traversée. Ils ont parcouru au total, 6 337 milles sur l'eau à la vitesse moyenne de 12,60 nœuds, à 4 j 00 h 18' 42'' du premier.

Lalou Roucayrol et César Dohy sont sortis prudemment du Havre, avant de démancher rapidement pour passer à l'intérieur de Ouessant avant de glisser dans le golfe de Gascogne dans le sillage du leader, Ciela Village. Ils devront affronter la brise de secteur Sud qui s'est franchement renforcée et à causé de nombreuses avaries sur les Imoca. Le passage du premier front froid est l’occasion de prendre la deuxième place alors que La French Tech-Rennes Saint Malo est contraint à l'abandon suite à un choc avec un container flottant.

Après le passage du Cap Finistèrre et d'un 2ème front plutôt actif, où il faut sauvegarder sa monture, Arkema se retrouve englué dans une zone de molles qui lui fait perdre le contact avec ses deux concurrents. Mais surtout, le duo doit rapidement gagner le Sud pour éviter une 3ème dépression, qui balaye Madère. Or sa position très Est le contraint à empanner à la hauteur des Canaries, avec près de 200 milles de décalage latéral…

Pour optimiser leur descente dans les alizés de nord-est, Lalou Roucayrol et César Dohy passent au cœur de l'archipel du Cap Vert, avant de se recaler une nouvelle fois vers l'Ouest alors que Ciela Village est contraint à une escale technique à Mindelo.

Arkema tente ensuite un passage du Pot au Noir sur le 26°30 pour couper au plus court. Et à quelques heures près, l'option aurait pu être favorable si la Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) ne s'était pas étendue brutalement vers le Sud, permettant à FenêtréA Prysmian de s'échapper à la tête de la flotte tandis que Ciela Village revenait sur sur Arkema.

Les deux trimarans convergent vers les côtes brésiliennes, mais une fois passer Recife dans des alizés d'Est qui se renforcent, Lalou Roucayrol et César Dohy constatent que la coque centrale d'Arkema est délaminée et que le Multi50 prend l'eau. Ils sont obligé de faire escale à Salvador de Bahia. Le bateau est gruté pour renforcer la coque et en moins de 20 h peut reprendre la route vers Itajaí mais avec plus de 600 milles de retard sur le deuxième.

La traversée d'un front orageux au large du Cabo Frio ne va pas arranger les choses et Arkema peine ensuite dans un golfe de Rio peut coopératif avant d'atteindre la ligne d'arrivée à l'issue de trois semaines de course.

Les explications de Lalou Roucayrol à son arrivée au Brésil : "On peut dire qu'on est content d'être arrivés à Itajaí ! Parce que ce n'était pas gagné… On a l'impression d'avoir lutté tout du long. Déjà la traversée du golfe de Gascogne a été compliquée : on a été secoués comme des pruneaux et je pense que c'est à partir de là que le fond de coque s'est fragilisé. Après, on a pris 150 milles dans le nez parce qu'on s'est fait rattraper par une zone de molles : ça nous a fait très mal ! Nous n'étions plus dans le même rythme que nos deux concurrents devant : il a fallu choisir entre les suivre par l'Ouest, une option plus fluide mais ça devenait une course de vitesse pure ; soit rester plus à terre, mais ça n'a pas payé parce que le Pot au Noir n'était pas facile à ce moment-là. Mais deux jours après l'équateur, on ne comprenait pas pourquoi on n'avançait pas ! Il a fallu que je rampe tout à l'avant pour constater que la coque centrale prenait l'eau : j'ai bouché les trous mais il fallait effectuer une vraie réparation…"

Les mots de César Dohy "On ne pouvait pas suivre Erwan (Le Roux) et Giancarlo (Pedote) ! Il fallait faire quelque chose de différent pour espérer revenir sur eux. Et pour cela, il n'y avait que le Pot au Noir pour permettre une option stratégique marquée. Le seul avantage, c'est qu'on s'est retrouvé avec un angle plus favorable dans les alizés de l'hémisphère Sud. Quand Lalou a découvert la voie d'eau, il nous a fallu au moins quatre heures pour pomper toute l'eau accumulée ! C'était délaminé sur deux mètres et demi… On a choisi Salvador de Bahia avec justesse parce qu'on a trouvait deux Français sur place qui ont assuré un super travail : on n'est resté que 18 heures… Autrement, c'était vraiment super entre nous, mais qu'est-ce que c'est humide ces bateaux-là !"

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