Les passages clés du parcours du Vendée Globe 2016

Le parcours du Vendée Globe

Les solitaires engagés sur le Vendée Globe doivent faire le tour du monde par les trois caps (Bonne Espérance, Leeuwin et Horn) sans escale et sans assistance. Le record est détenu par François Gabart en 78 jours et 2 heures. Voici les passages clés du parcours, qui entraineront les skippers dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique.

Le Vendée Globe est une course en solitaire autour du monde, sans escale et sans assistance. Cette circumnavigation par les trois caps (Bonne Espérance, Leeuwin et Horn) d'une distance de 25 000 milles (plus de 46 000 km) sur l'orthodromie (route directe) a été réalisée en 78 jours et 2 heures lors de l'édition 2012 (François Gabart sur Macif). Surnommé par le grand public "l'Everest des Mers", ce tour du monde est aussi un voyage climatique puisque le départ et l'arrivée se font depuis Les Sables-d'Olonne à l'automne et à l'hiver. Les skippers doivent ensuite descendre l'Atlantique, traverser l'océan Indien, et le Pacifique puis remonter l'Atlantique. Découvrons les points clés de la course. Cette année, la zone d'exclusion antarctique devra être évitée absolument sous peine de sanctions. Les marins n'ont pas le droit d'y entrer pour éviter les risques de collisions avec les icebergs.

Les solitaires n'ont le droit à aucune assistance. Cela veut dire que même pour la météo, ils n'auront pas le droit d'avoir de contact avec leur routeur. Ils vont donc devoir préparer leur trajet une semaine avant le départ, qui aura lieu le 6 novembre 2016. "La veille du départ, nous aurons une vision de la situation jusqu'à la moitié de l'Atlantique Sud. Armel devra ensuite actualiser les données au fur et à mesure", explique Marcel van Triest, routeur d'Armel le Cléac'h.

Les passages clés du Vendée Globe

1. Le golfe de Gascogne

Le départ du Vendée Globe peut être compliqué, notamment en novembre où les conditions peuvent être difficiles pour le skipper et son bateau, si une dépression balaye le Golfe de Gascogne. Les dépressions sont nombreuses en plein hiver, dans l'Atlantique Nord. Mais il y a aussi des risques de collision avec les nombreux bateaux qui circulent dans la zone.

"Il faut parfois faire le dos rond d'entrée de jeu. Historiquement, il y a eu beaucoup d'abandons durant les premiers jours de course. Les marins sortent de trois semaines ponctuées de sollicitations diverses, ils sont un peu fatigués et pas en symbiose avec leur bateau" détaille Marcel van Triest.

2. Les Alizés

Avec les alizés, le vent devient beaucoup plus régulier et c'est l'instant où les solitaires entrent « vraiment » dans leur tour du monde. "Nous croisons les premières îles au niveau de l'Équateur, des îles qui nous font rêver et font un peu partie de notre jardin, car nous les saluons à chaque transatlantique. Mais il faut se méfier de leurs cailloux et de leurs dévents" explique Jean-Pierre Dick (St-Michel Virbac)

3. Le Pot au Noir

Le Pot au Noir ou zone de convergence intertropicale entre alizés des hémisphères Nord et Sud, est une zone instable où grains violents alternent avec zones de calme. C'est à cet endroit que les deux alizés s'entrechoquent, ce qui crée pas mal de vagues et un vent très instable. En fonction des fichiers météo, les skippers choisiront à quelle longitude aborder cette zone. "C'est une zone anxiogène", indique Jean-Pierre Dick.

4. La descente de l'Atlantique Sud

Après le passage de l'Équateur, il faut négocier le contournement de l'anticyclone de Sainte-Hélène avant de faire route vers l'est pour rejoindre les vents portants qui emmèneront les skippers vers le cap de Bonne Espérance et l'océan Indien. Cette zone permet au marin d'entrer dans des températures estivales, car c'est l'été austral, avec un vent assez irrégulier. "C'est un vrai moment de douceur avant l'arrivée brutale dans l'océan indien" détaille le skipper de St-Michel Virbac

5. Zone d'exclusion antarctique

Cette zone est définie en fonction de la fonte des glaces, pour limiter les risques de collision avec un iceberg. Les skippers devront prendre une route un peu plus au Nord sous peine de sanctions, mais "C'est une bonne chose. Ça ne sert à rien de prendre des risques dans ces latitudes isolées" explique Jean-Pierre Dick.

6. L'océan Indien

Cette zone est particulièrement difficile avec des tempêtes, des coups de vent et des températures qui chutent de plus de 10°. "C'est un océan très particulier, un peu comme une grande bouilloire où les vents et les vagues changent assez brutalement", raconte Jean-Pierre Dick. C'est dans cette zone que les grands écarts commencent à se creuser et il faut rester vigilant.

7. L'Océan Pacifique

C'est la partie la plus engagée de la course. Les éléments sont d'une rare violence et il faut redoubler d'attention puisque les marins sont isolés de tout et loin de tous secours. "Pendant un mois nous vivons dans des conditions extrêmes, avec d'énormes vagues, et des vents forts" indique Jean-Pierre Dick.

8. Le Cap Horn

L'approche du Cap Horn est difficile avec des vents souvent forts. Il marque la sortie du Grand Sud, mais tout n'est pas fini pour autant, même si les skippers ressentent une sorte de délivrance. Ils peuvent rencontrer une zone où les courants peuvent lever une mer très dure. "L'équation est souvent difficile à résoudre pour choisir la route à prendre", explique Jean-Pierre Dick.

9. La remontée de l'Atlantique Sud

Dans cette zone, les conditions peuvent être pénibles avec des vents forts et des allures de près prédominantes, avant de toucher les alizés. "C'est selon moi la partie la plus difficile du Vendée Globe" explique Marcel Van Triest. Il faudra ensuite négocier l'anticyclone de Sainte-Hélène et le Pot au Noir, même s'il devrait être plus étroit à l'Ouest à cette période.

© RAPHAEL DINELLi / FONDATION OCEAN VITAL / Vendée Globe

10. La remontée de L'Atlantique Nord

C'est la dernière ligne droite et le lieu où il ne faut pas se relâcher après environ 2 mois en mer. La fatigue se fait sentir, mais il faut rester vigilant sachant que c'est l'hiver dans l'hémisphère nord et qu'il peut y avoir de grosses dépressions. « Généralement, c'est aux Açores que nous rencontrons le dernier coup de vent qui nous ramène jusqu'aux Sables-d'Olonne » conclut Jean-Pierre Dick.

Les chiffres clés du tour du monde par Michel Desjoyeaux

                                                  Trajet Temps de   course Passage de l'Equateur
Atlantique Nord Les Sables d'Olonne – Equateur 10/11 jours Autour du 16 nov
Atlantique Sud Équateur – Cap de Bonne Espérance 12/13 jours Autour du 30 nov
Océan Indien

Du cap de Bonne-Espérance / cap des Aiguilles (Afrique du Sud) au cap Leeuwin, (Australie)

11/13 jours Autour du 12 dec
Océan Pacifique Du cap Leeuwin (Australie) au cap Horn (Argentine) 15/20 jours Autour du 1er janv
Remontée de l'Atlantique Sud Du cap Horn à l'équateur 13/14 jours Autour du 14 janv
Remontée de l'Atlantique Nord De l'équateur aux Sables d'Olonne 12/13 jours fin janv/début fev
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