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Trimaran Macif, un chantier pour le rendre plus volant

Depuis janvier 2018, le trimaran Macif est en long chantier hivernal pour être doté de nouveaux appendices. Safrans, foils ont été redéfinis pour permettre au bateau d'être plus volant.

Le

Un trimaran archimédien

Lors de sa mise à l'eau le 18 août 2015, le trimaran Macif était avant tout un bateau archimédien, mais avec un objectif affirmé de sortir encore plus de l'eau grâce à des foils clairement inspirés des AC72 de la Coupe de l'America 2013.

"Il y avait une volonté d'être plus aérien que ce qui se faisait jusque-là en soulageant davantage la plateforme, confirme Antoine Gautier. À l'époque, les foils des bateaux supportaient 50 % du déplacement d'un bateau à une vitesse donnée ; nous, on voulait que ce pourcentage passe à 70-75 %, donc dans nos dessins d'appendices, nous avons été un peu plus loin pour que ça porte plus, mais on ne s'est jamais dit qu'on volerait complètement, on voulait juste faire voler le flotteur et avoir toujours un petit morceau de coque centrale dans l'eau."

Mais depuis, une nouvelle coupe de l'America est passée par là et deux nouveaux Ultimes de dernière génération aussi : le Maxi Edmond de Rothschild et Banque Populaire IX en 2017. Depuis donc, l’équipe de MerConcept à travailler pour faire évoluer le trimaran vers une version plus volante. Un travail débuté en janvier 2018 et qui s'achèvera fin juin.

"La réflexion a commencé courant 2017, explique Antoine Gautier. Nous savions que nous allions avoir des concurrents "plus sérieux", donc que nous aurions besoin d'une mise à niveau importante pour pouvoir jouer avec eux. Dès la mise à l'eau en 2015, nous savions aussi que notre paire de foils était déjà dépassée, nous n'en étions alors qu'aux balbutiements. Même chose pour les safrans. En deux-trois ans, avec une Coupe en plus, les choses ont énormément évolué, aussi bien en termes d'outils de conception que de connaissances/cahier des charges et de méthodes de fabrication."

De nouveaux appendices pour le trimaran Macif

Après la décision de doter le trimaran de nouveaux appendices (foils et safrans), le bureau d'études a commencé à travailler en mars 2017 avec les architectes du cabinet VPLP pour la conception et avec le cabinet GSea Design pour la structure.

"On commence par définir un cahier des charges par rapport à l'expérience tirée jusque-là du bateau. On essaie ensuite d'y répondre en testant numériquement plusieurs géométries, en regardant les contraintes structurelles qu'elles impliquent, c'est une boucle continue pour aboutir à une géométrie qu'on estime le meilleur compromis entre les problématiques de performance, de fiabilité, de stabilité et de masse", détaille Antoine Gautier.

Cette phase d'étude – achevée en octobre 2017 – a ensuite laissé place à la phase de construction répartie entre plusieurs acteurs. CDK Port-La-Forêt s'est occupé des foils, C3 Technologies à La Rochelle des safrans, le bureau d’études Macif a travaillé sur les systèmes de foils et la modification de la dérive, AwenTech, société dirigée par Bernard Pointet, sur les systèmes de safrans, tandis que chez Madintec, le travail s'est centré sur le futur pilote automatique pour l'adapter au comportement nouveau du bateau.

Une mise à l'eau décisive

Le trimaran sera remis à l'eau mi-juillet, après un chantier de 6 mois ayant pour but de le transformer. Mais pour éviter toute concurrence, le chantier laisse filtrer peu d'informations sur ces nouveaux foils.

"Disons que les foils seront un peu plus sexy que notre V1 et que leur géométrie sera un peu plus radicale que ce qui s’est fait sur les derniers bateaux, mais un novice ne verra pas forcément la différence. Sur les safrans, ce sera plus marquant : ils seront dotés de plans porteurs, plus profonds et surtout relevables, ce qui n'était pas le cas sur notre V1 ; c'est une philosophie complètement différente" explique Alain Gautier. Sur la performance, le responsable du bureau d'études reste également discret : "Nous avons des chiffres théoriques qui nous paraissent surprenants, parce que le gain semble colossal, mais on attend d'être sur l'eau pour en avoir confirmation. Et surtout, la question pour nous est de savoir si on ira suffisamment vite par rapport à nos concurrents."

Pour toute l'équipe Macif et son skipper François Gabart, c'est un nouveau bateau qu'il va falloir appréhender. "On considère que nous mettons à l'eau un nouveau bateau, cela veut dire qu’on s'attend à ce qu'il se comporte de manière complètement différente, avec sans doute des accélérations encore plus franches. Tant que nous n'avons pas navigué, on ne peut pas dire si MACIF sera plus ou moins sûr, mais ce qui est certain, c'est que la sécurité est un sujet qui nous préoccupe au quotidien, nous avons une vraie responsabilité en tant qu'acteur de la classe Ultime, il faut qu'on soit irréprochables" conclut Antoine Gautier.

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