Essai / Figaro 3 Coaching, un entraînement avec les professionnels (2/2)

La session d'entrainement, est en place, les Figaro 3 ont sorti leurs foils et se pressent sur la ligne de départ. Bateaux.com embarque à bord du bateau de Tom Dolan, le skipper irlandais.

À bord du bateau de Tom Dolan, nous quittons le ponton et sortons immédiatement les foils qui ne seront rentrés qu’au retour au port.

Nous hissons les voiles toute neuves, stoppons le petit moteur, et rejoignons vite la ligne de départ.

- Compte à rebours de 5 min lancé…

Cette ligne n’est pas mouillée face au vent, nous nous élancerons au bon plein.

- 4 minutes avant le départ…

Sur le bateau de Tom Dolan, nous savons qu’il nous manque la voile idéale pour ce bord à savoir le gennaker, elle est en cours de finition. Arriverons-nous à suivre les autres ? C’est un entrainement, mais nous n’avons aucune envie de faire de la figuration. On va donner tout ce que l’on a pour être dans le coup.

- 3 minutes…

On décide (au dernier moment) d’une stratégie pour combler notre handicap. On partira sous le vent de la flotte qui aura déroulé son gennaker et on pourra probablement les obliger à lofer sous gennaker. Ce qui, nous l’espérons, sèmera la zizanie en envoyant nos camardes au tas !

- 2 minutes avant le top…

Puis quand on sera placé bien à leur vent, on pourra envoyer le spi et descendre sur la bouée à toute vitesse… La tension est montée d’un cran. On peine un peu à lancer la machine.  

- 1 minute…

F/*#!! Lâche notre Irlandais. On est en retard !

- Top départ !

Effectivement, nous arrivons sur la ligne avec 5 secondes de retard. Largement assez pour mettre notre plan à l’eau. À ce niveau de compétition, l’erreur ne pardonne pas. Notre bateau est relégué à une petite longueur derrière un concurrent naviguant sous gennaker. Dans son vent perturbé, nous aurons du mal à nous en sortir.

Mais surprise ! Sous génois et grand-voile, on va vite. On observe nos camarades, certains ont hissé le gennaker comme Fabien Delahaye, d’autres naviguent sous petit spi comme Justine Mettraux. Sur le Figaro 3 de Tom Dolan, nous ne planons pas encore, mais le vent semble se renforcer.

On s’arrache aux réglages pour rester en contact avec la meute de champions et ça marche ! On va mieux que ceux qui ont essayé le petit spi, pour eux c’est la lutte afin d'éviter le départ au lof.

Arrivée à notre cardinale Les Chats, il y a un regroupement de la flotte avant le prochain exercice.

Dans 5 minutes, nouveau départ pour un speed test sous petit spi.

3, 2, 1, Top ! Les spis gonflent.

Un des binômes a envoyé son spi à l’envers, en inversant l’amure et la drisse. Ça arrive même aux meilleurs. Remontrance du coach : un marquage au feutre s’impose pour ne pas réitérer l’erreur.

Dès que les voiles sont bien établies, c’est parti. Charles Caudrelier et Delahaye font parler la poudre, leur conduite du bateau sous spi est impressionnante. La gite est optimum, l’assiette longitudinale est stable, la vitesse est très élevée.

Un équipage connait des problèmes de matériel et leur spi s’effondre à l’eau. Le point de drisse a lâché. Le coach est là, il assiste les marins et donne des conseils avisés pour récupérer la voie sans la déchirer sur les foils ou les safrans.

Des empannages complexes

Nous enchainons quelques empannages en direction de Pen Men, à l’ouest de l’île de Groix. À bord des Figaro 3, l'exercice est encore loin d’être fluide et rapide. Il faudra du travail aux skippers pour parfaire les gestes et leurs enchainements. 

Les empannages devront être travaillés, car le Figaro 3 a un petit bout-dehors. Ce qui laisse un étroit couloir, entre l’étai et le guindant du spi pour faire passer toute la toile. De plus, l’ergonomie des manœuvres d’écoutes n’est pas parfaite. Alors les empannages sont très décomposés. On passe d’abord le spi qu’on met en ciseau. Puis quand il est établi, on passe la GV. C’est un peu lent, mais il y a peu de risque de perdre toute sa vitesse ou de partir au lof en sortant de l’empannage.

Le coach, donne des conseils à un équipage qui rate son empannage " Lâchez fort l’écoute de spi à l’empannage ! Le point d’écoute doit arriver jusqu’à l’étai, sinon la toile va s’écrouler sur l’étai. "

Départ au lof au largue serré. C’est en titillant les limites qu’on les apprivoise

Les Figaro 3 planent à 14/15 nœuds

Nous sommes déjà rendus au sud de Groix, les vitesses sont très élevées, on entend chanter les foils. Le coach passe de bateau en bateau qui planent à 14/15 nœuds au largue serré. Il observe et dispense ses conseils, en collaboration avec les skippers il propose des réglages. Tout en pilotant il prend des photos et des vidéos, qui associés aux notes permettront un débriefing de qualité.

On doit lofer au maximum pour enrouler la pointe de Groix. Les spis sont à la limite de leur tolérance et sont affalés les uns après les autres. Les marins qui disposent d’une chaussette à spi perdent peu de terrain au moment de l’affalage, c’est un point sur lequel il y aura une discussion collective.

Le dernier bord de près doit nous ramener à Lorient avec une arrivée au pied de la citadelle Vauban de Port-Louis.

Au près les vitesses des bateaux sont assez semblables. Mais déjà, certains skippers découvrent les clés du bateau, c’est le talent. En seulement quelques minutes d’adaptation au près, Morgan Lagravière pose son Figaro 3 plus à plat que les autres et gagne au vent. Dommage qu’il n’ait pas encore de budget, car au dire de ses concurrents il est redoutable.

En quelques instants, nous avons perdu Caudrelier et Delahaye qui souffrent d’une algue dans le voile de quille. Le bateau est étonnamment sensible à la trainée des algues, sur ce point aussi il y aura une discussion collective.

Un dernier envoi de spi dans le vent qui s'essouffle pour passer la citadelle Vauban et cette journée de navigation touche à sa fin.

Le débriefing, la plus value du collectif

Arrivés au ponton nous aurons quelques minutes pour ranger les bateaux. On dépose les cirés et l’on se retrouve pour le débriefing collectif avec l’entraineur.

"Le bateau n’est pas si facile à manœuvrer" constate Tanguy le Glatin. Un tour de table et chacun s’accorde à dire que les bords de largue étaient grisant.

On évoque le premier bord, qui était une surprise générale. Nous avons constaté peu d’écarts de vitesse sur des monotypes ayant 4 configurations de voiles différentes (génois GV ; petit genak GV/grand genak GV, petit spi GV)

Nous échangeons sur la conduite sous spi asymétrique et sous gennaker : depuis son semi-rigide le coach a fait des observations permettant d’optimiser la vitesse. On parle de l’accastillage et du gréement, des changements de voiles. Morgan Lagravière livre son analyse sur le plan anti-dérive et les réglages au près propre au Figaro 3.

Chacun partage ses impressions et ses analyses, c’est la force du groupe. Le partage des expériences permet à chacun de s’améliorer. Le groupe se perfectionne en même temps que l’individu progresse.

Plus d'articles sur les chaînes :

Morbihan
Réagir à cet article :
Ajouter un commentaire...

Figaro 3, la fiche technique

MarqueBénéteau
ArchitecteVincent Lauriot Prévost
Longueur hors-tout10.85 m
Longueur de coque9.75
Largeur3.47 m
Tirant d'eau2.50 m
Catégorie CEA
Déplacement lège2 900 kg
Surface de voilure au près70 m2
Voir la fiche technique complète du Figaro 3
Reportage : Figaro 3 Coaching

Figaro 3, l'entrainement comme si vous y étiez ! (1/2)

Bateaux.com embarque à bord d’un Figaro 3