Thibaut Vauchel-Camus : "Gagner la Jacques Vabre 2019 au scratch est une belle visibilité pour le Multi50"

Thibaut Vauchel-Camus © Pierrick Contin

Thibaut Vauchel-Camus est l'un des ténors de la classe Multi50, qui ne manque jamais de valoriser le potentiel de ces multicoques de 15 m de long et de large. Grand favori de la Transat Jacques Vabre 2019, il nous parle de ses ambitions sportives.

Des bords en Guadeloupe à la compétition en baie de Quiberon

Son enfance, Thibaut Vauchel Camus la passe en Guadeloupe à pratiquer la voile légère, en catamaran de sport de 10 à 20 ans. Pour le fun, il s'adonne au surf et à la planche à voile.

"Après deux saisons en Hobie Cat 16 avec Damien Seguin (NDLR : un autre skipper qui évolue en IMOCA) en Guadeloupe, nous avons été détectés pour intégrer le pôle France Tornado à l'École Nationale de Voile de Quiberon."

Pendant deux ans ils enchainent les régates en Tornado, mais "l'olympisme ne me faisait plus rêver. J'étais frustré de traverser l'Europe pour faire des ronds dans une baie entre 3 bouées et de ne pas découvrir l'endroit dans lequel nous naviguions."

Alors qu'il poursuit ses études à la face, il décide en parallèle de passer en Formule 18, et navigue pendant un an aux côtés de Jérémy Lagarrigue. "On faisait des raids, de la longue distance, on naviguait tout simplement ! On a obtenu plusieurs titres de champion de France et remporté ¾ des raids auxquels on a participé en France."

Il fait également de belles rencontres et découvre de nouveaux supports. "Steve Ravussin, Yvan Bourgnon, Franck Cammas ou encore Roland Jourdain m'invitaient à naviguer sur leur bateau, de gros ORMA, des IMOCA…"

Projet Figaro avorté et retour à la vie de terrien

À la suite de ses études, il travaille pendant 3 ans chez ADH Inotec sur le développement des Diam. C'est alors qu'il décide de lancer son projet Figaro. "J'étais accompagné et motivé par Fred Duthil. Il m'a fait naviguer sur ses bateaux, m'a fait convoyer et m'a donné les moyens de confirmer que le large en solitaire me plaisait bien."

Mais son projet n'aboutit pas. "C'était une période compliquée dans le nautisme autour de 2009. Mon projet était mal vendu et mal préparé et je n'avais aucun réseau particulier."

Thibaut laisse de côté la compétition et se lance dans une carrière immobilière rennaise pendant trois ans. "J'ai raccroché le ciré jusqu'au moment où j'en avais marre de refuser les plans de navigation que l'on me proposait… Hydroptère, IMOCA…"

© Pierrick Contin

La vie est faite de rencontres

En 2012, il démissionne et rejoint Jérémy Lagarrigue en suisse faire de l'hydroptère. C'est alors qu'il croise la route de son ami, Victorien Erussard en 2016. Ils décident alors de se lancer dans un projet de course au large en Class40 et participent ensemble à la Transat anglaise ou encore à la Québec Saint-Malo.

"En 2016, on décide de changer de catégorie pour passer en Multi50. On voulait acheter un bateau, mais il n'y en avait plus à vendre."

Le duo se lance dans la construction d'un bateau neuf en 2017. Le Multi50 Solidaires En Peloton — ARSEP est mis à l'eau en 2018. Aujourd'hui, il est l'un des favoris de la classe.

"Il y a des raisons de la dire, mais ce n'est pas parce qu'on est favoris que ça dévalorise les autres. Les autres bateaux sont très bons et leurs navigateurs ont de l'expérience."

Le Multi50 Solidaires En Peloton — ARSEP

Le plan VPLP construit par le chantier émirati Enata est mis à l'eau en 2018 et Thibaut décroche de beaux podiums à son bord. Pour la Transat Jacques Vabre 2019, aucune évolution majeure n'a eu lieu sur le bateau.

"La seule chose que l'on a modifiée c'est l'ajout d'une nouvelle voile plus typée pour ce parcours qui est différent de la Route du Rhum. On va avoir une grande phase de VGM portant et notre grand gennaker nous permettra d'aller plus bas et plus rapidement. On sera sur des allures portantes tout d'un bord, des alizés au pot au noir."

© Pierrick Contin

En binôme avec Fred Duthil

C'est Fred Duthil que Thibaut a choisi pour l'accompagner sur la Transat Jacques Vabre. "Parce que c'est un copain de longue date, un très bon marin, qui a gagné la Solitaire du Figaro. Il m'a permis de tester mon envie de faire de la course au large à l'époque et m'a accompagné sur mon projet Figaro. Il m'a confié ses bateaux et il a été important dans mon parcours."

Si les deux hommes sont différents, ils se comprennent bien. Thibaut reconnait les qualités de régatier de ce marin avec qui il s'entend bien. "C'est important de ne pas partir sur un casting de CV, mais d'y mettre une part de feeling et de partage. L'idée c'est aussi de passer du bon temps et de dormir sereinement" s'amuse-t-il.

Un statut de favori assumé

Les deux marins se sont bien préparés et Fred Duthil s'est rapidement fait au bateau. "Nous n'avons pas de déficit particulier. On n'est pas à la ramasse après on ne maitrise pas le niveau de préparation des autres. Sebastien Rogues et Matthieu Souben ont vite progressé. Ils ont eu des attitudes de navigation plus agressives sur ce convoyage, ce qui n'était pas le cas il y a deux mois. C'est difficile de juger de leur peu d'expérience."

Les deux hommes font figure de favoris sur cette route du café. Un statut que Thibaut assume. "On ne peut pas être étiqueté favori si l'on n'est pas capable de dire qu'on y va pour gagner." Et effectivement, c'est bien la victoire que le duo espère décrocher.

© Pierrick Contin

De la visibilité pour la classe Multi50

Avec l'absence des Ultimes — engagés sur la Brest Atlantiques — les Multi50 seront les premiers à rejoindre le Brésil. Une visibilité appréciée par Thibaut. "Sur le papier, on est plus rapides que les IMOCA, ce qui va nous permettre de gagner la Transat Jacques Vabre au scratch. C'est intéressant au niveau de la communication. Et c'est à nous d'en profiter pour faire la lumière sur notre classe."

Car si cette année, la classe n'est pas à son maximum, ce ne sera pas le cas l'année prochaine. "Sportivement ce n'est pas aussi valorisant que si l'on était 6, mais on a 3 projets sérieux. Dans deux ans, la classe sera au top ! On aura une autre densité de flotte et ça va être génial".

Les IMOCA foilers, des évolutions positives pour le nautisme

Cette Transat Jacques Vabre 2019 sera aussi l'occasion de voir naviguer les derniers IMOCA. Un intérêt que nous explique Thibaut : "On va pouvoir naviguer à côté de bateaux exceptionnels comme les IMOCA récemment mis à l'eau. C'est intéressant de pouvoir échanger sur les technologies avec leurs skippers. C'est une façon de naviguer qui commence à se rapprocher de la nôtre."

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