Rénovation d'un Mataf de Jeanneau pour partir à la pêche

Quoi de mieux qu'une petite coque pour partir à la pêche ? Anthony aime pratiquer cette activité avec son fils de 13 ans. Pour se faire plaisir, et sans grandes connaissances, il se lance dans la rénovation d'un Mataf du chantier Jeanneau qui a besoin d'un bon coup de neuf.

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Le chantier Jeanneau a produit le Mataf dans les années 1970. Cette coque de 4 m, pontée avec une petite cabine, a été proposée en version voilier équipée d'une dérive et d'un gréement, ou bien en version moteur sans pied de mât ni dérive. C'est dans cette version qu'Anthony achète son exemplaire datant de 1977.

À vendre 500 €

Le Mataf arrive à la maison
Le Mataf arrive à la maison

Le Mataf d'Anthony est proposé en petite annonce à 500 € avec sa remorque et un hors-bord Evinrude 2 temps. Il nous raconte : "Le vendeur ne pouvait pas me faire essayer le moteur, car il n'avait pas de récipient pour le faire tourner hors de l'eau. Mais il m'a assuré que le moteur était fonctionnel. Au final, je n'ai jamais réussi à le faire démarrer ! La remorque ne valait pas beaucoup mieux. J'ai perdu tous les rouleaux sur la route en ramenant le bateau chez moi…"

"Pour mon fils et moi"

C'est parti pour une grosse rénovation
C'est parti pour une grosse rénovation

Anthony veut rénover le bateau pour partir à la pêche avec son fils : "J'adore les lacs et j'habite pas loin de la Seine, entre Évreux et Rouen. Je pêche principalement la carpe, mais si un silure veut mordre, je ne dis pas non." Il pense donc uniquement naviguer en eau douce et sortir le bateau après chaque partie de pêche.

La rénovation débute en vidant totalement l'intérieur du bateau. C'est la première déconvenue : deux fissures de chaque côté de la quille, vaguement mal bouchées, laissent passer la lumière. Anthony se fait conseiller et décide de faire les choses bien. Il gratte, ponce pour mettre tout à nu et s'attaque à une réparation en fibres de verre et résine polyester. Ce choix du polyester, et non de l'époxy, a été fait, car le bateau restera principalement en eau douce.

La réparation du fond de coque
La réparation du fond de coque

Vient ensuite le temps de l'enduit et du ponçage, avant de finir par une peinture extérieure qu'il a choisie entièrement noire : "Je ne suis pas un crac dans la peinture et je ne me voyais pas peindre plusieurs couleurs. J'ai donc opté pour du noir partout pour simplifier. Et en plus, j'aime bien le résultat. N'est-ce pas le plus important ?".

Du liège à l'intérieur

Pour la cabine, il décide après un grand nettoyage, ponçage et peinture d'apprêt, de projeter du liège. Il fait cela avec une machine à crépir branchée sur un compresseur. Le liège est mélangé à la colle liquéfiée avec de l'eau. Le rendu est propre, rattrape les défauts et isole la cabine.

Il complète cette finition avec un éclairage. Pour l'électricité, il embarque 3 batteries : une pour l'éclairage et le convertisseur 12-230 V, une pour alimenter le sondeur de pêche et la troisième pour un moteur électrique. "Je veux aller sur des lacs où la propulsion thermique est interdite, j'ai donc un petit moteur électrique de complément pour cela." Les 3 batteries se rechargent avec un panneau solaire installé sur le rouf.

Moteur neuf en panne !

Un tableau arrière avec de l'aluminium plié
Un tableau arrière avec de l'aluminium plié

Pour le moteur thermique, Anthony a acheté un modèle neuf de 6 chevaux. En effet, si le Mataf peut recevoir 10 chevaux au maximum, Anthony n'a pas - encore - le permis. "Mais de ce que j'ai pu tester, 6 chevaux vont bien me suffire, car je ne cherche pas la vitesse, mais plutôt me rendre sur mes lieux de pêche tranquillement." Sauf que pour l'instant, les essais n'ont été que de courte durée, la première mise à l'eau s'est soldée par une panne moteur. Celui-ci a dû repartir chez Orangemarine pour être remplacé. Pas de chance donc côté motorisation, c'est le fils d'Anthony qui reste le plus déçu…

En parallèle des travaux sur le bateau, la remorque a été entièrement rénovée. Les rouleaux sont tous remplacés. Et la galvanisation refaite pour partir sur du propre.

Un chantier à près de 5000 €

Au final, la rénovation a couté près de 5000 euros, les deux moteurs, thermique et électrique, compris. Elle s'est déroulée tout au long de l'hiver, de septembre à mars, en travaillant les weekends. Ce chantier a été freiné par la météo. En effet, Anthony ne disposait pas d'abri assez grand pour y loger les 4 m de sa coque. Il a dû attendre une trêve dans la pluie pour peindre l'extérieur, se limitant aux travaux intérieurs durant les épisodes pluvieux.

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Anthony Laporte
Anthony Laporte
tres belle restauration :)
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