... considération s'applique quelle que soit la technologie lithium : Li-ion, LiFePO4 ou autres. Elle entraîne donc, en théorie, l'obligation de repasser le bateau par un processus de certification CE, similaire à celui appliqué à un navire neuf.
Quelles conséquences pour les propriétaires ?
Pour les plaisanciers ayant acheté un bateau déjà certifié CE avec des batteries au plomb, l'installation de batteries lithium par leurs soins ou par un installateur non dûment habilité peut théoriquement annuler cette certification. En cas de sinistre, cette perte pourrait compliquer les relations avec l'assurance, voire être invoquée pour exclure certaines garanties.
Néanmoins, cette exigence n'est pas appliquée a posteriori par les administrations maritimes nationales. La perte de conformité CE ne rend pas le navire illégal pour naviguer, mais transfère la responsabilité technique sur le propriétaire.
Normes applicables et exigences techniques
La norme XP ISO/TS 23625:2021, spécifique aux batteries lithium pour bateaux, définit les exigences en matière d'installation, de ventilation, de BMS et d'information utilisateur. Elle concerne tous les systèmes dépassant 500 Wh.
Cette norme, bien qu'encore classée XP (expérimentale), sert de référence pour les professionnels et pourrait à terme être rendue obligatoire pour toute installation en Europe. Son non-respect en cas de sinistre pourrait être retenu comme un manquement technique.
Rôle de l'assureur et des experts
Les assureurs, dans une logique de gestion des risques, peuvent exiger une déclaration préalable des installations lithium. Certains imposent même une expertise électrique, notamment pour les navires déjà assurés "tous risques". L'expertise vérifie la sécurité de l'installation (section des câbles, coupe-circuits, emplacement des batteries, dispositifs de ventilation).
Les cas de refus d'indemnisation sont rares mais possibles si une installation est jugée non conforme ou défectueuse.
Une incertitude juridique persistante
Le statut juridique de ces recommandations reste flou : le guide RCD 2024 n'a pas force de loi mais sert de base commune aux organismes notifiés dans l'UE. Sa transposition dans les droits nationaux reste attendue. Pour l'instant, la doctrine retenue est que toute modification d'un composant technique important rend le constructeur non responsable, et engage le propriétaire.
Vers une harmonisation ou un durcissement des contrôles ?
Les autorités maritimes nationales ne disposent pas toujours des moyens pour vérifier les installations électriques à bord. Toutefois, à mesure que le parc de bateaux équipés en lithium croît, un encadrement plus strict pourrait émerger, notamment en lien avec les réglementations incendie ou environnementales. Des exigences de documentation ou de certification d'installation pourraient être introduites pour les navires mis en vente.
En conclusion, ce débat autour de la certification CE et des batteries lithium illustre l'enjeu croissant d'une mise à jour des règles de sécurité et de responsabilité à bord. Naviguer à l'électricité impose aujourd'hui une vigilance réglementaire accrue, pour les propriétaires comme pour les professionnels du nautisme.
Quelles conséquences pour les propriétaires ?
Pour les plaisanciers ayant acheté un bateau déjà certifié CE avec des batteries au plomb, l'installation de batteries lithium par leurs soins ou par un installateur non dûment habilité peut théoriquement annuler cette certification. En cas de sinistre, cette perte pourrait compliquer les relations avec l'assurance, voire être invoquée pour exclure certaines garanties.
Néanmoins, cette exigence n'est pas appliquée a posteriori par les administrations maritimes nationales. La perte de conformité CE ne rend pas le navire illégal pour naviguer, mais transfère la responsabilité technique sur le propriétaire.
Normes applicables et exigences techniques
La norme XP ISO/TS 23625:2021, spécifique aux batteries lithium pour bateaux, définit les exigences en matière d'installation, de ventilation, de BMS et d'information utilisateur. Elle concerne tous les systèmes dépassant 500 Wh.
Cette norme, bien qu'encore classée XP (expérimentale), sert de référence pour les professionnels et pourrait à terme être rendue obligatoire pour toute installation en Europe. Son non-respect en cas de sinistre pourrait être retenu comme un manquement technique.
Rôle de l'assureur et des experts
Les assureurs, dans une logique de gestion des risques, peuvent exiger une déclaration préalable des installations lithium. Certains imposent même une expertise électrique, notamment pour les navires déjà assurés "tous risques". L'expertise vérifie la sécurité de l'installation (section des câbles, coupe-circuits, emplacement des batteries, dispositifs de ventilation).
Les cas de refus d'indemnisation sont rares mais possibles si une installation est jugée non conforme ou défectueuse.
Une incertitude juridique persistante
Le statut juridique de ces recommandations reste flou : le guide RCD 2024 n'a pas force de loi mais sert de base commune aux organismes notifiés dans l'UE. Sa transposition dans les droits nationaux reste attendue. Pour l'instant, la doctrine retenue est que toute modification d'un composant technique important rend le constructeur non responsable, et engage le propriétaire.
Vers une harmonisation ou un durcissement des contrôles ?
Les autorités maritimes nationales ne disposent pas toujours des moyens pour vérifier les installations électriques à bord. Toutefois, à mesure que le parc de bateaux équipés en lithium croît, un encadrement plus strict pourrait émerger, notamment en lien avec les réglementations incendie ou environnementales. Des exigences de documentation ou de certification d'installation pourraient être introduites pour les navires mis en vente.
En conclusion, ce débat autour de la certification CE et des batteries lithium illustre l'enjeu croissant d'une mise à jour des règles de sécurité et de responsabilité à bord. Naviguer à l'électricité impose aujourd'hui une vigilance réglementaire accrue, pour les propriétaires comme pour les professionnels du nautisme.