Il y a bien des années, mon père est rentré d'une foire bretonne avec un sourire en coin et une remorque derrière la voiture. Dessus, trônait un drôle d'engin : un Zef. Pas un jouet, non, un véritable voilier de 3,67 mètres, en bois, avec sa dérive sabre et son allure fière de petit aventurier des mers. J'avais six ans, et ce jour-là, sans le savoir, j'ai embarqué dans une passion qui ne m'a jamais quittée.
Souvenirs de vacances en bord de mer
Chaque matin de l'été, le Zef devenait bateau de pêche, son petit moteur Evinrude de 3 ch ronronnant vers les bancs de maquereau ; chaque après-midi, il reprenait sa vie de voilier, glissant sous le vent devant le phare de Trévignon. Les été défilant, je connaissais chaque caillou, chaque risée, chaque cri de mouette. Le soir, on le remontait sur la plage, sûr de le retrouver au matin, fidèle et prêt à repartir.
Ce n'était pas qu'un bateau : c'était notre compagnon d'été, un ...
... morceau de liberté. Et nous n'étions pas seuls — des milliers d'enfants comme moi ont grandi tenant la barre d'un Zef, construit à plus de 18 000 exemplaires entre 1962 et 1975, et qui, encore aujourd'hui, sent bon le sel, l'enfance et les vacances éternelles.
Aujourd'hui, mes filles ne manquent jamais une sortie en mer. Un après-midi à hisser la grand-voile, un week-end à dormir à bord, bercées par le clapot. La passion a traversé le temps, mais je le vois bien : sur les pontons, la jeunesse se fait rare. D'abord, il faut des pontons, des corps-morts, et puis surtout, il faut un bateau.
Dans les années 1970, un représentant de commerce pouvait offrir un Zef à ses trois enfants, un rêve accessible, payé de quelques mois de salaire et beaucoup d'enthousiasme. Aujourd'hui, pour voguer avec le nouveau First 36, il faut débourser plus de 400 000 €. Bien sûr, ce n'est pas le même monde que mon deriveur avec son pont en bois. Mais le résultat est là : naviguer est devenu un luxe, supplanté par des écrans, des abonnements et même une future taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel (Révision de la TAEMUP : la facture va-t-elle grimper pour les plaisanciers ?).
Et je me demande, avec un pincement au cœur, si, privés de ce contact avec le vent, le sel, la lumière mouvante de la mer, nos petits-enfants sauront encore un jour ce que c'est que cette liberté : celle d'un Zef qui file au large, dans le silence du large et le battement du cœur.
Pour la première fois cette année, plusieurs grands ports de la façade atlantique ont vu leur liste d'attente raccourcir. Signe d'un tournant ? Peut-être. Car sans plaisanciers, c'est toute l'industrie nautique qui s'essouffle. Faut-il y voir une fatalité ? Pas forcément. L'État, en partenariat avec la Confédération de la plaisance, vient de présenter sa Feuille de route Nautisme et Plaisance.
Ce document fixe 37 actions concrètes pour préparer l'avenir du secteur à l'horizon 2030. En le lisant, il a fallu attendre l'action n°20 pour voir enfin apparaître une mesure positive pour les plaisanciers. Pas de chance pour nous : il s'agit de faciliter l'accueil des plaisanciers en provenance directe d'un pays tiers. La suite est hélas du même acabit :
- Action 21 : Déployer et faire connaître auprès des acheteurs et des professionnels l'outil de diagnostic prévente afin de sécuriser les ventes de bateaux d'occasion.
- Action 22 : Poursuivre le déploiement du Brevet d'initiation à la mer (BI Mer), mis en place à la rentrée scolaire 2022 dans les lycées de l'Éducation nationale.
- Action 28 : Structurer et digitaliser l'offre touristique nautique pour rendre les activités accessibles au grand public.
- Action 29 : Communiquer pour promouvoir la pratique des loisirs nautiques.
- Action 35 : Moderniser les dispositifs de défiscalisation et de réduction d'impôts au profit du secteur du nautisme et de la plaisance au titre des investissements productifs outre-mer.
On pouvait s'attendre à un plan horssec, une stratégie simple et directe pour remettre les gens sur l'eau. Les idées, pourtant, ne manquent pas : aligner la puissance des moteurs utilisables sans permis sur celle des autres pays européens (Permis bateau en Europe : des règles très différentes d'un pays à l'autre), réorienter la taxe TAEMUP vers des actions concrètes en faveur de la plaisance comme du soutien aux activités nautiques scolaires, des classes de mer, des clubs locaux, ou aussi encourager le développement des points de location pour rendre la mer plus accessible, ou enfin réintroduire la voile légère à l'aide d'outils modernes d'apprentissage. Autant de pistes simples, pragmatiques, capables de redonner le goût du large.
Et vous, quelles idées auriez-vous pour faire revenir les jeunes, et les moins jeunes, sur l'eau ? Laissez nous des commentaires.
Un décalage de 50 ans
Aujourd'hui, mes filles ne manquent jamais une sortie en mer. Un après-midi à hisser la grand-voile, un week-end à dormir à bord, bercées par le clapot. La passion a traversé le temps, mais je le vois bien : sur les pontons, la jeunesse se fait rare. D'abord, il faut des pontons, des corps-morts, et puis surtout, il faut un bateau.
Dans les années 1970, un représentant de commerce pouvait offrir un Zef à ses trois enfants, un rêve accessible, payé de quelques mois de salaire et beaucoup d'enthousiasme. Aujourd'hui, pour voguer avec le nouveau First 36, il faut débourser plus de 400 000 €. Bien sûr, ce n'est pas le même monde que mon deriveur avec son pont en bois. Mais le résultat est là : naviguer est devenu un luxe, supplanté par des écrans, des abonnements et même une future taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel (Révision de la TAEMUP : la facture va-t-elle grimper pour les plaisanciers ?).
Garder le gout de la mer ?
Et je me demande, avec un pincement au cœur, si, privés de ce contact avec le vent, le sel, la lumière mouvante de la mer, nos petits-enfants sauront encore un jour ce que c'est que cette liberté : celle d'un Zef qui file au large, dans le silence du large et le battement du cœur.
Pour la première fois cette année, plusieurs grands ports de la façade atlantique ont vu leur liste d'attente raccourcir. Signe d'un tournant ? Peut-être. Car sans plaisanciers, c'est toute l'industrie nautique qui s'essouffle. Faut-il y voir une fatalité ? Pas forcément. L'État, en partenariat avec la Confédération de la plaisance, vient de présenter sa Feuille de route Nautisme et Plaisance.
Une feuille de route qui oubli le plaisancier ?
Ce document fixe 37 actions concrètes pour préparer l'avenir du secteur à l'horizon 2030. En le lisant, il a fallu attendre l'action n°20 pour voir enfin apparaître une mesure positive pour les plaisanciers. Pas de chance pour nous : il s'agit de faciliter l'accueil des plaisanciers en provenance directe d'un pays tiers. La suite est hélas du même acabit :
- Action 21 : Déployer et faire connaître auprès des acheteurs et des professionnels l'outil de diagnostic prévente afin de sécuriser les ventes de bateaux d'occasion.
- Action 22 : Poursuivre le déploiement du Brevet d'initiation à la mer (BI Mer), mis en place à la rentrée scolaire 2022 dans les lycées de l'Éducation nationale.
- Action 28 : Structurer et digitaliser l'offre touristique nautique pour rendre les activités accessibles au grand public.
- Action 29 : Communiquer pour promouvoir la pratique des loisirs nautiques.
- Action 35 : Moderniser les dispositifs de défiscalisation et de réduction d'impôts au profit du secteur du nautisme et de la plaisance au titre des investissements productifs outre-mer.
Un manque d'audace pour relancer la navigation ?
On pouvait s'attendre à un plan horssec, une stratégie simple et directe pour remettre les gens sur l'eau. Les idées, pourtant, ne manquent pas : aligner la puissance des moteurs utilisables sans permis sur celle des autres pays européens (Permis bateau en Europe : des règles très différentes d'un pays à l'autre), réorienter la taxe TAEMUP vers des actions concrètes en faveur de la plaisance comme du soutien aux activités nautiques scolaires, des classes de mer, des clubs locaux, ou aussi encourager le développement des points de location pour rendre la mer plus accessible, ou enfin réintroduire la voile légère à l'aide d'outils modernes d'apprentissage. Autant de pistes simples, pragmatiques, capables de redonner le goût du large.
Et vous, quelles idées auriez-vous pour faire revenir les jeunes, et les moins jeunes, sur l'eau ? Laissez nous des commentaires.

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