Le SailGP a frôlé le pire à Auckland. Dans une collision spectaculaire entre la France et la Nouvelle-Zélande, deux marins ont été blessés et deux F50 lourdement détruits. Exonérés, les Français voient pourtant leur week-end s'arrêter net, tandis que l'Australie s'impose au terme d'une étape assombrie par l'accident.
Un crash "le plus violent" vécu par l'équipe de France
L'impact s'est produit lors de la première journée de course, dans des conditions pourtant jugées "propres" : vent de sud-ouest établi entre 15 et 18 nœuds, avec des claques à 20 nœuds, mer plate. Mais à proximité de la côte, une risée brutale est venue déséquilibrer le F50 néo-zélandais.

Selon l'équipe de France, les Black Foils sont entrés en survitesse, très haut sur les foils, avant de décrocher. Le bateau aurait alors pivoté de façon soudaine, se présentant quasiment face au F50 tricolore, rendant la collision inévitable.
"Ça a été un crash très violent, le plus violent qu'on ait pu vivre sur SailGP", a réagi Quentin Delapierre, ...
... pilote du DS Automobiles SailGP Team France, peu après l'accident. Le bilan aurait pu être pire si le skipper français n'avait pas eu un étonnant reflexe d'évitemment.
Au moment de l'impact, la stratège française Manon Audinet se trouvait sous le vent, en préparation d'un empannage. Elle a été violemment projetée vers l'avant du cockpit, provoquant notamment la rupture du volant du F50. Prise en charge immédiatement par l'équipe médicale de SailGP, elle a été évacuée vers l'hôpital d'Auckland pour des examens complémentaires, notamment afin d'écarter toute lésion abdominale. Elle a été maintenue en observation.
Côté néo-zélandais, Louis Sinclair, grinder des Black Foils, a également été blessé. Selon le média Néo-Zélandais Stuff, il souffre de fractures ouvertes aux deux jambes, nécessitant une intervention chirurgicale.
Sportivement, l'enquête du jury a rapidement tranché : l'équipe française a été exonérée de toute responsabilité dans la collision. Les Néo-Zélandais ont écopé de huit points de pénalité.
Au classement provisoire à l'issue de la première journée, la France pointait même en tête. Mais l'essentiel n'était déjà plus là : l'accident a fait basculer le week-end dans une atmosphère lourde, et la question de la sécurité des F50 à 13 bateaux sur un plan d'eau étroit est revenue au premier plan.
Les dégâts sur le catamaran français sont considérables. Philippe Presti, team manager du DS Automobiles SailGP Team France, a dressé un constat sans appel : plusieurs éléments structurels sont touchés (coques, appendices, systèmes de contrôle), et la plateforme ne pourra pas être réparée à temps.
"La coque est quasiment coupée en deux à partir du milieu du bateau. L'étrave est totalement désolidarisée du reste. Le cockpit est très endommagé, tout comme le foil bâbord ", a détaillé Philippe Presti.
Résultat : malgré une première journée prometteuse, l'équipe de France n'a pas été en mesure de prendre le départ du second jour de compétition.
Avec deux bateaux hors course (France et Nouvelle-Zélande), SailGP a dû adapter son dispositif. La flotte restante a été répartie en deux groupes, une décision prise dans un contexte où tous les équipages ont reconnu naviguer avec davantage de prudence.
"C'était un accident vraiment effrayant et tout le monde a été très marqué ", a résumé Nicolai Sehested, pilote danois, évoquant l'état d'esprit général dans le paddock.
La collision d'Auckland a également ravivé un débat que la ligue connaît bien : ces catamarans F50, capables d'approcher les 100 km/h, évoluent sur des parcours de plus en plus serrés, dans une flotte de plus en plus dense.
Dans ce climat, l'Australie a remporté la grande finale, devant la Grande-Bretagne et l'Espagne. Une victoire importante pour Tom Slingsby et son équipe, mais sans euphorie.
Le skipper australien a lui-même reconnu que le choc avait laissé des traces : "C'était terrifiant", a-t-il déclaré, évoquant son attachement personnel aux marins néo-zélandais et le sentiment de vulnérabilité ressenti par l'ensemble de la flotte.
Au-delà du résultat sportif, Auckland restera comme un avertissement. Jamais depuis la création de SailGP en 2019, une collision d'une telle violence n'avait été observée, avec deux plateformes gravement endommagées et des blessés hospitalisés.
La ligue, qui a fait du spectacle et de la vitesse son ADN, se retrouve face à un paradoxe : plus les bateaux volent vite, plus la marge d'erreur se réduit. Et plus la flotte s'agrandit, plus le risque d'incident majeur augmente.
Avec 13 bateaux engagés à Auckland — et 14 annoncés la saison prochaine — SailGP sait déjà qu'il devra continuer à adapter ses formats. Mais après ce crash, une question devient centrale : jusqu'où peut-on pousser le curseur du "sport extrême" sans franchir la ligne rouge ?
Manon Audinet projetée : examens et observation à l'hôpital d'Auckland
Au moment de l'impact, la stratège française Manon Audinet se trouvait sous le vent, en préparation d'un empannage. Elle a été violemment projetée vers l'avant du cockpit, provoquant notamment la rupture du volant du F50. Prise en charge immédiatement par l'équipe médicale de SailGP, elle a été évacuée vers l'hôpital d'Auckland pour des examens complémentaires, notamment afin d'écarter toute lésion abdominale. Elle a été maintenue en observation.

Côté néo-zélandais, Louis Sinclair, grinder des Black Foils, a également été blessé. Selon le média Néo-Zélandais Stuff, il souffre de fractures ouvertes aux deux jambes, nécessitant une intervention chirurgicale.
Le jury exonère la France, pénalise les Black Foils
Sportivement, l'enquête du jury a rapidement tranché : l'équipe française a été exonérée de toute responsabilité dans la collision. Les Néo-Zélandais ont écopé de huit points de pénalité.
Au classement provisoire à l'issue de la première journée, la France pointait même en tête. Mais l'essentiel n'était déjà plus là : l'accident a fait basculer le week-end dans une atmosphère lourde, et la question de la sécurité des F50 à 13 bateaux sur un plan d'eau étroit est revenue au premier plan.
"La coque est coupée en deux " : un F50 irréparable dans les temps
Les dégâts sur le catamaran français sont considérables. Philippe Presti, team manager du DS Automobiles SailGP Team France, a dressé un constat sans appel : plusieurs éléments structurels sont touchés (coques, appendices, systèmes de contrôle), et la plateforme ne pourra pas être réparée à temps.

"La coque est quasiment coupée en deux à partir du milieu du bateau. L'étrave est totalement désolidarisée du reste. Le cockpit est très endommagé, tout comme le foil bâbord ", a détaillé Philippe Presti.
Résultat : malgré une première journée prometteuse, l'équipe de France n'a pas été en mesure de prendre le départ du second jour de compétition.
Dimanche sous tension : format modifié et flotte divisée
Avec deux bateaux hors course (France et Nouvelle-Zélande), SailGP a dû adapter son dispositif. La flotte restante a été répartie en deux groupes, une décision prise dans un contexte où tous les équipages ont reconnu naviguer avec davantage de prudence.
"C'était un accident vraiment effrayant et tout le monde a été très marqué ", a résumé Nicolai Sehested, pilote danois, évoquant l'état d'esprit général dans le paddock.
La collision d'Auckland a également ravivé un débat que la ligue connaît bien : ces catamarans F50, capables d'approcher les 100 km/h, évoluent sur des parcours de plus en plus serrés, dans une flotte de plus en plus dense.
Victoire australienne, mais célébration contenue
Dans ce climat, l'Australie a remporté la grande finale, devant la Grande-Bretagne et l'Espagne. Une victoire importante pour Tom Slingsby et son équipe, mais sans euphorie.

Le skipper australien a lui-même reconnu que le choc avait laissé des traces : "C'était terrifiant", a-t-il déclaré, évoquant son attachement personnel aux marins néo-zélandais et le sentiment de vulnérabilité ressenti par l'ensemble de la flotte.
Au-delà du résultat sportif, Auckland restera comme un avertissement. Jamais depuis la création de SailGP en 2019, une collision d'une telle violence n'avait été observée, avec deux plateformes gravement endommagées et des blessés hospitalisés.
La ligue, qui a fait du spectacle et de la vitesse son ADN, se retrouve face à un paradoxe : plus les bateaux volent vite, plus la marge d'erreur se réduit. Et plus la flotte s'agrandit, plus le risque d'incident majeur augmente.
Avec 13 bateaux engagés à Auckland — et 14 annoncés la saison prochaine — SailGP sait déjà qu'il devra continuer à adapter ses formats. Mais après ce crash, une question devient centrale : jusqu'où peut-on pousser le curseur du "sport extrême" sans franchir la ligne rouge ?

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