Interview d'Alain Pochon, Président du Grand Pavois, Partie 2

Découvrez la deuxième partie de l'interview d'Alain Pochon qui porte sur son ressenti du marché et l'organisation du salon.

Le Grand Pavois a accueilli  93 000 visiteurs en 2013, est-ce le score à battre cette année ? Peut-on dire qu’il reflète la tendance du marché ?

Le Grand Pavois, c'est 100 000 mètres carré d'exposition, 700 exposants, 35 pays représentés, 650 bateaux représentés (250 bateaux à flots, supérieurs à 8 mètres et 400 unités à terre, inférieures à 8 mètres) et 12 % qui sont des annexes, des canoés-kayaks…

Bien que le secteur est en crise depuis 2008 - l'ensemble des entreprises a perdu une part de marché importante sur le plan national même si elles retrouvent une certaine partie de leur chiffre d'affaire à l'international - ce qui est intéressant cette année, malgré la morosité du secteur, c'est qu'il y a 69 % de nouveauté au niveau des bateaux à moteur, 27 % dans les bateaux à voile et 7 % dans les canoés, les barques…

Aujourd'hui avec la fiscalité mise en place sur les ménages, s'il y a des coupes à faire, elles se font forcément sur les loisirs et nous sommes touchés de plein fouet.

Au niveau des visiteurs qui viennent au Grand pavois, 75 % viennent sur invitation des professionnels du nautisme, ce sont avant tout des navigateurs, des acheteurs professionnels qui viennent pour acquérir un bateau, de l'électronique, des équipements… Entre 18 et 20 % sont des visiteurs qui viennent pour voir les invités d'honneur, rêver devant les bateaux…

Les plus petits bateaux exposés sont des semi-rigides d'environ 4,50 mètres jusqu'aux bateaux en coque dure, en passant par les canoés, la glisse… L'offre est très importante ce qui permet d'offrir une couverture large en matière de budget.

En tant qu'indicateur avancée de la santé du marché, quel est votre sentiment ?

Après une crise en 2008/2009, le marché était reparti en 2010. Depuis 2011, il est de nouveau en baisse. Il ne repart pas, ce serait mentir de dire le contraire, c'est une vision euphorique. Les chantiers qui sont très dynamiques recherchent des marchés à l'international mais c'est très dur pour les entreprises qui souffrent. Il ne faudrait pas que ça continue comme ça encore longtemps. Pourtant, comme pour l'immobilier, les taux sont bas mais le pouvoir d'achat est réduit à cause de la fiscalité.

Quand on pense qu'à la première édition, 34 exposants et 64 bateaux étaient présents sur le salon et que 3709 visiteurs avaient arpenté les pontons, quel recul avez-vous par rapport à cette fabuleuse évolution ?

Le Grand Pavois est le travail d'une équipe et non pas d'un homme seul. Nous sommes un Conseil d'administration de 12 personnes et travaillons dans une bonne ambiance. Le salon a évolué, et malgré la situation économique, nous continuons de nous projeter.

Quelle est la recette du succès du salon ? Est-ce le fait de mélanger toutes les catégories de bateaux (voile légère, yachts…), son positionnement dans l'année… ?

La recette du Grand Pavois repose avant tout sur le fait que ce soit une association qui travaille bénévolement, qu'il y ait un conseil qui se réunit tous les mois avec des administrateurs issus de différents univers : chantiers, motoristes, loueurs, équipementiers… Lors de ces conseils qui durent environ 5 heures, nous suivons la tendance et la situation du marché, la situation économique, on cherche des voies pour notre profession. Nous n'avons aucun intérêt pécunier, nous sommes là pour faire avancer la profession.

D'autre part, le Grand Pavois est soutenu par les collectivités locales comme le Conseil Régional de Poitou-Charentes, le Conseil Général de Charente-Maritime, la Communauté d'Agglomération de La Rochelle, ce qui permet d'obtenir un rapport qualité/prix le plus bas du marché. Par rapport aux autres salons importants, les prix sont très attractifs pour les prestations offertes.

Le Grand Pavois propose également un espace glisse, un espace pêche, est-ce une nouvelle tendance du marché ?

Le Grand Pavois a mis en place l'espace glisse car nous avons parmi les membres du Conseil un représentant du secteur qui nous rapporte les tendances du marché. Même chose pour la pêche. Ce sont des secteurs qui fonctionnent. Tous les espaces ont été créés en s'appuyant sur l'expérience de chacun et l'échange entre les membres.

Quelles sont les grandes évolutions apportées au salon cette année ?

Cette année, il n'y a pas de grandes évolutions à proprement parler mais plutôt des améliorations du salon pour les clients exposants comme pour les visiteurs du salon. Nous avons également beaucoup investi dans l'espace Premium avec un service de voiturier, un accès direct au Club Grand Pavois Lounge Premium, un accueil personnalisé… Le Pôle Catamaran est également en évolution.

Le salon se déroule sur six jours et un week-end, peut-on en déduire qu'il s'adresse plus aux professionnels qu'aux particuliers ?

Le Grand Pavois est un salon grand public, un salon des passionnés avec des bateaux à vendre, des équipements à vendre. Les journées où l'on fait le moins d'entrées, ce sont pratiquement les dimanches, où les gens viennent se promener et rêver. La semaine, ils veulent voir les bateaux, ont déjà des idées plus ou moins précises, il y a donc plus de trafic niveau affaire.

Au niveau des exposants et des bateaux présentés, sentez-vous une tendance de fond s'établir (multicoques, 40/45 pieds, trawlers…) ?

Pas forcément, on est toujours dans les 60/40, 56 % de bateaux à moteur et 44 % de voiliers. Cependant le modèle qui attire le plus est le catamaran.

Utiliserez-vous toujours le système des "minis-marinas" pour les essais en mer ?

Oui, les minis-marinas ont été mises en place il y a quelques années et elles permettent de mieux présenter les bateaux. C'est aussi plus facile de travailler avec les concessionnaires présents, ça améliore les conditions de travail.

Les préparatifs ont commencé, quelle est la plus grande difficulté dans l'organisation du salon ou votre plus grosse crainte ?

Le temps, toujours les conditions météorologiques car le Grand Pavois est construit de toute pièce.

Comment s'est fait la rencontre avec Antoine ALBEAU, un palmarès exceptionnel ! Multiple champion de windsurf avec ses 21 titres de Champion du monde et François GABART, skipper du 60' MACIF, les parrains de cette édition ?

Antoine Albeau est un visiteur aguerri du Grand Pavois et l'espace glisse est important pour lui comme pour nous. François Gabart est également un proche du Grand Pavois avec Macif qui est toujours présent sur le salon.

Nous avons mis en place des relations avec un certain nombre de personnes du milieu sportif ce qui nous permet d'avoir des parrains d'exception. Sans oublier le 60' Macif qui sera présent sur le salon.

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