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Avis de tempête pour l'Hermione et son équipage

Le 29 juillet dernier, l'Hermione recevait un bulletin météo annonçant à ouragan. Alors que tout l'équipage se préparait pour l'affronter, c'est finalement une tempête qui est venue secouer la frégate.

L'Hermione dans la tempête en Atlantique Nord
Le

Se préparer à affronter un ouragan...

L'Hermione fait route vers Brest, pour son grand retour le 10 août prochain. Partie de Saint-Pierre-et-Miquelon le 24 juillet dernier, elle rencontre des conditions de navigation difficiles. Contrairement à l'aller, l'équipage s'attendait en effet à rencontrer quelques aléas dans l'Atlantique Nord. Le 3 août, une dépression, prévue et espérée de longue date, s'était annoncée, pour propulser le navire vers les côtes françaises.

En effet, contrairement à nos voiliers modernes d'aujourd'hui, les vieux gréements ne naviguent que par vent arrière. C'est pourquoi le commandant Yann Cariou et ses hommes et femmes d'équipage étaient obligés d'attendre une dépression pour avancer. Mais finalement, tout ce n'est pas déroulé comme prévu. Le mercredi 29 juillet dernier, 24 heures avant l'arrivée de la dépression, celle-ci s'est transformée en ouragan.

"Les dernières 48 heures resteront probablement gravées dans nos mémoires pour le restant de notre vie. Mercredi 29, vers 22 h 30, l'avis tombe. La dépression que nous souhaitons accrocher vient de changer de classification. Après avoir aspiré deux autres dépressions, elle s'est transformée en ouragan. Sur le pont, c'est le branle-bas de combat" raconte Loïc Bailliard, sur le blog de l'Hermione.

Dans la vidéo qui retrace ces 48 heures "mémorables" vécues par l'ensemble de l'équipage, on peut voir le commandant Yann Cariou, une pointe d'inquiétude dans la voix, briefer l'équipe de pont "Un ouragan, ça rigole pas, c'est pas une tempête ! Une tempête on peut encore… Ce bateau n'est pas fait pour affronter un ouragan ! C'est simple, c'est pas fait pour ça. Ça rigole pas là, faut pas prendre ça à la légère."

... Qui se transforme en tempête

Les 80 membres d'équipages et le commandant se préparaient donc à devoir affronter des conditions dantesques – vent de 70 nœuds (130 km/h) avec des rafales entre 110 et 120 nœuds – il n'en a rien été. Finalement, un nouveau bulletin météo a requalifié l'ouragan en tempête, puis en un gros coup de vent.

"Difficile de décrire une journée comme celle que nous venons de passer. Difficile également de la rendre à l'image. Quoi qu'on fasse, les objectifs affaissent les montagnes d'eau qui ont défilé sous notre quille et les mots n'ont pas la force d'une rafale de vent à 45 nœuds. Les regards ont été nombreux à se perdre dans cette majestueuse houle atteignant 7 mètres établis au plus fort. Si on se sent petit lorsqu'on traverse un océan, on se sent franchement minuscule face ces vagues aussi belles, attirantes et dangereuses que les sirènes de l'Odyssée. Lorsqu'on les voit déferler au-dessus des passavants, que le sillage de L'Hermione semble onduler devant nos yeux sur les chemins escarpés d'une colline en mouvement perpétuel, que l'on se retrouve presque couché sur le pont afin de compenser le roulis, que l'on voit la pointe des canons effleurer la surface de l'eau, que le pont tremble sous nos pieds lorsque la frégate accélère en surfant sur les vagues, on se sent plus vivant que jamais" rapporte de nouveau, le journaliste, sur le blog de la frégate.

Et cette tempête a été l'occasion pour la réplique de la frégate de La Fayette de battre un nouveau record de vitesse, avec une pointe de 13,3 nœuds atteinte 2 fois dans la journée et près de 11 nœuds de moyenne avec 130 milles parcourus en 12 h. Le précédent record était de 12,7 nœuds lors des essais en mer 2014. "Entre minuit jeudi t minuit vendredi, nous avions même enfin dépassé les 240 miles nautiques en 24 h, soit 10 nœuds de moyenne !" rapporte le blog.

Crédits photos : Loïc Bailliard / Association Hermione La Fayette

Reportage : L'Hermione

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Yann Plusquellec 04 Août 2015
je croyais que les navires de guerre de cette époque navigaient sabords fermés, les canons rentrés derrière le bordé. Ils ne les ouvraient et ne sortaient les canons qu'en situation de combat, ou pour la parade, non? Cela avait aussi l'avantage de centrer les masses et de limiter le tangage par gros temps.

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