Maxi Edmond de Rothschild : un nouvel Ultime sur le plan d'eau

Mise à l'eau du Maxi Edmond de Rothschild

Ce lundi 17 juillet 2017, le maxi trimaran Edmond de Rothschild a été mis à l'eau, à Vannes, sur le chantier Multiplast, où il a été construit. Il a ensuite rejoint Lorient pour recevoir son mât et enchainera avec des tests de résistance dans les prochaines semaines. Découverte en image du trimaran volant.

Mise à l'eau réussie

Le Maxi Edmond de Rothschild a été mis à l'eau à Vannes ce lundi 17 juillet 2017, sous les yeux de tout le Gitana Team. En chantier depuis 20 mois, le Gitana 17 (son nom de baptême) sera le premier trimaran océanique conçu pour voler au large. A cet effet, ses appendices sont tous dotés d’élévateur, même la dérive centrale. C'est l'architecte français Guillaume Verdier qui a conçu ce nouveau prototype, lui qui vient de remporter la Coupe de l'America avec les Néozélandais, a aussi été l'initiateur des monocoques à foils du dernier Vendée Globe.

Le Maxi Edmond de Rothschild sera donc à la liaison entre l'univers de la course large et celui de la voile à foils, pratiquée surtout en baie, comme sur la Coupe de l'America notamment.

Après sa mise à l'eau, le trimaran a rejoint Lorient pour recevoir son espar de 35 mètres qui portera jusqu'à 650 m2 de toile. Dans les semaines à venir, s'enchaîneront les tests de résistance en charge, les navigations et les premiers vols.

Pour sa première navigation, Sébastien Josse, en compagnie de Thomas Rouxel, s'élancera sur la Transat Jacques Vabre, entre Le Havre et Salvador de Bahia au Brésil. Il participera ensuite à La Route du Rhum (2018) puis à la première course autour du monde en solitaire créée pour ces multicoques ultimes (2019).

"Je suis forcément très impatient mais je reste discret et suis très impressionné par le travail de toute l'équipe. On ne naviguera pas pareil en solitaire ou en équipage, ni en records ou en courses. Les records sont aujourd'hui battus par des équipes qui s'y attèlent depuis longtemps. Il y a une grande part d'inconnu, beaucoup de choses sont ici essayées pour la première fois. Nous allons devoir y aller crescendo, se rencontrer avec ce bateau, s'écouter pour bien se comprendre. La course autour du monde de 2019 apportera en temps voulu, cette pression de la compétition qui va nous passionner avec non seulement la part technologique et bien sûr une aventure humaine incroyable dans une ambiance de pionniers" a indiqué Sébastien Josse.

Le premier bateau océanique capable de voler

La construction du maxi-trimaran aura nécessité 170 000 heures de travail et 20 mois de chantier. Il mesure 32 m de long et 23 de large et possède un tirant d'air de 37 m. L'objectif même de ce maxi trimaran c'est d'être un "deux-en-un" et de pouvoir littéralement voler. Ainsi, il possède des 6 appendices porteurs : des foils en L de 5 mètres de haut pour près de 3 d’envergure – les plus grands jamais construits - des safrans en T rétractables qui jouent le rôle d'élévateur pour faire décoller le bateau.

L'utilisation des immenses foils en L et les safrans en T implique de la hauteur pour les flotteurs et un maximum de raideur pour la plate-forme. Les bras reliés à la coque centrale sont rectangulaires – et non courbes – afin d'optimiser la rigidité́. Ces bras droits sont carénés comme des ailes d'avion afin d'ajouter de l'effet aérodynamique.

"Il y a dix ans, nous nous interrogions sur la taille des enrouleurs de voiles d'avant, de la force que supportaient les winches, si on mettait des vérins pour certaines fonctions ou de la bascule sur le mât. Aujourd'hui, on ne se pose plus ces questions mais on se demande quel angle donner aux flaps (comme les volets des ailes d'avion), quel type, quelle envergure... On se pose de nouvelles questions sur de nouvelles choses. C'est un bateau de large conçu comme un petit foiler et il a quasiment toutes les fonctions d'un bateau de l'America's Cup. C'est le début d'une longue découverte, on ouvre une voie, avec un bateau qui a le potentiel de voler au large, maintenant il s'agit de le faire" explique Pierre Tissier, directeur technique du Gitana Team.

Le Maxi Edmond de Rothschild est pensé pour le solitaire mais conviendra aussi à l'équipage et sans être modulable. En solitaire, Sébastien Josse utilisera le pont avec le centre de commandement et la zone de vie, tandis qu'en équipage, la coque centrale servira de zone de vie pour l'ensemble des équipiers.

Profilée pour diminuer le fardage et rester dans le caractère aérodynamique du bateau, la casquette rapportée sur la coque centrale permet de créer une cellule de vie très protégée. En solitaire, le skipper y passera tout son temps et, en équipage, des bannettes sont prévues en-dessous, à l'intérieur de la coque centrale.

Comme sur les unités de l'America's Cup, le Maxi Edmond de Rothschild est doté́ de trois coques planantes aux étraves inversées et à fond plat, afin d'augmenter la capacité à voler et assurer une excellente stabilité par mer formée. La coque centrale et les flotteurs sont hauts de franc-bord pour un meilleur rempart à la mer.

"L'idée première était de concevoir le premier bateau océanique capable de voler avec une fiabilité à toute épreuve. Il y a des élévateurs sur tous les appendices. La dérive a, elle-aussi, un plan porteur en forme d'aile de raie afin de gagner encore un peu plus en stabilité en gîte et avec le roulis. Cela fait énormément de points de réglage pour Sébastien (Josse). Il va falloir y aller par étape, savoir comment être suffisamment raisonnable, savoir aussi comment faire lorsque la mer sera trop forte. Nous étions 80 chez Team New Zealand pour répondre à ces questions. Il va donc falloir être patient, échanger beaucoup pour révéler le potentiel de ce bateau" détaille Guillaume Verdier.

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