Vers un Vendée Globe sans énergie fossile ?

Conrad Colman lors du Vendée Globe 2016-17

De la tentative de Yannick Bestaven en 2008 à la réussite de Conrad Colman en 2016, les skippers du Vendée Globe ont toujours cherché à moins polluer. Mais le diesel pour produire l'énergie utile au fonctionnement du bateau (pilote automatique, quille, ordinateur, communication…) restait le principal fournisseur. Heureusement les solutions techniques évoluent. Sommes-nous à la veille d'un prochain Vendée Globe vert ?

Le Vendée Globe vert ! Tout le monde l'espère depuis de nombreuses années, mais les coureurs ne semblaient pas prêts. Le Vendée Globe est avant tout une course et les skippers des compétiteurs. Tant qu'il sera plus simple, plus fiable et moins pénalisant en termes de performances de faire tourner un moteur diesel pour produire l'électricité requise par le bateau, le moteur diesel restera le choix des compétiteurs.

En effet, Michel Desjoyeaux (2 fois vainqueur) disait ne pas utiliser d'éolienne, car sa trainée aérodynamique freinait trop. Des litres de gasoil supplémentaire bien positionnés dans les fonds étaient moins pénalisants…

Yannick Bestaven en 2008 sur Aquarelle.com
Yannick Bestaven en 2008 sur Aquarelle.com

C'est Yannick Bestaven qui s'est inscrit au Vendée Globe 2008 sur Aquarelle.com avec le premier hydrogénérateur sur son tableau arrière. À l'époque, le produit conçu par l'ingénieur Matthieu Michou produisait tellement que le skipper avait installé un chauffage électrique sous le siège de sa table à carte. Pour dissiper le trop-plein d'énergie ! Hélas avec son démâtage le lendemain du départ, il n'a pas pu prouvé le bien-fondé du système. Mais la révolution était en marche et aujourd'hui quasiment 100% des voiliers qui ont pris le départ du dernier Vendée Globe étaient équipés d'un (ou plusieurs) hydrogénérateur.

Yannick Bestaven en 2008 sur Aquarelle.com
L'hydrogénérateur en 2008 sur Aquarelle.com

Pour les compétiteurs, la donne change en ce moment. Les moteurs électriques sont totalement fiables et la fourniture de l'énergie pour les faire fonctionner, avec les hydrogénérateurs, est performante. Reste plus qu'à stocker cette énergie pour s'en servir en temps voulu.

Le règlement du Vendée globe oblige les bateaux à être équipé d'une propulsion capable de les faire progresser à 5 nœuds pendant 5 heures. Une problématique insoluble avec un moteur électrique et les batteries actuelles. Conrad Colman qui est le premier à avoir réussi à boucler un tour du monde sans utiliser d'énergie fossile avait contourné le problème en embarquant un groupe électrogène (au gasoil donc) capable de fournir de l'électricité à son moteur pendant ce temps.

Aujourd'hui embarquer un moteur électrique et ses batteries est moins lourd qu'un moteur diesel et ses 250 litres de gasoil utilisés sur un Vendée Globe. C'est cette donnée qui devrait attirer les skippers vers cette solution : le gain de poids ! D'ailleurs Alex Thomson et Paul Mailhat se penchent actuellement sur cette question pour leurs futurs bateaux...

Alors le Vendée Globe 2020 sera-t-elle la première course sans énergie fossile ? Sans doute pas pour cette édition, mais on devrait voir arriver une nouvelle génération de bateau qui se passent de diesel…

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Domi Malou Montesinos - 06 Avril 2018
Enfin! J'ai toujours trouvé la pratique du groupe électrogène très choquante.
Carlos Martinez Blanco - 22 Avril 2018
Javier Sanso, "Bubí", Vendée Globe pas fini. A son Imoca : ACCIONA 100% eco, avec des paneaux, hydrogenerateurs etc... Dommage de ne pas boucler son deuxième VG.
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