Un joli canoë canadien construit en un temps record de 2,5 mois !
Esprit de l'eau au bord de la rivière
Après la réalisation d'un petit bateau à moteur, Jeff va se lancer dans la construction d'un canoë pour naviguer avec l'été suivant. Il a 2,5 mois pour le finir, avant de l'essayer sur une descente de rivière. Récit d'une construction amateur express.
Jean-François, ou Jeff, se laisse facilement embarquer dans des projets un peu fous. Pour autant, il a pour habitude de les mener à bien, comme le montre la construction de son runabout de 4,30 m. Cette fois, il discute avec deux amis qui naviguent régulièrement et loin en canoë : descente du Rhône du Léman à Marseille, Tour de Corse… Ce soir-là, il est question de la descente de la Sioule en Auvergne. Départ dans 2,5 mois. L'aventure tente bien Jeff, mais à condition de le faire sur un canoë de sa propre construction. Le voilà donc devant un nouveau chantier à réaliser en accéléré. Avec beaucoup de nuits blanches et une bonne connaissance du bricolage, le bateau sera terminé l'avant-veille du départ !
Achat des plans prêt à découper
Le plan Ricochet de canotier.com
Jeff commence par acheter les plans sur le site français canotier.com pour 60 €. C'est un petit canoë, dont le modèle porte le nom de Ricochet. Les plans arrivent en format papier avec tous les couples à l'échelle 1, et une notice de montage précise. Cela va accélérer le chantier pour toute la partie traçage.
Du red cedar pour les lattes
La poutre qui sera débitée en 200 lattes
Ce canoë est construit en strip planking, un collage successif de fines lattes en bois. Jeff se met en quête de red cedar, qu'il dégote chez un vieux menuisier : une poutre de 4,50 m de long qu'il va devoir déligner pour la transformer en latte. Il installe donc un système de guide sur sa scie à ruban, et découpe des bandes de 20 mm d'épais. Puis ces mêmes bandes seront redécoupées en lattes de 6 mm d'épaisseur. Enfin, avec une défonceuse, il va réaliser des formes concaves et convexes avec des fraises spécifiques. Ainsi l'assemblage et le collage seront facilités.
Cette opération de création de lattes sera longue et fastidieuse. En effet, si au début il obtient 10 planches à partir de la poutre, à la fin ce sont pas moins de 200 lattes qui seront fabriquées ! En plus, la longueur de 4,50 m n'est pas suffisante pour ce canoë. Les plus longues, avec la courbure de la coque, doivent mesurer 5 m. Jeff réalise donc des scarfs pour les réunir.
Pour le look, Jeff intègre dans le haut du bordé une latte en pin. Plus claire, elle va se démarquer des autres.
Finalement, Jett assemble son canoë sur le mannequin positionné à l'envers. La souplesse des lattes de red cedar facilite le travail. Chaque latte est collée avec la précédente, et tenue en place le temps du séchage par des petites agrafes. Elles seront ensuite supprimées.
L'étrave et la poupe sont réalisées en frêne pour changer de couleur. Jeff réalise une pièce en lamellé-collé avec 3 lattes collées sur le gabarit. Pour réussir à les ployer, il construit une étuve avec un tuyau de poêle installé sur une cocotte minute. 45 minutes de cuisson à la vapeur, et les lattes sont modelables à souhait. Elles seront collées à la colle PU, qui fonctionne encore mieux avec l'humidité.
Une fois la coque réalisée, Jeff va la couvrir d'une peau en fibres de verre. Elle est collée à la résine époxy. Mais avant cela, il faut supprimer les excès de colle PU. C'est avec un cutter que Jeff doit gratter toute la coque. Enfin, l'intérieur du bateau est aussi recouvert de résine pour éviter que le bis ne soit en contact avec l'humidité. L'ensemble du bateau est finalement protégé avec trois couches de vernis bicomposant. Des bancs en frêne et un pont avant et arrière complètent ce joli canoë.
La descente de la Sioule s'est bien effectuée avec 3 jours de bivouac. Pour autant, ce qui devait être une descente tranquille s'est transformée en une aventure mouvementée. En effet, les rapides et le manque d'eau ont mis à l'épreuve la coque nouvellement construite. Jeff a pu en valider la solidité, et surtout la souplesse. Au passage de certains rochers, il voyait la déformation du fond qui, malgré les rayures, n'a pas montré la moindre fissure ni entrée d'eau. En plus, cette navigation a prouvé la maniabilité du plan de ce canoë.
La construction - express - de ce canoë a couté environ 2000 € à son propriétaire. Aujourd'hui, il en profite souvent. Pesant environ 22 kg, il peut facilement le charger sur le toit de sa voiture pour l'emmener où il veut. Jeff réalise un logo où il apparait avec sa femme et son chien et surtout baptise son bateau "Esprit de l'eau".
La forme concave et convexe de chaque latte
Cette opération de création de lattes sera longue et fastidieuse. En effet, si au début il obtient 10 planches à partir de la poutre, à la fin ce sont pas moins de 200 lattes qui seront fabriquées ! En plus, la longueur de 4,50 m n'est pas suffisante pour ce canoë. Les plus longues, avec la courbure de la coque, doivent mesurer 5 m. Jeff réalise donc des scarfs pour les réunir.
Pour le look, Jeff intègre dans le haut du bordé une latte en pin. Plus claire, elle va se démarquer des autres.
Collage à la colle PU
Le gabarit de montage du canoë
Finalement, Jett assemble son canoë sur le mannequin positionné à l'envers. La souplesse des lattes de red cedar facilite le travail. Chaque latte est collée avec la précédente, et tenue en place le temps du séchage par des petites agrafes. Elles seront ensuite supprimées.
Collage des lattes sur le bateau présenté à l'enversLa coque avant la pose de la fibre de verre
L'étrave et la poupe sont réalisées en frêne pour changer de couleur. Jeff réalise une pièce en lamellé-collé avec 3 lattes collées sur le gabarit. Pour réussir à les ployer, il construit une étuve avec un tuyau de poêle installé sur une cocotte minute. 45 minutes de cuisson à la vapeur, et les lattes sont modelables à souhait. Elles seront collées à la colle PU, qui fonctionne encore mieux avec l'humidité.
Fabrication d'une étuve et construction de l'étrave
Trois couches de vernis
Les finitions des bordés
Une fois la coque réalisée, Jeff va la couvrir d'une peau en fibres de verre. Elle est collée à la résine époxy. Mais avant cela, il faut supprimer les excès de colle PU. C'est avec un cutter que Jeff doit gratter toute la coque. Enfin, l'intérieur du bateau est aussi recouvert de résine pour éviter que le bis ne soit en contact avec l'humidité. L'ensemble du bateau est finalement protégé avec trois couches de vernis bicomposant. Des bancs en frêne et un pont avant et arrière complètent ce joli canoë.
Découpe et assemblage des bancs3 couche de vernis de finition
Une première navigation mouvementée
Une navigation avec 3 bivouacs
La descente de la Sioule s'est bien effectuée avec 3 jours de bivouac. Pour autant, ce qui devait être une descente tranquille s'est transformée en une aventure mouvementée. En effet, les rapides et le manque d'eau ont mis à l'épreuve la coque nouvellement construite. Jeff a pu en valider la solidité, et surtout la souplesse. Au passage de certains rochers, il voyait la déformation du fond qui, malgré les rayures, n'a pas montré la moindre fissure ni entrée d'eau. En plus, cette navigation a prouvé la maniabilité du plan de ce canoë.
Le plaisir de naviguer sur "son" bateau
Esprit de l'eau...
La construction - express - de ce canoë a couté environ 2000 € à son propriétaire. Aujourd'hui, il en profite souvent. Pesant environ 22 kg, il peut facilement le charger sur le toit de sa voiture pour l'emmener où il veut. Jeff réalise un logo où il apparait avec sa femme et son chien et surtout baptise son bateau "Esprit de l'eau".