Une rénovation qui continue
Au précédent épisode se posait la question de l'énergie. Je devais changer les batteries du bord. En plus de la batterie moteur de 75 AH, j'ai opté pour 2x220 AH en batteries gel et un panneau solaire de 150 W. Celui-ci est posé sur la capote avec suffisamment de câblage pour le déplacer sur un flanc ou l'autre en fonction du besoin de recharger les batteries lors d'un long bord qui laisserait la capote à l'ombre. Sur ce plan, je loue encore la qualité des échanges que j'ai eu avec Arnaud de AD Le Havre et l'ensemble de l'équipe pour les conditions de leur soutien.

Côté accastillage du pont, il restait à installer un bout-dehors pour porter le grand A2. J'ai opté, sur conseils de Basile Geron de LH Yacht Services pour un Facnor augmenté d'une bague pour davier Selden. L'adaptation est parfaite et le grand spi se porte ainsi jusqu'au près si le vent est très faible.
Deux équipiers solides
Je rencontre enfin mon équipage, Jeanne Bourse et Baptiste Madic, le soir du départ pour le convoyage du Havre jusqu'à La Trinité afin de prendre part aux régates La Trinité-Cowes puis Cowes-Dinard.

Ce convoyage a été réalisé avec 4 jours de météo très variés, du près sous la grisaille à la pétole typiquement méditerranéenne. Un moment parfait pour faire connaissance ...
... avec les nouveaux équipiers et qu'ils découvrent le bateau.
Après quelques jours de repos à La Trinité, on pose le bout-dehors dont les derniers éléments sont arrivés la veille du départ. Vient alors le temps des derniers contrôles techniques et de sécurité, le moment aussi de débarrasser la coque de ses moindres algues.
Seabird x NITBY va se lancer avec la horde de voiliers pour le parcours qualificatif du Fastnet, sur deux courses enchaînées sans même 12h de repos entre les deux pour l'équipage, dont on va découvrir qu'il est mis à rude épreuve tant sur le plan physique qu'émotive.
En effet, quelques heures après avoir quitté La Trinité dans un fort vent de face et une mer de plus en plus forte elle aussi, Jeanne a été projetée contre une cloison du bateau. Baptiste, sauveteur SNSM, s'est immédiatement préoccupé de son état, décelant les signes de ce qui pourrait être une commotion cérébrale.
Je suis partagé, entre abandonner la course pour laquelle nous avons engagé tant d'énergie et sollicité des partenaires, ou continuer la boule au ventre quant à l'éventuelle dégradation de l'état de Jeanne.
Après une heure d'observation, je valide la proposition de Baptiste d'appeler le médecin de course. Les symptômes sont : "positif commotion". Nous nous trouvons entre Belle-Île et Groix. Pendant que nous contactons le CROSS, je ralentis le bateau et m'approche de la côte, pour nous abriter du vent et de la houle. La SNS174, le canot de Groix est mobilisé. Jeanne va être évacuée.
Une fois la décision prise de débarquer Jeanne, se joue la question de continuer ou non la régate. Abandonner cette course, c'est dire adieu au Fastnet. Baptiste et moi, nous nous consultons. Nous sommes prêts à continuer une fois Jeanne en sécurité, si le comité de course l'accepte. Nous échangeons avec Yves Le Blevec, le directeur de la course, qui nous donne son feu vert.
C'est assez particulier de gérer ces deux angoisses parallèles : la commotion de Jeanne et l'abandon de la course. On ne pourrait pas parler de soulagement à ce moment. Je dirais qu'un poids s'est enlevé quand le comité de course a accepté de nous garder dans la course, mais évidemment nous restons suspendus à l'accident de Jeanne, l'évolution de son état, l'imminence de son débarquement.
Ici, je salue l'incroyable efficacité des secours en mer français. Entre l'appel au CROSS et l'arrivée à couple de la vedette SNS, il s'est à peine passé plus d'une heure. C'est impressionnant, d'être face à une telle situation. Le cerveau fait alors le tri entre les urgences maîtrisables et celles qui ne le sont plus.
Désormais Jeanne est entre bonnes mains. Elle sera hospitalisée une heure plus tard et restera en observation à l'hôpital pendant 48h. Nous reprenons la course Baptiste et moi, 4h derrière les concurrents qui ont filé avec le courant vers le raz de Sein. Nous serons en queue de peloton, nous le savons, mais la résilience et la ténacité sont au cœur des valeurs du projet Seabird.
Nous irons jusqu'au bout dans des conditions contrastées, 30 nœuds au près en rafales et une mer forte de face pendant 30h, puis un calme presque total dans la Manche. Nous accostons à Cowes une heure après la fermeture de ligne, mais les conditions de notre course incitent les organisateurs à valider notre parcours.
Jeanne, dont le tempérament est décidément bien accordé à la philosophie du bord, nous rejoint le soir même à Cowes. Le temps d'un bon resto et d'un bout de nuit et nous repartons pour Cowes-Dinard.
Formidable sortie du Solent, Seabird remonte des concurrents plus gros que lui et avance à merveille. Jusqu'à ce que… le vent tombe, complètement. Juste à la sortie du Solent. Il doit être 14h, nous sommes partis depuis à peine une heure et je prendrais des photos du coucher de soleil sur la côte Anglaise le soir au même endroit. Ce n'est pas dur, c'est insupportable !
Puis le vent revient avec la nuit tombante. Sous spi, Seabird se relance et je garderais longtemps les images de cette nuit à la barre avec la lune coincée entre le mât et le spi. Nous arrivons en bas de classement, 34e sur 42, mais sommes tous dans un mouchoir de poche, ce qui allège un peu l'aigreur.
Quoiqu'il en soit, nous sommes qualifiés pour le Fastnet, l'objectif majeur de cette aventure et j'écris ces lignes, dans Seabird amarré à Cherbourg, interrompu par les visiteurs passionnés heureux de voir un Nicholson33 rutilant prendre le départ de cette 100e édition !
Quelques travaux sont encore à réaliser avant de rejoindre la ligne de départ. Le Solent qui avait mal vécu la traversée La Trinité-Cowes est entre les mains de la voilerie Cherbourgeoise qui a bien voulu dégager du temps pour le réparer pour la course à venir. Nous accueillons un membre en plus dans l'équipage, Corentin Cozanet qui sera le médiaman pour l'épreuve !
Seabird est un des plus petits et anciens bateaux a participer cette année, il fête ses 50 ans pour le centenaire du Fastnet. Nous serons au départ : pari tenu !
Deux courses qualitatives
Après quelques jours de repos à La Trinité, on pose le bout-dehors dont les derniers éléments sont arrivés la veille du départ. Vient alors le temps des derniers contrôles techniques et de sécurité, le moment aussi de débarrasser la coque de ses moindres algues.

Seabird x NITBY va se lancer avec la horde de voiliers pour le parcours qualificatif du Fastnet, sur deux courses enchaînées sans même 12h de repos entre les deux pour l'équipage, dont on va découvrir qu'il est mis à rude épreuve tant sur le plan physique qu'émotive.
Une équipière assommée !
En effet, quelques heures après avoir quitté La Trinité dans un fort vent de face et une mer de plus en plus forte elle aussi, Jeanne a été projetée contre une cloison du bateau. Baptiste, sauveteur SNSM, s'est immédiatement préoccupé de son état, décelant les signes de ce qui pourrait être une commotion cérébrale.
Je suis partagé, entre abandonner la course pour laquelle nous avons engagé tant d'énergie et sollicité des partenaires, ou continuer la boule au ventre quant à l'éventuelle dégradation de l'état de Jeanne.

Après une heure d'observation, je valide la proposition de Baptiste d'appeler le médecin de course. Les symptômes sont : "positif commotion". Nous nous trouvons entre Belle-Île et Groix. Pendant que nous contactons le CROSS, je ralentis le bateau et m'approche de la côte, pour nous abriter du vent et de la houle. La SNS174, le canot de Groix est mobilisé. Jeanne va être évacuée.
Dilemme : continuer ou non ?
Une fois la décision prise de débarquer Jeanne, se joue la question de continuer ou non la régate. Abandonner cette course, c'est dire adieu au Fastnet. Baptiste et moi, nous nous consultons. Nous sommes prêts à continuer une fois Jeanne en sécurité, si le comité de course l'accepte. Nous échangeons avec Yves Le Blevec, le directeur de la course, qui nous donne son feu vert.

C'est assez particulier de gérer ces deux angoisses parallèles : la commotion de Jeanne et l'abandon de la course. On ne pourrait pas parler de soulagement à ce moment. Je dirais qu'un poids s'est enlevé quand le comité de course a accepté de nous garder dans la course, mais évidemment nous restons suspendus à l'accident de Jeanne, l'évolution de son état, l'imminence de son débarquement.
L'efficacité de la SNSM
Ici, je salue l'incroyable efficacité des secours en mer français. Entre l'appel au CROSS et l'arrivée à couple de la vedette SNS, il s'est à peine passé plus d'une heure. C'est impressionnant, d'être face à une telle situation. Le cerveau fait alors le tri entre les urgences maîtrisables et celles qui ne le sont plus.

Désormais Jeanne est entre bonnes mains. Elle sera hospitalisée une heure plus tard et restera en observation à l'hôpital pendant 48h. Nous reprenons la course Baptiste et moi, 4h derrière les concurrents qui ont filé avec le courant vers le raz de Sein. Nous serons en queue de peloton, nous le savons, mais la résilience et la ténacité sont au cœur des valeurs du projet Seabird.
Une fin de course peu banale
Nous irons jusqu'au bout dans des conditions contrastées, 30 nœuds au près en rafales et une mer forte de face pendant 30h, puis un calme presque total dans la Manche. Nous accostons à Cowes une heure après la fermeture de ligne, mais les conditions de notre course incitent les organisateurs à valider notre parcours.

Jeanne, dont le tempérament est décidément bien accordé à la philosophie du bord, nous rejoint le soir même à Cowes. Le temps d'un bon resto et d'un bout de nuit et nous repartons pour Cowes-Dinard.
Cowes-Dinard à nouveau à trois
Formidable sortie du Solent, Seabird remonte des concurrents plus gros que lui et avance à merveille. Jusqu'à ce que… le vent tombe, complètement. Juste à la sortie du Solent. Il doit être 14h, nous sommes partis depuis à peine une heure et je prendrais des photos du coucher de soleil sur la côte Anglaise le soir au même endroit. Ce n'est pas dur, c'est insupportable !

Puis le vent revient avec la nuit tombante. Sous spi, Seabird se relance et je garderais longtemps les images de cette nuit à la barre avec la lune coincée entre le mât et le spi. Nous arrivons en bas de classement, 34e sur 42, mais sommes tous dans un mouchoir de poche, ce qui allège un peu l'aigreur.
Qualifié pour le Fastnet
Quoiqu'il en soit, nous sommes qualifiés pour le Fastnet, l'objectif majeur de cette aventure et j'écris ces lignes, dans Seabird amarré à Cherbourg, interrompu par les visiteurs passionnés heureux de voir un Nicholson33 rutilant prendre le départ de cette 100e édition !

Quelques travaux sont encore à réaliser avant de rejoindre la ligne de départ. Le Solent qui avait mal vécu la traversée La Trinité-Cowes est entre les mains de la voilerie Cherbourgeoise qui a bien voulu dégager du temps pour le réparer pour la course à venir. Nous accueillons un membre en plus dans l'équipage, Corentin Cozanet qui sera le médiaman pour l'épreuve !
Seabird est un des plus petits et anciens bateaux a participer cette année, il fête ses 50 ans pour le centenaire du Fastnet. Nous serons au départ : pari tenu !

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