À Lorient, deux trimarans et une même équipe
Notre journée commence à la base de Sodebo Voile, installée à la Cité de la Voile Éric Tabarly, à Lorient. Avant d'embarquer, nous découvrons les bureaux et les ateliers où l'équipe prépare et entretient ses bateaux.

La visite se déroule en compagnie d'Élie Canivenc, directeur technique. Ici, deux trimarans cohabitent : le Sodebo Ultim 3 de Thomas Coville et, depuis 2025, un Ocean Fifty destiné au programme de Léonard Legrand.

Au ponton, la différence de gabarit saute aux yeux. Face aux 32 mètres de l'Ultim, l'Ocean Fifty semble presque modeste. Pourtant, avec ses 15,24 mètres de longueur et ses 15,20 mètres de largeur, il n'a rien d'un petit bateau.
Pour quelqu'un qui découvre cette catégorie, ses proportions impressionnent déjà. Le cockpit, les flotteurs et les bras de liaison rappellent qu'il s'agit d'une machine conçue pour naviguer vite.
Sodebo Fifty, un trimaran de 2009 au palmarès bien rempli
Derrière sa livrée actuelle, le Sodebo Fifty possède déjà 17 années d'histoire. Dessiné par le cabinet d'architecture navale VPLP Design et construit par CDK Technologies, ce trimaran a été mis à l'eau en 2009, sous le nom de Crêpes Whaou ! 3, pour Franck-Yves Escoffier.

Sa construction associe fibre de verre et carbone. Loin d'être un nouveau venu sur les circuits de course, ce bateau a connu plusieurs vies. Dès 2009, il remporte la Transat Jacques Vabre avec Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux.
Rebaptisé FenêtréA-Cardinal, puis FenêtréA-Mix Buffet, il poursuit sa carrière avec Erwan Le Roux. Il gagne notamment la Transat ...
... Québec–Saint-Malo en 2012, les Transat Jacques Vabre 2013 et 2015, ainsi que la Route du Rhum 2014.
Il est ensuite équipé de foils monotypes développés par VPLP pour la classe Multi50. Après une deuxième place sur la Route du Rhum 2018, il remporte encore la Transat Jacques Vabre 2019 sous le nom de Groupe GCA–Mille et un sourires, avec Gilles Lamiré et Antoine Carpentier.
En 2023, le trimaran devient Wind of Trust, avec Christopher Pratt.
Sodebo le rachète en 2025 et engage un chantier de remise à niveau durant l'hiver 2025-2026. L'objectif est de fiabiliser le bateau pour son nouveau programme sportif. Il est remis à l'eau le 29 mars 2026, désormais baptisé Sodebo Fifty, avec Léonard Legrand à la barre.
Le bateau sur lequel nous allons naviguer n'est donc pas un prototype récemment lancé, mais un trimaran éprouvé, régulièrement modernisé au fil de sa carrière. Une différence importante pour comprendre le choix de Sodebo : disposer d'une plateforme déjà connue en course au large, tout en lui offrant une nouvelle préparation technique.
Pour cette sortie, Léonard Legrand est accompagné d'Élie Canivenc, de Nicolas Troussel et de Thaïs Le Cam.
Le parcours de Léonard Legrand est particulier. Arrivé chez Sodebo Voile en 2015 comme alternant en électronique, il est aujourd'hui skipper de l'Ocean Fifty.
Nicolas Troussel apporte une solide expérience de la course au large. Il a notamment participé, avec Léonard Legrand, au record du Trophée Jules Verne établi en janvier 2026 sur Sodebo Ultim 3. Sous la conduite de Thomas Coville, l'équipage a bouclé le tour du monde en 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes.
Thaïs Le Cam, également navigatrice, complète l'équipage du jour. Nous voilà donc entre de bonnes mains pour découvrir un bateau sur lequel tout, de la conduite aux manœuvres, demande de l'anticipation.
Une fois équipés, nous quittons Lorient en direction de l'île de Groix. La météo est agréable : du soleil, une mer calme et un vent qui atteint par moments 15 nœuds.
Avant de parler de vitesse, il faut établir la toile. La grand-voile monte au prix d'un véritable effort collectif. Ici, pas de winch électrique pour supprimer la difficulté : les manœuvres sollicitent les bras et les jambes. Nous comprenons un peu mieux pourquoi l'équipe dispose d'une salle de sport dans ses locaux.
Sur la voile figure le numéro 73, également présent sur celle de Sodebo Ultim 3. Un clin d'œil à 1973, année de création de la marque.
Nous observons l'équipage préparer les écoutes, ajuster les réglages et organiser le cockpit. Les gestes sont précis, les échanges brefs. Même pour une sortie de découverte, les manœuvres ne s'improvisent pas.
Puis Léonard Legrand nous propose de prendre la barre. C'est probablement le moment le plus attendu de la journée. Jusqu'ici, nous avons regardé travailler l'équipage. Cette fois, il faut tenir un cap et sentir les réactions du trimaran.
La première surprise vient de la facilité apparente de conduite. Malgré la largeur du bateau et sa puissance, la barre ne donne pas l'impression de lutter en permanence contre les éléments. Sodebo Fifty accélère, conserve sa trajectoire et glisse sur une mer presque plate.
Une fois les voiles établies, le trimaran prend rapidement son rythme. Dans les conditions du jour, nous évoluons à une allure de l'ordre d'une vingtaine de nœuds. Rien d'inhabituel pour un Ocean Fifty, mais une navigation qui change les repères lorsqu'on découvre ce type de bateau.
Ce qui surprend surtout, c'est la stabilité de la plateforme et la facilité apparente avec laquelle le bateau se laisse conduire. À la barre, sous le regard attentif de Léonard Legrand, nous découvrons progressivement ses réactions et la précision nécessaire pour conserver la bonne trajectoire.
Il ne faut évidemment pas confondre cette impression avec une véritable maîtrise. Tenir un cap quelques minutes, sous la surveillance de navigateurs expérimentés, n'a rien à voir avec la conduite d'un Ocean Fifty en solitaire, de nuit ou dans une mer formée.
La vitesse change rapidement la manière d'observer le plan d'eau. Un bateau de pêche aperçu à distance se rapproche plus vite qu'on ne l'imagine. L'île de Groix, qui semblait encore loin au départ, prend progressivement toute la place devant nous.
Il faut donc anticiper les trajectoires, particulièrement lorsque d'autres bateaux évoluent à proximité. La vigilance est permanente, même dans des conditions aussi favorables.
La sortie permet également d'assister à plusieurs virements de bord et empannages. Ces changements d'amure mobilisent l'équipage, qui doit coordonner la barre et les réglages des voiles.
Le contraste est intéressant : entre les manœuvres, la navigation semble presque tranquille. Mais dès qu'il faut changer de trajectoire, les dimensions du bateau, les charges dans les écoutes et l'importance de la coordination redeviennent évidentes.
La sortie touche à sa fin. Un semi-rigide de l'équipe Sodebo Voile vient nous récupérer au large. Nous prenons place sur ses sièges jockey pour rejoindre Lorient, laissant le trimaran poursuivre sa navigation.
Cette première expérience aura surtout changé notre perception d'un Ocean Fifty.
Vu du ponton, il impressionne par ses dimensions. Pendant les manœuvres, il révèle ses exigences physiques. Et une fois à la barre, il surprend par sa stabilité et sa facilité apparente de conduite dans les conditions rencontrées.
Ce qui restera de cette navigation, ce n'est pas tant la vitesse que la découverte d'un bateau de course et du travail nécessaire pour l'exploiter. Derrière la fluidité des manœuvres, il y a des années d'expérience, une préparation technique minutieuse et une coordination permanente entre les membres de l'équipage.
Pour Léonard Legrand et l'équipe Sodebo Voile, l'horizon est désormais celui de la Route du Rhum, dont le départ est prévu le 1er novembre 2026. Une tout autre expérience, cette fois en solitaire, où il faudra tenir la cadence pendant plusieurs jours, gérer la fatigue et préserver le matériel.

Il est ensuite équipé de foils monotypes développés par VPLP pour la classe Multi50. Après une deuxième place sur la Route du Rhum 2018, il remporte encore la Transat Jacques Vabre 2019 sous le nom de Groupe GCA–Mille et un sourires, avec Gilles Lamiré et Antoine Carpentier.
En 2023, le trimaran devient Wind of Trust, avec Christopher Pratt.
Sodebo le rachète en 2025 et engage un chantier de remise à niveau durant l'hiver 2025-2026. L'objectif est de fiabiliser le bateau pour son nouveau programme sportif. Il est remis à l'eau le 29 mars 2026, désormais baptisé Sodebo Fifty, avec Léonard Legrand à la barre.

Le bateau sur lequel nous allons naviguer n'est donc pas un prototype récemment lancé, mais un trimaran éprouvé, régulièrement modernisé au fil de sa carrière. Une différence importante pour comprendre le choix de Sodebo : disposer d'une plateforme déjà connue en course au large, tout en lui offrant une nouvelle préparation technique.
Un équipage qui connaît la course au large
Pour cette sortie, Léonard Legrand est accompagné d'Élie Canivenc, de Nicolas Troussel et de Thaïs Le Cam.

Le parcours de Léonard Legrand est particulier. Arrivé chez Sodebo Voile en 2015 comme alternant en électronique, il est aujourd'hui skipper de l'Ocean Fifty.
Nicolas Troussel apporte une solide expérience de la course au large. Il a notamment participé, avec Léonard Legrand, au record du Trophée Jules Verne établi en janvier 2026 sur Sodebo Ultim 3. Sous la conduite de Thomas Coville, l'équipage a bouclé le tour du monde en 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes.
Thaïs Le Cam, également navigatrice, complète l'équipage du jour. Nous voilà donc entre de bonnes mains pour découvrir un bateau sur lequel tout, de la conduite aux manœuvres, demande de l'anticipation.
Hisser la grand-voile : les premiers efforts
Une fois équipés, nous quittons Lorient en direction de l'île de Groix. La météo est agréable : du soleil, une mer calme et un vent qui atteint par moments 15 nœuds.

Avant de parler de vitesse, il faut établir la toile. La grand-voile monte au prix d'un véritable effort collectif. Ici, pas de winch électrique pour supprimer la difficulté : les manœuvres sollicitent les bras et les jambes. Nous comprenons un peu mieux pourquoi l'équipe dispose d'une salle de sport dans ses locaux.
Sur la voile figure le numéro 73, également présent sur celle de Sodebo Ultim 3. Un clin d'œil à 1973, année de création de la marque.
Nous observons l'équipage préparer les écoutes, ajuster les réglages et organiser le cockpit. Les gestes sont précis, les échanges brefs. Même pour une sortie de découverte, les manœuvres ne s'improvisent pas.
Première fois à la barre : une prise en main étonnamment accessible
Puis Léonard Legrand nous propose de prendre la barre. C'est probablement le moment le plus attendu de la journée. Jusqu'ici, nous avons regardé travailler l'équipage. Cette fois, il faut tenir un cap et sentir les réactions du trimaran.

La première surprise vient de la facilité apparente de conduite. Malgré la largeur du bateau et sa puissance, la barre ne donne pas l'impression de lutter en permanence contre les éléments. Sodebo Fifty accélère, conserve sa trajectoire et glisse sur une mer presque plate.
Une fois les voiles établies, le trimaran prend rapidement son rythme. Dans les conditions du jour, nous évoluons à une allure de l'ordre d'une vingtaine de nœuds. Rien d'inhabituel pour un Ocean Fifty, mais une navigation qui change les repères lorsqu'on découvre ce type de bateau.
Ce qui surprend surtout, c'est la stabilité de la plateforme et la facilité apparente avec laquelle le bateau se laisse conduire. À la barre, sous le regard attentif de Léonard Legrand, nous découvrons progressivement ses réactions et la précision nécessaire pour conserver la bonne trajectoire.
Il ne faut évidemment pas confondre cette impression avec une véritable maîtrise. Tenir un cap quelques minutes, sous la surveillance de navigateurs expérimentés, n'a rien à voir avec la conduite d'un Ocean Fifty en solitaire, de nuit ou dans une mer formée.
À bord, il faut apprendre à regarder plus loin
La vitesse change rapidement la manière d'observer le plan d'eau. Un bateau de pêche aperçu à distance se rapproche plus vite qu'on ne l'imagine. L'île de Groix, qui semblait encore loin au départ, prend progressivement toute la place devant nous.

Il faut donc anticiper les trajectoires, particulièrement lorsque d'autres bateaux évoluent à proximité. La vigilance est permanente, même dans des conditions aussi favorables.
La sortie permet également d'assister à plusieurs virements de bord et empannages. Ces changements d'amure mobilisent l'équipage, qui doit coordonner la barre et les réglages des voiles.
Le contraste est intéressant : entre les manœuvres, la navigation semble presque tranquille. Mais dès qu'il faut changer de trajectoire, les dimensions du bateau, les charges dans les écoutes et l'importance de la coordination redeviennent évidentes.
Retour à terre après une première expérience instructive
La sortie touche à sa fin. Un semi-rigide de l'équipe Sodebo Voile vient nous récupérer au large. Nous prenons place sur ses sièges jockey pour rejoindre Lorient, laissant le trimaran poursuivre sa navigation.
Cette première expérience aura surtout changé notre perception d'un Ocean Fifty.
Vu du ponton, il impressionne par ses dimensions. Pendant les manœuvres, il révèle ses exigences physiques. Et une fois à la barre, il surprend par sa stabilité et sa facilité apparente de conduite dans les conditions rencontrées.
Ce qui restera de cette navigation, ce n'est pas tant la vitesse que la découverte d'un bateau de course et du travail nécessaire pour l'exploiter. Derrière la fluidité des manœuvres, il y a des années d'expérience, une préparation technique minutieuse et une coordination permanente entre les membres de l'équipage.
Pour Léonard Legrand et l'équipe Sodebo Voile, l'horizon est désormais celui de la Route du Rhum, dont le départ est prévu le 1er novembre 2026. Une tout autre expérience, cette fois en solitaire, où il faudra tenir la cadence pendant plusieurs jours, gérer la fatigue et préserver le matériel.

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