C'est à Marseille que nous avons retrouvé Anthony Marchand et son équipe à bord d' Actual Ultim 4, pour une sortie au large des côtes méditerranéennes. Les conditions s'annoncent intéressantes, avec un ciel gris, 25 noeuds de secteur Est, une houle courte de près de 3 m. Pas de quoi intimider une machine capable de faire le tour du monde, mais des conditions rêvées pour une sortie de quelques heures sur ce géant. Une expérience où la vitesse se mesure autant avec le corps qu'avec les instruments.
Au large de Marseille, le décor n'a rien d'une sortie estivale en Méditerranée. Le ciel est gris, les grains traversent le plan d'eau. Nous embarquons à bord d'Actual Ultim 4, qui est à la cape sous le vent de la côte.
L'équipage est composé de 5 personnes en plus du skipper, pour une sortie qui doit durer une demi-journée. Le trimaran est sous GV haute, l'équipage manœuvre pour sortir de la rade, cap sur le phare du Planier, qui marque l'entrée du Golfe de Fos aux navires de commerce. Le J2 est déroulé, puis bordé à plat. L'équipage choque légèrement le chariot de grand-voile afin de laisser le bateau accélérer, tandis que le Cunningham est repris pour étarquer le guindant de la grand-voile le long des 34 mètres du mât.
Le foil sous le vent est descendu, et nous sortons tranquillement de la rade à une quinzaine de nœuds. L'équipe s'affaire aux moulins à café. Les écoutes grincent, se tendent. La bête se réveille et commence à ...
... prendre de la vitesse. Sur notre babord, nous observons un premier grain fondre sur nous. Une courte de houle 3m se lève.
Pour Anthony à la barre, les conditions n'ont pourtant rien d'exceptionnel. "Par rapport à chez nous, c'est tout plat", lâche le skipper breton en souriant.
Actual commence à décoller, la sensation de vitesse est fulgurante, violente. Le trimaran se cabre au décollage puis se stabilise sur ses trois plans porteurs. Je suis situé derrière le bras avant, la sensation et la vue sont incroyables. Je m'accroche tant bien que mal au filet. Perché à plusieurs mètres hauteur, Actual dévale la méditerranée sans broncher.
Les chiffres défilent. Plus de 30 nœuds, puis 40 nœuds franchis puis nous atteignons 44 nœuds en pointe ! Incroyable ! Toujours cramponné derrière le bras avant, je ne peux pas me déplacer. Je me retourne pour observer Antho à la barre, tout sourire. Une vitesse impressionnante pour n'importe quel bateau. Mais ce qui frappe le plus n'est pas le chiffre affiché par les instruments. C'est la manière dont cette vitesse se manifeste à bord.
Je connais pourtant bien la rade, mais je suis un peu paumé, j'ai perdu mes repères. Et tout d'un coup, le phare du Planier, ce cerbère qui est pourtant si long à atteindre sur un monocoque de série, se dévoile tout proche de notre flotteur au vent. Sur un Ultim, tout semble se dérouler à une autre échelle. Les distances se réduisent, les mouvements s'accélèrent et la mer défile avec une rapidité inhabituelle.
Quelques minutes à la barre d'Actual Ultim 4
De retour sous le vent des îles du Frioul, Anthony me propose de prendre la barre. Difficile de refuser une telle invitation ! Après avoir vécu une pointe à 44 nœuds, cramponné au trampoline, me voilà aux commandes de ce trimaran de 32 mètres, l'ancien Gitana 17, vainqueur de la Route du Rhum 2022 avec Charles Caudrelier.
Le changement de perspective est saisissant. Il ne s'agit plus de subir les accélérations, mais de diriger cette immense machine. Et il faut rester attentif : le plan d'eau est fréquenté, avec de nombreux bateaux autour de nous. Impossible de se contenter d'admirer le paysage. Il faut surveiller le trafic, anticiper les trajectoires et garder son cap, tout en prenant ses marques à la barre.
Les dimensions du trimaran impressionnent, mais c'est surtout son potentiel de vitesse qui reste à l'esprit. Quelques instants plus tôt, nous filions à plus de 40 nœuds. Même sous le vent du Frioul, dans des conditions plus abritées, cette puissance impose une certaine humilité.
Ces quelques minutes à une vingtaine de nœuds passent bien trop vite. Je rends finalement la barre à Anthony, avant de faire une grosse bêtise. Pour moi, c'est un moment ultra privilégié. Pour lui, ce sera bientôt son quotidien, seul à bord, entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre.
Un avant-goût de la Route du Rhum 2026
Cette navigation prend une dimension particulière à l'approche de la Route du Rhum 2026.
Anthony Marchand s'apprête à retrouver l'Atlantique en solitaire sur Actual Ultim 4, vainqueur de l'édition 2022 avec Charles Caudrelier. Le trimaran a depuis changé de couleurs et de skipper. Il a également bénéficié de modifications techniques, notamment l'installation d'un nouveau mât.
Sa victoire en 2022 témoigne de son potentiel, mais ne préjuge pas de son classement face aux autres Ultim engagés cette année. La concurrence a évolué, les bateaux ont été modifiés et la fiabilité restera déterminante.
Pour Anthony, l'enjeu sera de transformer la vitesse de son trimaran en une performance durable sur l'ensemble de la traversée entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. Car la Route du Rhum ne se joue pas sur une pointe à 44 nœuds. Elle se gagne en maintenant une moyenne élevée, en choisissant les bonnes trajectoires et en préservant le matériel.
Et lorsque Anthony décrit les conditions rencontrées aujourd'hui comme une mer "toute plate", on comprend soudain à quel point les repères changent à bord d'un Ultim.
Pour Anthony à la barre, les conditions n'ont pourtant rien d'exceptionnel. "Par rapport à chez nous, c'est tout plat", lâche le skipper breton en souriant.
Actual commence à décoller, la sensation de vitesse est fulgurante, violente. Le trimaran se cabre au décollage puis se stabilise sur ses trois plans porteurs. Je suis situé derrière le bras avant, la sensation et la vue sont incroyables. Je m'accroche tant bien que mal au filet. Perché à plusieurs mètres hauteur, Actual dévale la méditerranée sans broncher.
Les chiffres défilent. Plus de 30 nœuds, puis 40 nœuds franchis puis nous atteignons 44 nœuds en pointe ! Incroyable ! Toujours cramponné derrière le bras avant, je ne peux pas me déplacer. Je me retourne pour observer Antho à la barre, tout sourire. Une vitesse impressionnante pour n'importe quel bateau. Mais ce qui frappe le plus n'est pas le chiffre affiché par les instruments. C'est la manière dont cette vitesse se manifeste à bord.
Je connais pourtant bien la rade, mais je suis un peu paumé, j'ai perdu mes repères. Et tout d'un coup, le phare du Planier, ce cerbère qui est pourtant si long à atteindre sur un monocoque de série, se dévoile tout proche de notre flotteur au vent. Sur un Ultim, tout semble se dérouler à une autre échelle. Les distances se réduisent, les mouvements s'accélèrent et la mer défile avec une rapidité inhabituelle.
Quelques minutes à la barre d'Actual Ultim 4
De retour sous le vent des îles du Frioul, Anthony me propose de prendre la barre. Difficile de refuser une telle invitation ! Après avoir vécu une pointe à 44 nœuds, cramponné au trampoline, me voilà aux commandes de ce trimaran de 32 mètres, l'ancien Gitana 17, vainqueur de la Route du Rhum 2022 avec Charles Caudrelier.
Le changement de perspective est saisissant. Il ne s'agit plus de subir les accélérations, mais de diriger cette immense machine. Et il faut rester attentif : le plan d'eau est fréquenté, avec de nombreux bateaux autour de nous. Impossible de se contenter d'admirer le paysage. Il faut surveiller le trafic, anticiper les trajectoires et garder son cap, tout en prenant ses marques à la barre.
Les dimensions du trimaran impressionnent, mais c'est surtout son potentiel de vitesse qui reste à l'esprit. Quelques instants plus tôt, nous filions à plus de 40 nœuds. Même sous le vent du Frioul, dans des conditions plus abritées, cette puissance impose une certaine humilité.
Ces quelques minutes à une vingtaine de nœuds passent bien trop vite. Je rends finalement la barre à Anthony, avant de faire une grosse bêtise. Pour moi, c'est un moment ultra privilégié. Pour lui, ce sera bientôt son quotidien, seul à bord, entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre.
Un avant-goût de la Route du Rhum 2026
Cette navigation prend une dimension particulière à l'approche de la Route du Rhum 2026.
Anthony Marchand s'apprête à retrouver l'Atlantique en solitaire sur Actual Ultim 4, vainqueur de l'édition 2022 avec Charles Caudrelier. Le trimaran a depuis changé de couleurs et de skipper. Il a également bénéficié de modifications techniques, notamment l'installation d'un nouveau mât.
Sa victoire en 2022 témoigne de son potentiel, mais ne préjuge pas de son classement face aux autres Ultim engagés cette année. La concurrence a évolué, les bateaux ont été modifiés et la fiabilité restera déterminante.
Pour Anthony, l'enjeu sera de transformer la vitesse de son trimaran en une performance durable sur l'ensemble de la traversée entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. Car la Route du Rhum ne se joue pas sur une pointe à 44 nœuds. Elle se gagne en maintenant une moyenne élevée, en choisissant les bonnes trajectoires et en préservant le matériel.
Et lorsque Anthony décrit les conditions rencontrées aujourd'hui comme une mer "toute plate", on comprend soudain à quel point les repères changent à bord d'un Ultim.
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