Les passages en mer les plus redoutés des marins

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Leur réputation est sinistre et leur nom fait frémir les plaisanciers. Quels sont ces endroits en mer synonyme de danger et pourquoi inspirent-ils la crainte ?

Le Triangle des Bermudes

Le Triangle des Bermudes est une zone de près de 700 000 km entre l'archipel des Bermudes, Miami et San Juan à Porto Rico. Sa réputation est tristement célèbre puisque des centaines de disparitions d'avions et de bateaux ont eu lieu à cet endroit. Des disparitions d'autant plus mystérieuses, qu'inexpliquées. Mais il s'agit surtout d'une légende, puisqu'en soit, naviguer à cet endroit ne représente pas de danger.

Les premières sont évoquées en 1950 dans le Miami Herald. Mais il faudra attendre 1952 pour que naisse la réputation du célèbre triangle. Un article du Fate rapporte la disparition d'une escadrille de cinq chasseurs-bombardiers, survenue le 5 décembre 1945 au large de la Floride.

Les scientifiques ont essayé de justifier ces disparitions. Récemment, le documentaire The Bermuda Triangle Enigma a révélé la présence de vagues scélérates au sein du Triangle. Ce phénomène naturel extrêmement puissant forme un mur d'eau d'environ 15 m de haut d'une pression bien supérieure à ce que peut supporter un navire.

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Les 40e Rugissants

C'est le nom donné par les marins à cette zone située entre les 40e et 50e parallèles. Cette région située dans l'hémisphère sud tire son nom des vents violents provenant majoritairement de l'Ouest qu'elle héberge. La mer aussi est particulièrement formée, notamment dans l'océan austral (sud de l'océan Indien). Ces conditions difficiles sont dues à l'absence de terres pour casser les vagues et ralentir le vent.

Cette route très sud a été découverte par le navigateur néerlandais Hendrik Brouwer en 1610, comme le moyen le plus rapide de traverser l'océan indien. Les vents d'ouest dominants à cette latitude permettaient de réduire le temps de navigation, même si elle représentait un danger. Cette route était par la suite empruntée par les clippers (voiliers de commerce rapides qui convoyaient les denrées périssables) pour le commerce entre l'Europe, l'Amérique du Sud et l'Orient.

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Les 50e hurlants

On parle ici des latitudes situées entre les 50e et 60e parallèles, au cœur de l'océan austral. Encore plus au sud et à proximité directe de l'Antarctique, les vents et la mer y sont d'autant plus violents. Un dicton rapporte "sous 40 degrés, il n'y a plus de loi, mais sous 50 degrés, il n'y a plus Dieu."

La différence de température entre la glace et l'eau génère de nombreuses dépressions. Sans oublier les icebergs dérivants qui peuvent être redoutables en navigation.

Le cap Horn

Le cap Horn est un cap situé à l'extrémité sud de l'île Horn de l'archipel de la Terre de Feu, au niveau du Chili. C'est le point le plus austral de l'Amérique du Sud. C'est également le plus sud des grands caps et il marque la frontière avec nord du passage de Drake (bras de mer qui sépare le sud de l'Amérique du Sud et l'Antarctique).

Le cap Horn est une falaise de 425 m de haut, situé sur une île longue de 6 km et large de 2 km. Y trône une sculpture d'albatros en hommage aux marins morts en tentant de franchir ce célèbre cap.

Pendant des années, il a été un point de passage des routes commerciales entre l'Europe et l'Asie et il est aujourd'hui un point de passage incontournable des grandes courses autour du monde à la voile (Vendée Globe, Trophée Jules Verne…). Aujourd'hui, les navires de commerces privilégient le Canal de Suez ou de Panama.

Pourtant, il figure parmi l'un des passages les plus dangereux au monde pour la navigation. Situé près de l'océan Austral (au cœur des 50e hurlants), il est soumis aux vents violents, aux fortes tempêtes, aux mers démontées. Les vents sont accélérés au niveau du cap par un effet entonnoir créé par les Andes et la péninsule Antarctique.

Si la limite des glaces commence plus au sud du cap Horn, le danger reste les icebergs. Si en hiver il ne remonte au-dessus du 50° sud dans l'Océan Pacifique, en été ils peuvent se trouver 40° sud.

Tous ces dangers qui rendent le franchissement du cap Horn particulièrement difficile lui ont donné sa réputation de cimetière à marin. On le surnomme aussi le "Cap dur", le "cap redouté" ou encore le "cap des tempêtes". Dans le monde de la voile, il est comparé à l'ascension de l'Everest.

Le Golfe de Gascogne

Le golfe de Gascogne souffre d'une mauvaise réputation, pourtant il est un passage obligé pour rejoindre l'Espagne. Cette partie de l'Atlantique située entre la Bretagne et la côte Cantabrique (au nord de l'Espagne) couvre une surface de 223 000 km2.

Il est parcouru par de forts vents du nord-ouest et qui proviennent des basses pressions centrées sur les îles britanniques et la mer du nord, combinées à l'Anticyclone des Açores. Le sud du golfe est d'ailleurs réputé pour détenir les plus grosses houles de l'Atlantique. À l'embouchure de l'Adour, à Anglet (fleuve du bassin aquitain), les vagues formées à plusieurs milliers de kilomètres peuvent atteindre 6 à 8 m de haut.

La différence de profondeur en arrivant sur le plateau continental génère également une très forte houle.

Le Pot-au-Noir

Le Pot au Noir, appelé Zone de Convergence Inter-Tropicale (ZCIT), est situé entre le 8° et le 3° Nord (autour de l'Équateur). Il correspond à une zone météorologique très instable. Les marins qui y passent peuvent s'y engluer dans des zones de calmes ou au contraire, y subir des grains violents.

À l'époque, les marins étaient terrorisés d'y être coincés et d'y mourir. Les hommes malades, comme les animaux étaient jetés à la mer pour éviter la propagation des maladies à bord, sans aucun moyen de se soigner.

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